Le génie d’Aretha Franklin

L’immense talent de cette enfant prodige s’est forgé dans la souffrance et la passion. Son histoire est retracée dans la série inédite GENIUS : Aretha, disponible sur Disney+ le 4 juin 2021*.

Photographie De Elias Williams
Publication 3 juin 2021, 14:00 CEST, Mise à jour 3 juin 2021, 17:01 CEST
Franklin est représentée sur une peinture murale de Fel’le, un artiste de Détroit. En 2017, la ...

Franklin est représentée sur une peinture murale de Fel’le, un artiste de Détroit. En 2017, la ville a nommé une section de rue Aretha Franklin Way. Un amphithéâtre porte aussi son nom. L’État du Michigan a également baptisé Aretha L. Franklin Memorial Highway une portion d’une autoroute de Détroit.

Photographie de Elias Williams

Chemisier blanc impeccablement repassé et coiffure noire bouffante, Aretha Franklin semble pensive mais sûre d’elle lorsqu’elle pénètre dans les légendaires studios d’enregistrement FAME à Muscle Shoals, en Alabama, en janvier 1967.

À tout juste 24 ans, elle maîtrise la situation avec un sang-froid exceptionnel. Pourtant, elle n’est pas encore devenue une icône musicale et culturelle. Elle n’est pas encore devenue « Aretha Franklin, la Reine de la soul ».

Elle est à peine connue, et les musiciens du studio ne savent trop quoi penser d’elle. Il est difficile de l’imaginer aujourd’hui, mais, ce jour-là, Franklin a désespérément besoin d’un succès.

Elle a passé les six années précédentes à enregistrer une sorte de jazz sobre, chez Columbia Records, sans grande réussite. Elle est désormais signée chez Atlantic Records, et le producteur Jerry Wexler souhaite faire ressortir chez elle le côté « chanteuse de gospel ».

La fille de prédicateur, élevée à Détroit, dans le Michigan, s’assied au piano. Les musicologues expliqueront plus tard que, bien qu’elle ne lise pas la musique et ne possède aucune formation académique, c’est au piano que se révèle son génie. La puissance de sa voix est extraordinaire, une force enrobée de velours. Associée à son jeu de piano, cela donne une chanteuse sublime.

Sans chanter un mot, elle plaque un accord. Puis elle se redresse, considère le studio, ravive son rouge à lèvres brillant d’un coup de langue – un geste qui n’échappe à aucun des hommes présents. Puis elle commence à chanter. C’est une émotion sauvage. À Muscle Shoals, ce jour-là, ce qui émane d’Aretha Franklin n’est pas de ce monde, diront plus tard les producteurs.

Elle frappe le piano comme si chaque touche était une frontière ténue entre l’amour et la haine. Ensuite, elle produit une note grave – et renoue avec le style gospel.

GENIUS : Aretha - Bande annonce

C’est avec cet enregistrement de I Never Loved a Man (The Way I Love You) qu’Aretha Franklin va être propulsée vers la gloire. Les membres de l’orchestre affirmeront qu’ils n’avaient jamais vu ni entendu pareille chanteuse. La puissance de sa voix, la force de ses textes, la façon qu’elle a de maîtriser cette chose impalpable que l’on appelle l’âme : sublimes.

Plus de cinquante ans après l’épique séance d’enregistrement de Franklin à Muscle Shoals, et près de trois ans après sa mort, à 76 ans, son génie demeure une sorte d’énigme. Sans conteste, elle pouvait tout chanter avec une facilité phénoménale : blues, funk, pop, jazz, rhythm and blues, gospel, et même opéra. Sans conteste, elle reste un génie musical inégalé, de par l’étendue de son registre, son expressivité et son âme. Elle a porté la musique vers de nouveaux sommets – elle l’a arrangée, élargie, capturée, composée, faite sienne et a régné sur elle.

Mais quelle était exactement la racine de son art ? Comme d’autres génies, elle fut une enfant prodige. Son don fut reconnu très tôt par son  père, qui le développa. Elle possédait une personnalité dominante et un sens aigu du détail. Aretha Franklin avait une oreille affûtée qui lui permettait de décomposer la trame mélodique d’une chanson pour l’arranger à son goût.

Elle avait aussi l’ambition et la volonté de réaliser des disques à succès. Dans ses dernières années, même si sa santé déclinait, elle voulait retourner en studio pour enregistrer.

« Chez Aretha, le génie était une chose tout à fait naturelle, estime Clive Davis, magnat de l’industrie musicale et producteur mythique. Elle sentait, incarnait et était capable d’interpréter comme personne d’autre avant elle. »

Franklin a joué sur ce piano pour enregistrer I Never Loved a Man (The Way I Love You), son premier disque à s'écouler à 1 million d’exemplaires. Aujourd’hui, le piano se trouve dans la maison d’un cadre de FAME, des studios d’où sont sortis de nombreux succès et qui ont contribué à définir le référentiel « son de Muscle Shoals ».

