Comme les Hommes, les animaux ressentent la douleur

Les animaux ressentent la douleur mais ne la manifestent pas de la même manière que les Hommes. Interpréter la douleur est pour l'instant plus compliqué quand il ne s'agit pas de mammifères, mais de reptiles par exemple.

Publication 17 juin 2021 à 15:34 CEST
waq animal pain

Forêt de Bavière, Allemagne : un loup (Canis lupus) blessé lèche sa plaie après un combat pour la défense de son territoire.

Photographie de Arterra, Getty Images

La douleur est un messager. Elle nous indique qu’il y a un problème et que nous devons nous en occuper.

Les humains peuvent exprimer leur gêne mais les animaux ont parfois plus de mal à en faire de même. C’est pourquoi il est intéressant de se demander si les animaux ressentent la douleur de la même manière que nous et comment le déterminer. 

 

INDIQUER LA ZONE DE LA DOULEUR

Les mammifères partagent un système nerveux, des neurotransmetteurs, des perceptions et des émotions identiques. Tous ces éléments font partie du ressenti de la douleur, explique Marc Bekoff, biologiste de l’évolution et auteur.

Il n’est pas encore possible de déterminer si les animaux ressentent la douleur comme nous la ressentons. Mais cela ne signifie pas qu’ils ne l’éprouvent pas.

(À lire : Votre chien comprend tout ce que vous lui dites.)

Il existe des indices sur la manière dont communiquent les animaux sur leur souffrance physique, en particulier chez les animaux de compagnie.

Par exemple, Foster, le chien de Dorothy Brown, souffre de douleurs du membre fantôme après l’amputation de sa patte à cause d’une collision avec une voiture.

« Parfois, il dort profondément puis il se réveille en sursaut et pleure et regarde en direction de l’endroit où se trouvait sa patte », explique Mme Brown, professeure en chirurgie à l’hôpital vétérinaire de l’université de Pennsylvanie. Foster y avait été conduit pour se faire soigner. Les humains qui subissent une amputation souffrent eux aussi de ce phénomène.

Les vétérinaires comptent également sur les observations des propriétaires pour leur signaler les changements de comportement qui pourraient indiquer la présence de douleurs, par exemple de ne plus sauter sur le canapé ou la perte de l’appétit, ajoute Mme Brown.

Les scientifiques ont développé une « échelle des grimaces ». À la base, elle était utilisée pour les enfants, les souris, les lapins, les rats et les chevaux. Chaque animal présente certains changements physiques qui attestent de la présence de la douleur. Les lapins blessés par exemple, tendent leurs moustaches, plissent leurs yeux et rabattent leurs oreilles.

Ainsi, lorsque les vétérinaires ou les propriétaires affirment qu’ils peuvent « le voir dans leurs yeux et sur leur visage », ce n’est pas seulement émotionnel mais bien scientifique, affirme Dorothy Brown.

Des tortues géantes s’accouplent à la station Charles-Darwin.

Photographie de Inga Spence, Alamy

 

UNE COMPRÉHENSION MUTUELLE

Interpréter la douleur devient d’autant plus compliqué lorsqu’il ne s’agit plus de mammifères, comme pour les reptiles. Ils « ne peuvent pas afficher des expressions faciales comme le font les mammifères. Beaucoup n’ont même pas de paupières », explique par e-mail Bree Putman, chercheur postdoctoral au musée d’histoire naturelle de Los Angeles.

Encore une fois, cela ne signifie pas pour autant qu’ils ne souffrent pas. « Les reptiles, les amphibiens et les poissons disposent de la neuroanatomie nécessaire à la perception de la douleur », selon les écrits du livre Pain Management in Veterinary Practice (Gestion de la douleur dans la pratique vétérinaire).

Il a été démontré que les reptiles évitent les stimuli douloureux et que les médicaments antidouleur réduisent cette réponse. Ces deux indicateurs prouvent qu’ils ressentent la douleur, assure M. Putman.

Dans la nature, les proies, comme les lapins, évitent d’afficher leur douleur, de crainte d’être considérées comme des cibles faciles pour les prédateurs.

Selon M. Bekoff, il en va de même pour les prédateurs, comme les loups. Pour eux, manifester leur douleur ou leur faiblesse est synonyme de vulnérabilité aux yeux de leurs congénères.

Les oiseaux, quant à eux, possèdent des récepteurs à la douleur et la ressentent comme les mammifères. Dans une étude publiée en 2000, les poules dont la patte était blessée choisissaient la nourriture dans laquelle avaient été injectés des antidouleurs

 

DES CRÉATURES DE TOUTES SORTES

Quelle que soit l’espèce animale, les vétérinaires traitent leurs patients « en considérant que [l’intervention] pourrait être douloureuse », précise Mme Brown.

Comme pour les tortues de l’espèce Chelonoidis nigra, qui peuvent parfois se blesser au cours de l’accouplement.

« Si le mâle tombe de la femelle après l’accouplement, ces géants peuvent se casser la carapace ou leurs pattes », explique Dorothy Brown. « Ça doit faire mal ! »

 

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Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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