Pour cette grenouille, la polyandrie est une forme de survie

Pour augmenter ses chances de reproduction, la grenouille Chiromantis xerampelina femelle s’accouple avec plusieurs mâles et pond ses œufs dans un nid en mousse.

Publication 17 févr. 2021 à 10:45 CET
Des grenouilles Chiromantis xerampelina dans le parc Sabie, en Afrique du Sud.

Des grenouilles Chiromantis xerampelina dans le parc Sabie, en Afrique du Sud.

Photographie de AVALON/BRUCE COLEMAN INC/ALAMY

Illustration parfaite du terme « sexualité de groupe », les grenouilles Chiromantis xerampelina prospèrent grâce à leur technique de reproduction.

De toutes les espèces de vertébrés, ces grenouilles sont celles qui pratiquent la forme la plus extrême de polyandrie (lorsqu’une femelle s’accouple avec plusieurs mâles), confie Phillip Byrne, écologue du comportement à l’université de Wollongong, en Australie.

Quand les pluies torrentielles ont gonflé les mares, les grenouilles mâles se rassemblent dans la végétation qui borde ces points d’eau et appellent des partenaires. Les femelles, elles, barbotent dans l’eau pour l’absorber à travers leur peau. Une fois suffisamment hydratées, elles sautent sur une branche située au-dessus de leur tête. En chemin, des mâles s’agrippent à elles dans une étreinte sexuelle appelée l’amplexus.

Les couples ainsi liés grimpent vers un site de nidification, où la femelle libère un liquide aqueux, le bat avec ses pattes arrière pour former une mousse et y dépose ses œufs. À ce moment, jusqu’à vingt mâles « sont alignés en rang d’oignon derrière la femelle et battent leurs pattes arrière avec vigueur et de manière synchronisée pour l’aider à faire un grand et beau nid », où ils déposeront leur sperme, explique Phillip Byrne.

Le groupe passe plusieurs heures à pomper les gamètes et à les envelopper dans la mousse, qui protègera les embryons. Les têtards se tortillent hors du nid et tombent à l’eau cinq jours plus tard.

Selon l’écologue du comportement, presque toutes les Chiromantis xerampelina femelles s’accouplent avec plusieurs mâles pour produire une couvée et cela présente des avantages génétiques. Les études de Phillip Byrne démontrent que les têtards nés de ces femelles sont 20 % plus nombreux à survivre par rapport à ceux dont la mère s’est accouplée avec un seul mâle.

Alors que chez la plupart des espèces, les mâles s’affrontent brutalement pour se reproduire, ces orgies de grenouilles se déroulent sans heurt. « Comme les femelles laissent de nombreux mâles engendrer leur progéniture, tout se déroule dans le calme », souligne Phillip Byrne.

 

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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