Photographie de Elias Williams

Elle est née Aretha Louise Franklin, à South Memphis, dans le Tennessee, le 25 mars 1942. Son père, le révérend Clarence LaVaughn « C. L. » Franklin, était un éminent prédicateur baptiste. Sa mère, Barbara Siggers Franklin, était une chanteuse de gospel très réputée.

Quittant Memphis, la famille a déménagé à Buffalo (État de New York), puis à Détroit, où le père a été nommé pasteur de l’église baptiste New Bethel. Aretha avait 6 ans quand sa mère a quitté la famille. Aretha, ses deux soeurs et son frère ont été élevés par leur grand-mère paternelle (qui a vécu un temps dans leur foyer), mais Aretha se languissait de sa mère, qui est décédée brusquement quelques années plus tard.

« J’avais 10 ans quand c’est arrivé, raconte Franklin dans Aretha : From These Roots, une autobiographie co-écrite avec David Ritz. Papa nous a tous réunis – moi, Erma, Carolyn et Cecil – dans la cuisine. Il était assis au bout de l’évier, qui ressemblait à un buffet, et nous l’a annoncé clairement et solennellement. Notre mère avait été victime d’une crise cardiaque fatale. Je suis restée là, abasourdie. Je ne peux pas décrire la douleur, et je ne vais pas essayer. La douleur est parfois une affaire privée, et la douleur des jeunes enfants qui perdent leur mère défie toute description. »

Ses proches en témoignent : la fillette ne s’est jamais totalement remise de ce traumatisme – une tristesse qui l’a accompagnée toute sa vie. Il est également clair qu’Aretha a été influencée par le talent de son père, qui s’était lui-même fait un nom. C. L. Franklin était connu bien au-delà de Détroit, car les enregistrements de ses sermons étaient des best-sellers.

Aretha était au début de l’adolescence quand elle a rejoint son père dans ses tournées de prédicateur. C. L. Franklin, conscient du talent de sa fille, lui donnait l’occasion de s’exprimer, d’église en église. Il prêchait, puis elle chantait. Aretha a enregistré son premier disque à 14 ans.

Selon certaines sources, c’était deux ans après avoir accouché de son premier enfant, Clarence, et l’âge auquel elle a eu Eddie, le deuxième.

Aretha Franklin est née dans cette maison, désormais abandonnée, de South Memphis, dans le Tennessee. Après son décès, en août 2018, le public est venu y déposer des fleurs et y laisser des messages ou des paroles de ses chansons favorites. Des habitants souhaitent que la demeure soit préservée et devienne un lieu de mémoire

Photographie de Elias Williams

L’affiche d’un concert de 1960 à Chattanooga, dans le Tennessee, annonce un sermon de C. L. Franklin avec sa fille de 18 ans, Aretha, « une étoile montante de la musique gospel ». Selon Jason Hanley, musicologue et l’un des responsables du Rock & Roll Hall of Fame, à Cleveland, dans l’Ohio, « le révérend Franklin en est la véritable tête d’affiche. Puis son incroyable fille, ce prodige, Aretha Franklin, interprète le message du gospel dont parle son père. »

Le temps passé par Aretha Franklin dans les chorales d’église et sur la route du gospel a contribué à polir son génie, note Jeff Ramsey, professeur au département de chant du Berklee College of Music de Boston – cela lui a permis d’acquérir une sagesse nourrie par l’histoire, la douleur et la résilience des Noirs aux États-Unis. Ses racines étaient le gospel, et « ce qui n’a jamais changé, c’est le caractère sacré de sa voix ».

Dans la biographie de David Ritz, Respect: The Life of Aretha Franklin, le frère d’Aretha, Cecil, raconte que lui et ses soeurs avaient du talent pour la musique, mais « qu’elle l’avait de naissance. Plus tard, des musicologues pourront essayer d’analyser comment cela s’est produit. Ils pourront dire qu’elle répétait avec plus de ténacité que nous, ou était plus concentrée sur ce qu’elle entendait ou plus motivée pour apprendre. Laissez-moi vous dire que rien de cela n’est vrai. Elle ne répétait pas. Elle ne prêtait pas plus attention à ce qu’elle entendait qu’Erma, Carolyn ou moi-même. »

Un portrait de Clarence LaVaughn « C. L. » Franklin, le père d’Aretha, figure encore dans l’église baptiste New Salem, à Memphis, où il exerça comme pasteur dans les années 1940.

