Le vaquita, cétacé le plus rare au monde, est en train de disparaître

Dans les mois à venir le vaquita pourrait définitivement disparaître. Victime collatérale de la pêche illégale, il resterait une vingtaine d’individus seulement à l'état sauvage, selon les derniers recensements.

Publication 30 août 2021, 12:18 CEST, Mise à jour 30 août 2021, 13:35 CEST
Un marsouin du golfe de Californie, espèce au bord de l'extinction, est mort après avoir été ...
Un marsouin du golfe de Californie, espèce au bord de l'extinction, est mort après avoir été capturé dans un filet à Baja, en Californie.
Photographie de FLIP NICKLEN, MINDEN/NATIONAL GEOGRAPHIC CREATIVE

« Aucun effort honnête pour convertir les pêcheries en solutions alternatives et pour faire respecter les lois existantes n'a jamais été fait. Le problème principal est qu'il n'y a eu des lois et des règlements que sur le papier et qu'aucune action réelle n'a été prise ». Ces mots sont ceux du docteur Barbara Taylor.

Cette chercheuse à l’Administration Nationale des Océans et de l’Atmosphère (NOAA) aux États-Unis connaît bien le vaquita, elle fait partie d’un groupe de spécialiste des cétacées à l’UICN, et participe au dénombrement de plusieurs espèces de cétacés sur le continent nord-américain.

Le vaquita (Phocoena sinus) vit uniquement dans les eaux chaudes de la mer de Cortez, à l’abri dans le golf de Californie. Ce petit marsouin, réputé timide et insaisissable, mesure environ 1.50 m et pèse en moyenne 48 kg. On l'observe le plus souvent en couple nageant étroitement avec son ou sa partenaire. Il y a dix ans, lorsque les populations de Vaquita étaient plus abondantes, il arrivait que les différents couples nagent à proximité les uns des autres en restant en contact acoustique les uns avec les autres.

Selon l’UICN, il fait partie depuis 2012 de la liste des 100 espèces les plus menaces. Ces dernières années, le vaquita occupe la triste place de cétacé le plus menacé au monde. Si sa population s’élevait à 600 individus en 1997, elle en comptait moins de 100 en 2014, une soixantaine en 2015.

Depuis novembre 2019, les scientifiques ne sont pas en capacité de dénombrer les individus encore vivants, il n’existe aucune évaluation appropriée avec des méthodes acoustiques et visuelles. « Le dernier dénombrement remonte à 2018, on recensait seulement 19 individus. Le manque de financements et la pandémie de COVID-19 n’ont fait que repousser les échéances de comptage » déplore la chercheuse.

Cette jeune marsouine, connue sous le nom de V01F, a été capturée dans le cadre de la mission VaquitaCPR, visant à placer certains de ces cétacés en danger critique d'extinction dans des espaces protégés.
Photographie de VaquitaCPR

« Le vaquita se prend accidentellement dans les filets de pêche maillants illégaux puis finit par se noyer » explique Barbara Taylor. La cause de sa disparition progressive : la pêche au totoabas (totoabas macdonaldi) un poisson qui partage les mêmes aires de répartition que le vaquita. Lui-même considéré comme une espèce en danger, le totoabas est pêché pour sa vessie natatoire, qui possèderait des vertus dans la médecine traditionnelle chinoise et se vend à prix d’or sur le marché noir asiatique. 

Est-ce trop tard pour le Vaquita ? Les populations sont tellement réduites actuellement qu’empêcher la disparition totale de l’espèce semble impossible. Cela pourrait être évité à condition d’interdire définitivement l’utilisation des filets de pêche dans le golfe de Californie.

« Le vaquita fait tout ce qui est en son pouvoir pour survivre. Les femelles mettent bas aussi vite que possible et facilitent le travail de contrôle en passant presque tout leur temps dans une très petite zone » explique le docteur Taylor. Récemment, des études sur le génome complet de vaquitas ne montraient aucun signe de consanguinité, ce qui indique que si les survivants étaient protégés, il n'y a aucune raison pour que l'espèce ne puisse pas se rétablir rapidement.

« La communauté internationale doit reconnaître la nature non-durable des filets maillants et les éliminer complètement si elle veut continuer à voir des marsouins, des dauphins, des tortues de mer et de nombreuses espèces de requins jouer leur rôle-clé dans les écosystèmes marins. Mais il faut la volonté des individus pour que cela se produise » conclut Barbara Taylor.

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