Les émissions carbone ont atteint un niveau record en 2018

Les émissions mondiales de dioxyde de carbone sont en hausse pour la deuxième année consécutive, augmentant de 2,7 % par rapport à 2017. Un record.vendredi 7 décembre 2018

De Arnaud Sacleux
Un fermier attend le printemps près d'une centrale nucléaire dans la province de Shanxi, en Chine. Le complexe nucléaire produit l'électricité pour Pékin, situé à environ 320 kilomètres de là, et recouvre les champs, les récoltes et les riverains d'un épais manteau de suie.

L’étude a été publiée dans le journal Earth System Science Data. Les chercheurs à l’origine de ces travaux estiment que les émissions mondiales de dioxyde de carbone provenant de combustibles fossiles, qui représentent environ 90 % des émissions humaines, atteindront un niveau record de plus de 37 milliards de tonnes en 2018. « Nous espérions que les émissions avaient atteint leur maximum il y a quelques années », explique Rob Jackson, professeur de science du système terrestre à la Faculté des sciences de la Terre, de l'énergie et de l'environnement de l'Université de Stanford. « Après deux ans de croissance renouvelée, c'était un vœu pieux. »

 

UNE DEMANDE LIÉE AU DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE

La demande en énergie augmente partout dans le monde et c’est à mettre en corrélation avec le développement économique mondiale. « C’est la première fois depuis une décennie que les économies de presque tous les pays se développent » a déclaré Rob Jackson. En tête de gondole, la Chine et les États-Unis.

Les émissions de dioxyde de carbone sont en constante augmentation.

Aux États-Unis, les émissions de dioxyde de carbone devraient augmenter de 2,5% en 2018. Les responsables de cette augmentation sont notamment les conditions météorologiques inhabituelles et les bas prix de l’essence. En prolongement de celle-ci, l’utilisation de voitures de plus en plus gourmandes en énergie. Pour preuve : l’utilisation de pétrole aux États-Unis devrait augmenter de plus de 1 % en 2018 par rapport à l’année 2017.La Chine est également concernée. Après quatre années d'émissions plutôt stables, malgré les efforts du pays pour améliorer la qualité de l'air, la Chine a passé la seconde. La croissance économique mondiale a accru la demande d'acier, d'aluminium et de ciment… Tous fabriqués en Chine.

En parallèle, le pays a connu un déclin économique, ce qui l’a contraint à revoir ses ambitions en matière de transition écologique.

 

LES ÉNERGIES RENOUVELABLES : COMPLÉMENTS PLUTÔT QUE SUBSTITUTS ?

« Les forces du marché et la recherche d'un air plus pur poussent les pays vers le gaz naturel, l'éolien et le solaire » a déclaré Rob Jackson. En période de COP 24, tous les yeux sont rivés vers cette fameuse transition écologique nécessaire à la survie de notre planète. S’il est convenu que les pays devraient mettre plus de moyens et accroître leurs efforts, la demande en énergie dépasse largement la croissance des énergies renouvelables. Pis encore, l’étude montre que les énergies renouvelables sont largement utilisées comme additifs aux sources d’énergie à base de combustibles fossiles plutôt que comme substituts. « Il ne suffit pas que les énergies renouvelables se développent » déclare Rob Jackson.

En 2019, à moins d’un ralentissement économique mondial, les chercheurs prévoient que les émissions de dioxyde de carbone continueront d'augmenter, malgré l’urgence d'inverser la tendance.

 

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