Animaux

Ces oiseaux qui battent tous les records

Ces cinq oiseaux fascinent et intriguent les scientifiques.

De Rédaction National Geographic

LE FAUCON PÈLERIN PLONGE À PRÈS DE 400 KM/H

Avec son corps fuselé et sa large poitrine, le faucon pèlerin bat tous les records de vitesse… lorsqu’il est motivé. En moyenne, il plane à 90 km/h, ce qui n’est pas très spectaculaire, mais, quand il effectue des descentes en piqué pour attraper des proies en vol, il est capable de doubler voire quadrupler sa vitesse. Le pilote et fauconnier américain Ken Franklin a effectué plusieurs sauts d’un avion, aux côtés de Frightful (« Affreux »), un faucon élevé depuis sa naissance, par ses soins. À chaque saut, Kevin Franklin lançait un leurre pour simuler une proie. Les mesures issues de plusieurs altimètres ont été formelles : Frightful a atteint 389 km/h ! La vitesse maximale jamais enregistrée pour un oiseau.

 

LE MARTINET PEUT PASSER 200 JOURS SANS SE POSER

L’étude a été publiée dans la revue Nature Communications, en 2013. Des chercheurs de la Station ornithologique suisse ont doté des martinets à ventre blanc de capteurs miniatures pour suivre la migration de ces derniers entre l'Europe et l'Afrique de l'Ouest. Surprise : les données ont montré que les oiseaux étaient restés en vol 200 jours et nuits d’affilée, soit plus de six mois, sans jamais se poser. Pour se nourrir, pas de mystère, le volatile jette son dévolu sur des insectes volants. Mais comment se repose-t- il ? Les scientifiques ont émis plusieurs hypothèses : ce martinet pourrait dormir par phase de quelques secondes, utiliser une moitié de son cerveau pendant que l'autre moitié se repose ou, tout simplement, ne pas dormir du tout. Infatigable !

LA DOYENNE DES OISEAUX EST UN ALBATROS... ET ELLE POND TOUJOURS

C’est le plus vieil oiseau sauvage connu : Wisdom (« Sagesse ») est une femelle albatros de Laysan, de l’atoll américain Midway, dans le Pacifique. Elle a été baguée à la patte droite en 1956 par le biologiste Chandler Robbins, qui estimait qu’elle avait déjà atteint son âge adulte. Puis, silence radio pendant quarante-six ans. Le scientifique la perd de vue… jusqu’à sa réapparition inattendue sur l’atoll en 2002. Aujourd’hui, l’âge de Wisdom est estimé à 66 ans minimum. En décembre dernier, le Service de la pêche et de la vie sauvage des États-Unis (USFWS) indiquait qu’elle avait été repérée, en pleine forme, dans l’atoll Midway. Elle avait rejoint son lieu de ponte habituel pour couver un œuf.

LES STERNES ARCTIQUES DÉTIENNENT LE RECORD DU VOL LE PLUS LONG

Elle pèse à peine 100 g mais la sterne arctique, petit oiseau au bec rouge, à la tête noire et au plumage blanc, est endurante. En 2015, des chercheurs britanniques de l’université de Newcastle ont réussi à munir vingt-neuf individus des Îles Farne, au nord-est de l’Angleterre, de puces GPS avant le début de leur migration, fin juillet. À son retour au printemps 2016, l’un d’entre eux avait pulvérisé le record du vol le plus long jamais enregistré : 96 000 km ! Son parcours ? Une première étape en Afrique du Sud, un passage dans l’océan Indien pour atteindre les côtes de l’Antarctique, puis retour en Angleterre par le même chemin. Le record précédent, qui s’élevait à 91 000 km, était déjà détenu par une sterne arctique, originaire des Pays-Bas.

LE COURLIS D'ALASKA A SEMÉ LES SCIENTIFIQUES PENDANT PRESQUE DEUX SIÈCLES

Une belle aventure scientifique signée National Geographic. Tout commence en 1769, plus d’un siècle avant la création de la National Geographic Society. Le ministère de la Marine britannique mandate le capitaine James Cook pour une expédition dans l’océan Pacifique. Un an plus tard, le navigateur jette l’ancre dans l’archipel de Tahiti. Des naturalistes de son équipage font une collecte inédite : des courlis, Numenius tahitiensis, au long bec effilé. Problème : aucune trace de leurs œufs. Les années suivantes, des indices suggèrent que l’aire de nidification du volatile pourrait se trouver à plus de 9500 km de là, en Alaska. Mais le mystère demeure, la science patine. Jusqu’à ce qu’un ornithologue passionné s’empare de l’affaire près de deux siècles plus tard. En 1948, le professeur Arthur Allen reçoit le soutien de la Society pour résoudre l’énigme. Il suit les traces de l’oiseau jusqu’à la péninsule de Seward, sur la côte ouest de l’Alaska… Enfin, en juin, un télégramme lapidaire arrive au siège social de la Society : « Avons trouvé nid du courlis. » Quatre œufs camouflés dans une touffe de lichens venaient d’être découverts par le fils d’Allen. Mission accomplie !

Découvrez aussi les fabuleuses capacités du colibri dans le magazine n° 214 de National Geographic - juillet 2017.

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