Photographie de Elias Williams

Le génie peut bénéficier d’un environnement qui favorise son épanouissement. Les génies sont souvent de fortes personnalités, et dotés d’une ambition et d’un esprit de compétition effrénés, capables de ne pas se laisser impressionner par d’autres personnes de talent.

À Détroit, Aretha Franklin a grandi dans une ville qui allait produire une kyrielle de stars de la Motown, mythique label local de soul et rhythm and blues : Diana Ross, « Little » Stevie Wonder, Berry Gordy, Smokey Robinson, les Temptations. Même parmi tous ces talents, Aretha Franklin s’est distinguée.

Smokey Robinson dit qu’il l’a vue pour la première fois quand elle avait 8 ans. Il s’était lié d’amitié avec Cecil Franklin. Lors des funérailles de la chanteuse, il décrira à la foule sa première rencontre avec Aretha, dans la demeure de la famille Franklin : « Nous nous promenions dans la maison, et j’entends de la musique. Cet air de piano, et cette voix, on dirait une petite fille qui chante. Je vais regarder dans la pièce, et je te vois, tu es là et tu chantes. »

Petite fille, Aretha était parfois tirée du sommeil pour se produire devant des stars qui rendaient visite à son célèbre père. Au salon, elle a rencontré les chanteuses de gospel Clara Ward et Mahalia Jackson, l’auteur-compositeur-interprète Sam Cooke, le compositeur et chef d’orchestre Duke Ellington, les pianistes de jazz Art Tatum et Oscar Peterson, les chanteuses Ella Fitzgerald et Dinah Washington, les chanteurs Nat King Cole, Lou Rawls et Billy Eckstine, ainsi que le révérend Martin Luther King Jr.

Le génie de Franklin apparaît de façon éclatante sur son premier album de rhythm and blues, dans sa version de Respect. Celle de l’auteur original, le légendaire chanteur de soul Otis Redding, évoque un homme qui exige le respect quand il rentre chez lui. Dans la version de Franklin, c’est une femme qui formule cette exigence, épelant chaque lettre du mot-titre.

Lors du Monterey Pop Festival, en 1967, Otis Redding s’est adressé à la foule : « Maintenant, il y a quelque chose que nous aimerions jouer pour tout le monde. C’est une chanson qu’une fille m’a piquée. Une bonne amie à moi, cette fille, elle a juste pris ma chanson. Mais je vais quand même la faire. » Il s’est lancé alors dans une version plus rapide.

C’est aussi en 1967 qu’Aretha Franklin a remporté ses premiers Grammy Awards (décernés par la Recording Academy pour récompenser  l’excellence dans les arts et les métiers de l’enregistrement) pour Respect, dans les catégories « meilleur enregistrement de rhythm and blues » et « meilleure performance vocale solo de rhythm and blues » féminine. Elle en décrochera 17 autres dans sa carrière, pour 44 nominations au total.

Les amateurs de musique ont eu un aperçu inattendu de la surprenante étendue du talent d’Aretha Franklin lors de la cérémonie des Grammy Awards de 1998, à New York. Le ténor italien Luciano Pavarotti devait interpréter Nessun Dorma, le grand aria de Giacomo Puccini. Mais Pavarotti a appelé en direct le plateau de l’émission pour prévenir qu’il était malade.

Ce soir-là, il était prévu qu’Aretha Franklin chante avec les Blues Brothers. Mais Ken Ehrlich, le producteur exécutif du spectacle, s’est rappelé qu’elle avait chanté Nessun Dorma deux jours auparavant, lors d’un spectacle de bienfaisance pour la Recording Academy. « Je me suis précipité vers sa loge et lui ai demandé si elle pouvait le faire », a-t-il relaté plus tard au magazine Billboard. La suite a été l’un des moments marquants de la carrière d’Aretha Franklin.

Franklin portait un manteau à col haut pour la fin de son concert au JVC Jazz Festival, au Lincoln Center de New York, en juin 2000. Elle y a interprété l’aria Nessun Dorma, de Puccini, qu’elle avait chanté de façon impromptue lors de la cérémonie des Grammy Awards, en 1998.

Photographie de JACK VARTOOGIAN, GETTY IMAGES

Ni ténor ni chanteuse d’opéra, elle a magnifiquement interprété l’aria. « Elle a dû changer de tonalité, car elle devait utiliser l’arrangement de Pavarotti », précise David Ritz. Elle a écouté l’orchestration pendant vingt minutes et a compris comment changer sa voix pour une tonalité qui n’était pas son premier choix. Elle a exécuté une interprétation dans le style soul, mais a respecté la beauté mélodique de Puccini.

