Le comptage annuel des oiseaux de jardins aura lieu ce weekend

Pour la dixième année consécutive, la Ligue pour la protection des oiseaux et le Museum national d’histoire naturelle organisent le comptage national des oiseaux de jardin. Et vous êtes invités à participer !

De Margot Hinry
Publication 27 janv. 2022, 15:01 CET
La Mésange bleue visite très facilement les nichoirs installés au jardin, à condition que le trou ...

La Mésange bleue visite très facilement les nichoirs installés au jardin, à condition que le trou d’envol soit adapté (de 28 à 30mm de diamètre). C’est également une visiteuse assidue des mangeoires en hiver. Vous pouvez lui proposer des graines de tournesol et des boules de graisse, sur lesquelles elle s’accrochera comme une acrobate.

PHOTOGRAPHIE DE Jrleyland, istock via getty images

Que vous habitiez en campagne ou en ville, vous êtes invité.e.s à participer à ce comptage, qui s’inscrit dans un programme annuel plus large, l’observatoire des oiseaux de jardins, afin d’enrichir les données chiffrées des deux institutions. « Il faut trouver un endroit pour compter, c’est-à-dire un jardin public ou privé, choisir une journée entre samedi ou dimanche et compter pendant une heure » explique Marjorie Poitevin, la responsable de programmes de la Ligue pour la protection des oiseaux (LOP).

L’objectif de ces initiatives saisonnières, celle-ci étant le comptage d’hiver, est d’obtenir des données « à l’instant T, de ce qu’il se passe dans les jardins en termes d’effectifs d’espèces ». La sensibilisation à la présence des oiseaux et à leur protection est également un enjeu majeur. « Quand les gens entendent « oiseaux en détresse » ou « oiseaux menacés », ils pensent souvent à des espèces [rares]. En fait, dans nos jardins, certaines espèces ne se portent pas bien et on peut les observer directement [chez nous] ». Sensibiliser pour mieux protéger, tel est le mode d’action de cette initiative collective.

Pour participer, il suffit de s’installer à un balcon avec vue sur un jardin pendant une heure, ou bien directement dans le jardin. Il faut compter le nombre d’oiseaux observés par espèce, puis ajouter son comptage directement sur le site d’observation des oiseaux de jardins. « On s’aperçoit qu’après une heure, on n’observe pas plus d’oiseaux, pas plus d’espèces. Généralement, après une heure, on arrive à une sorte de plateau ».

Pour les novices et les curieux.ses, définir « qui est qui » peut être parfois impressionnant. C’est pourquoi la LPO et le Museum national d’histoire naturelle (MNHN) facilitent le travail d’observation en proposant de se focaliser déjà sur une cinquantaine d’espèces « que l’on peut observer le plus fréquemment en France ». Sur le site web, chaque personne peut s’aider de fiches espèces et de fiches confusions pour apprendre à distinguer les oiseaux observés. « Bien sûr, il ne faut pas hésiter à prendre une photo et à l’envoyer à l’adresse de l’observatoire pour qu’ensuite on les aide à reconnaître l’oiseau et qu’ils puissent indiquer de quelle espèce il s'agissait sur le site ».

Comment savoir si l’oiseau compté n’est pas déjà passé ? « Quand on dépouille les données, on a parfois des jardins où il y a 75 rouge-gorges (Erithacus rubecula) et 625 mésanges bleues (Cyanistes caeruleus). Dans ce cas, ce sont des personnes qui ont compté les aller-retours. […] Pour chaque espèce identifiée, on va leur demander non pas de compter à chaque fois que l’on voit un individu, mais de compter le nombre maximum d’oiseaux [de la même espèce] vus en même temps ». 

 

UN BILAN POUR LA DÉCENNIE

En 2022, le comptage des oiseaux de jardins fête ses dix ans. À la fin de l’année, la LPO réalisera un bilan général pour comprendre et analyser l’ensemble des données collectées. « L’intérêt de ce comptage, c’est que chaque année, exactement au même moment - puisqu’il s’agit du dernier week -end de janvier - on a une fenêtre d’observation sur les oiseaux des jardins qui respecte exactement le même protocole. Cela nous permet annuellement de voir ce qu’il se passe en cette période, comme par exemple, les afflux de certaines espèces » indique Marjorie Poitevin.

