Les forêts rétrécissent, le jaguar recule

Le fauve, autrefois présent dans toute l’Amérique du Nord et du Sud, perd chaque jour un peu plus de territoires. En cause, le morcellement de son espace vital.

De Rédaction National Geographic

Le territoire du plus grand carnivore d’Amérique, Panthera onca, s’étendait autrefois du sud-ouest aride des États-Unis à la pampa d’Argentine. Mais, depuis le XIXe siècle, l’espèce a perdu plus de la moitié de son aire de répartition et a été repoussée au fin fond des forêts tropicales, qui lui conviennent moins, notamment en Amazonie. En cause : l’expansion urbaine et le déboisement. Leur habitat se réduit et se trouve morcelé par le développement des activités humaines. Or, il est important pour leur survie de maintenir des liens entre les populations principales vivant dans les deux Amériques, du Nord et du Sud, afin de préserver la diversité de son patrimoine génétique.

Établir la carte des populations de jaguars permet d’identifier les zones cruciales où ils vivent et se déplacent au voisinage de l’homme. Les protecteurs de l’environnement, comme l’ONG Panthera, travaillent ensuite à la constitution de corridors biologiques, pour mettre en lien ces zones, et créer des espaces de protection dédiés :

Quand les jaguars sont privés de leurs proies habituelles, ils s’attaquent alors au bétail et deviennent la cible des éleveurs. S’ajoute à ce problème le commerce de leurs dents et de leurs os, très prisés sur le marché des remèdes traditionnels, tourné essentiellement vers la Chine. Bien que l’animal soit doué dans l’art du camouflage, se montrant aussi à l’aise dans l’eau, dans les arbres, que sur terre, pourra-t-il survivre à un tel bouleversement de territoire ? Quelque 100 000 jaguars subsistent aujourd’hui sur l’ensemble du continent.

 

Dans le numéro de décembre 2017 de National Geographic, une rencontre spirituelle avec l’esprit du Dieu-jaguar au Pérou et une enquête sur l’ampleur du braconnage dont est victime l’animal en Bolivie.

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