Chez les suricates, la domination est une affaire de poids

Pour augmenter leurs chances de reproduction, les femelles suricates essaient de surpasser leurs rivales en prenant du poids.

Chez les suricates, la domination est une affaire de poids
Chez les suricates, la domination est une affaire de poids
photographie de MARTIN HARVEY/GETTY IMAGES

Une communauté de suricates compte jusqu'à 50 individus, mais un seul couple dominant y a l'exclusivité des accouplements et de la procréation. La femelle en chef conserve son statut notamment en prenant du poids. 

Un mâle et une femme s'imposent, au départ, grâce à leur âge, leurs poids et leur agressivité, explique Tim Clutton-Brock, de l'université de Cambridge. D'autres membres du clan font office de sentinelles, de constructeurs de terriers ou de nounous.

Quand les subordonnés atteignent la maturité, si les mâles quittent souvent le groupe, les femelles peuvent rester. La plus âgée et la plus imposante remplace en général la dominante quand celle-ci meurt. Mais qu'advient-il si des femelles plus légères prennent du poids ?

Pour le savoir, les chercheurs ont donné un œuf dur à des femelles, chaque jour pendant plusieurs semaines, mais pas à d'autres. Résultat, celles qui ne recevaient pas d'œuf prenaient aussi du poids, en allant d'elles-mêmes chercher plus de nourriture. Selon Élise Huchard, du CNRS, les suricates « observent les changements de taille et de poids de leurs possibles rivales, et réagissent en ajustant leur propre développement. »

Éviter les conflits de hiérarchie en gagnant du poids est une approche plutôt pacifique. Mais si des femelles subalternes tentent de se reproduire, il arrive que la dominante les harcèle jusqu'à provoquer un avortement ou à tuer leurs petits. « Quand vous vous hissez au statut de reproductrice, vous décrochez le jackpot procréatif, » explique Tim Clutton-Brock. « Ça vaut la peine de se battre pour le garder. »

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