Diaporama : Les plus rares chauves-souris d'Afrique

Ce diaporama réalisé par un boursier National Geographic/Waitt vous montre le visage des chauves-souris d'Afrique les plus rares.

Rhinolophe de Blasius
Voici un rhinolophe de Blasius du mont Mabu, dans le nord du Mozambique. Nous avons passé treize nuits à récolter des échantillons dans une forêt tropicale subalpine remarquablement intacte. Même si nous n’avons fait que peu de captures, nous avons enregistré une communauté très diversifiée et pourtant équilibrée de chauves-souris dans cette forêt. Un modèle similaire a été observé dans les régions sauvages intactes d’Afrique de l’Ouest : une faible abondance, mais une communauté très diversifiée.
Photographie de PHOTO MICHAEL CURRAN AND MIRJAM KOPP

À propos du projet

Michael Curran, bénéficiaire d’une bourse NGS/Waitt, et son équipe documentent l’importance cruciale des forêts du Mozambique et du Malawi pour leurs importantes communautés locales de chauves-souris. Équipé de filets japonais, de filets de canopée, de pièges harp traps et d’un appareil de suivi acoustique (qui enregistre les cris ultrasoniques des chauves-souris à l’aide d’un détecteur), Curran a découvert que ces forêts concentraient sur une toute petite zone géographique une grande proportion de la diversité des chauves-souris de la région. En visitant huit sites répartis sur trois sommets du Mozambique et du Malawi, il a, avec son équipe, capturé 245 chauves-souris de 27 espèces différentes.

Celle-ci est une espèce du genre Miniopterus (chauves-souris aux longs doigts). Selon une étude moléculaire (effectuée en partie sur des échantillons de notre travail), cette famille de chauves-souris semble avoir des espèces endémiques répandues dans presque tous les grands massifs montagneux d’Afrique. Pourtant, elles sont presque identiques d’apparence extérieure. Cette famille représente un niveau de diversité si énigmatique qu’un chercheur important l’a décrite comme le « poisson cichlidé du ciel » de l’Afrique.
Photographie de PHOTO MICHAEL CURRAN AND MIRJAM KOPP
Cette autre espèce de rhinolophe s’appelle Rhinolophus simulator. Malgré sa ressemblance en taille et en apparence générale avec le rhinolophe de Blasius, sa structure nasale en fer à cheval diffère et son cri est à toute autre fréquence d’écholocation. Sur le mont Mulanje, on a observé que l’une des espèces était courante alors que l’autre était rare ; curieusement, dans les forêts à plus basse altitude, c’était l’inverse. Cela peut s’expliquer par la compétition portant sur les niches d’alimentation et les sites où se percher, ou bien par des différences de cycle biologique. Même si l’individu sur cette image est d’une couleur rouille-orangée, il existe une autre forme de la même espèce d’un marron terne.
Photographie de PHOTO MICHAEL CURRAN AND MIRJAM KOPP
Je vous présente Myotis tricolor, une espèce assez courante dans la savane et qui est répandue dans toute l’Afrique. Son nom fait référence aux couleurs qu’arbore chacun de ses poils : une base sombre qui évolue vers un centre de couleur crème et se termine par un bel orange rouillé. Sa bouche ouverte montre bien les glandes situées dans ses joues, derrière la rangée de dents. Chez certaines espèces, il arrive que les mâles marquent leur territoire dans une grotte en frottant ces glandes contre la paroi.
Photographie de PHOTO MICHAEL CURRAN AND MIRJAM KOPP
Cette chauve-souris Kerivoula lanosa a atteint sa taille adulte. Pesant 4 à 5 grammes seulement, c’est une spécialiste des environnements densément boisés. En Australie, on a observé des membres de ce genre se nourrir presque exclusivement d’araignées attrapées directement sur les toiles accrochées au-dessus de petits sentiers forestiers ou entre les feuilles des arbres. Elle possède une élégante fourrure éclaircie par de longs poils blancs.
Photographie de PHOTO MICHAEL CURRAN AND MIRJAM KOPP
Troisième espèce du genre Miniopterus. De taille semblable à la première, celle-ci possède un crâne légèrement plus long et un pelage d’un brun foncé profond, et non gris foncé. Nous avons capturé cet individu au cours de nos recherches d’échantillons dans les forêts intactes de cèdres de Mulanje, un arbre endémique qui sert de symbole et a donné son nom à la montagne éponyme. Malheureusement, cet arbre est menacé à cause du commerce illégal de son bois qui continue encore aujourd’hui, et d’un projet de mine de bauxite qui prévoit de raser de grandes étendues de la forêt.
Photographie de PHOTO MICHAEL CURRAN AND MIRJAM KOPP
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