Cette année par exemple, « on a observé en grand nombre les pinsons du Nord (Fringilla montifringilla), une espèce qui vit habituellement en Scandinavie, et qui migre vers le sud en hiver. On a quasiment 25 % des jardins de l’observatoire qui ont vu un pinson du nord alors que d’habitude on était plus autour de 5 à 6 %. » 

Mobiliser les citoyens sur ce type de comptage facilite le travail des experts, « on n’est pas assez nombreux en tant que professionnels pour aller recenser tous les jardins de France. On a d’ailleurs ni le temps ni le droit de le faire. Ce sont vraiment les oiseaux sur lesquels on a le moins de données ». Compter les oiseaux sur les plaines, les forêts ou sur des terres agricoles reste de fait nettement plus accessible.

Le concours des citoyen.nes permet également de comprendre si une espèce est en danger d’extinction. C’est d’ailleurs le cas du chardonneret élégant (Carduelis carduelis) ou du moineau friquet (Passer montanus). « Ce sont des espèces qui viennent dans les jardins et qui sont menacées. Elles déclinent depuis 20 ans. On ne pourrait pas avoir ces données-là sans la participation des citoyens. C’est important de comprendre qui sont ces espèces, pourquoi elles fréquentent ces jardins » insiste Marjorie Poitevin.

Les menaces qui pèsent sur les oiseaux de jardins sont les mêmes que pour tous les autres oiseaux. Il s’agit, de manière générale, de la disparition de leurs habitats. L’experte déplore un déficit des zones de nidification. « Les haies, en milieu naturel ou agricole, il n’y en a presque plus. Les habitations ne vont plus proposer de cavités dans lesquelles nicher. Aujourd’hui, les bâtiments sont propres, bien aseptisés, bien crépis, sans cavités ».

À cela s’ajoute la disparition des sources de nourriture de certains oiseaux qui se dirigent vers « des zones ouvertes comme des friches, des prairies et des jachères. Suite à la modification des pratiques agricoles depuis plusieurs dizaines d’années (développement de l’agriculture intensive), ces zones sont de moins en moins nombreuses. Dans les zones d’agriculture intensive il n’y a plus rien en hiver ».

Les espèces granivores, comme le Chardonneret élégant, peinent à trouver de quoi se nourrir. « C’est ce qui explique, en partie, le déclin de cette espèce les 15, 20 dernières années ». Le moineau friquet est également en danger. « Il vit normalement en colonie sur des cavités dans des bâtiments. Il trouve de moins en moins d’endroits où nicher. Sur les années 2019 - 2020, [la population de moineaux friquets] a baissé de 60 % ».

La représentante des programmes de la LPO relève un véritable engouement chez les Français pour les oiseaux, pendant et après les confinements. « Les gens ont pris le temps d’écouter, d’observer. Ils se sont vraiment ouverts à l’observation d'oiseaux. […] Le confinement a permis de sensibiliser beaucoup de monde, et d’avoir de nouveaux observateurs réguliers pour les programmes. Pour nous, c’est bien, mais pour la biodiversité, c’est encore mieux ! » conclut l’experte.

Le comptage d’hiver des oiseaux de jardins aura lieu ce weekend, samedi et dimanche 29 et 30 janvier 2022.

 

COMMENT FAIRE POUR PARTICIPER ?

  • Choisir un jour d’observation, samedi 29 ou dimanche 30 janvier, et un créneau d’1h, idéalement en fin de matinée ou début d’après-midi, lorsque les températures sont un peu plus chaudes et les oiseaux plus actifs
  • Compter et noter durant 1 heure tous les oiseaux qui visitent le jardin. Pour les reconnaitre plus facilement, des fiches sont disponibles sur le site de l’Observatoire. Consulter les Fiches espèce et les Fiches confusion.
  • Transmettre les données sur le site de l’Observatoire des oiseaux des jardins : www.oiseauxdesjardins.fr.
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