En 1987, Aretha Franklin est devenue la première femme célébrée au Rock & Roll Hall of Fame, ouvrant la voie à d’autres. Le magazine Rolling Stone l’a placée au sommet de son classement des plus grandes chanteuses de tous les temps. Et, en 2019, elle a reçu à titre posthume une citation spéciale du prix Pulitzer.

Aretha Franklin a donné d’innombrables concerts emblématiques – notamment en montant sur scène dans un luxueux manteau de fourrure qui lui découvrait les épaules et dans une robe jaune canari pour chanter I Dreamed a Dream, lors de la soirée d’investiture du président américain Bill Clinton, en 1993. La chanson était un classique de la comédie musicale Les Misérables. C’était comme si le morceau et la scène lui appartenaient. Lorsqu’elle a lâché sa fourrure puis poussé une note haute, la foule et les Clinton se sont mis debout.

« Le public a été subjugué par le spectacle, a rappelé Clive Davis lors des funérailles de la chanteuse. Aretha a spontanément changé les paroles de “I dreamed a dream [j’ai fait un rêve]” en “I have a dream [j’ai un rêve]”, et ce choix instinctif du mantra de Martin Luther King a été l’apogée de cette représentation inoubliable. »

En 2009, lors de l’investiture de Barack Obama, elle a chanté My Country, ‘Tis of Thee, célébrissime chant patriotique américain.

« Aretha a contribué à définir ce que signifie être Américain, a tweeté Obama après sa mort. Dans sa voix, nous pouvions sentir notre histoire, toute notre histoire et dans toutes ses nuances – notre puissance et notre douleur, notre obscurité et notre lumière, notre quête de rédemption et notre respect durement acquis. »

Le courage et la légende d’Aretha Franklin ont débordé le monde musical. Elle a participé au financement du mouvement pour les droits civiques, a marché avec Martin Luther King et, en 1968, a chanté lors de ses funérailles.

Elle a créé une musique devenue la bande-son des mouvements révolutionnaires : celui pour les droits civiques, celui pour l’égalité des femmes, celui contre la guerre au Viêt Nam.

Un père engagé : en 1963, C. L. Franklin a organisé la Marche vers la liberté, à Détroit, dans le Michigan. Martin Luther King Jr. y a prononcé une première version de son discours I Have a Dream. C. L. Franklin (ici à la gauche de King) était son conseiller. Après l’assassinat de King, en 1968, Aretha Franklin a chanté Precious Lord au cours d’une messe du souvenir.

 

Photographie de Walter P. Reuther Library, archives du travail et des affaires urbaines, université Wayne State

En 1970, pour faire sortir de prison l’activiste politique Angela Davis, elle a proposé de payer jusqu’à 250 000 dollars. « Les Noirs seront libres, a alors déclaré Aretha Franklin au magazine Jet. J’ai été enfermée [pour atteinte à la paix publique, à Détroit] et je sais qu’il est nécessaire de troubler la paix quand on ne peut pas l’obtenir. La prison, c’est l’enfer. S’il y a une justice dans nos tribunaux, je verrai [Angela Davis] libre, non pas parce que je crois au communisme, mais parce que c’est une femme noire et qu’elle veut la liberté pour les Noirs. J’ai l’argent ; je l’ai obtenu des Noirs – ce sont eux qui m’ont permis de l’avoir – et je veux l’utiliser de manière à aider notre peuple. »

Peut-être êtes-vous trop jeune pour avoir vu Aretha Franklin à son apogée, mais vous avez sans doute entendu sa musique. Il est fort probable que vos parents la connaissent. Vous l’avez entendue au cinéma. Et vous avez retrouvé son style chez des artistes telles que Beyoncé, Ariana Grande, Fantasia, Jennifer Hudson, Lady Gaga, Whitney Houston et Adele.

En 2011, les seizièmes American Music Masters Tribute du Rock & Roll Hall of Fame ont honoré Aretha Franklin. Une suite d’artistes lui a rendu hommage en interprétant ses chansons. Ce soir-là, à Cleveland, elle n’était pas censée se produire. Pourtant, lors d’une pause dans le spectacle, elle a exigé un piano. Aretha est montée sur scène avec Ronald Isley, Cissy Houston, Jerry Butler et Dennis Edwards pour un rappel.

« Ils se sont lancés dans une incroyable chanson, se souvient Jason Hanley, l’un des responsables du Hall of Fame. Elle occupait toute la  scène. À ce moment, le monde entier s’est réduit à sa propre lumière. Nous en étions tous témoins. Pour ma part, c’est à ce moment-là que j’ai compris pourquoi elle était ce qu’elle était. »

 

Extrait de l'article publié dans le numéro 259 du magazine National Geographic

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