Cinq plats du futur

Au menu pour 2050 : chips d’insectes, bière de chiendent, burgers végétariens bien saignants, huile d’algues et Soylent, une boisson lyophilisée, censée faire office de repas complet, créée par un informaticien de la Silicon valley.

De Rédaction National Geographic
L’Impossible Burger est notamment fabriqué avec des protéines de blé et de pomme de terre, de l’huile de noix de coco et de l’hème dérivé de levure, qui lui donne son air saignant. « Nous tentons de déterminer à l’échelle moléculaire ce qui fait que la viande est de la viande, explique Jessica Appelgren, d’Impossible Foods, et de le reproduire à partir du règne végétal. »

Les besoins alimentaires mondiaux devraient augmenter de moitié d’ici le milieu de ce siècle, et la population dépasser les 9 milliards d’habitants. Comment nourrir l’humanité sans déforester davantage ni développer l’agriculture intensive – l’une des activités qui contribuent le plus au changement climatique ? Et comment préserver la santé des sols au bénéfice des cultures ?

L’une des solutions envisagées : trouver de nouvelles façons de produire des protéines. Plusieurs entreprises proposent des burgers de viande vegan, sous la forme d’une galette de protéines de pois, couleur de bœuf grâce à de la betterave, ou d’un steak végétal qui « saigne » du jus grâce à une protéine de laboratoire – l’hème. Autre possibilité, les insectes comestibles, riches en protéines. L’intérêt environnemental, notamment pour les grillons, est évident. Ceux-ci apportent plus de protéines et de micronutriments par kilogramme que le bœuf. Ils se développent dans l’obscurité et dans une forte promiscuité, permettant une production industrielle sur une surface minuscule. De plus, ils génèrent assez peu de déchets, à l’inverse des grands élevages porcins et bovins.

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Pour lutter contre la déforestation, liée à la fabrication d’huile de palme, les entreprises alimentaires découvrent aussi de nouveaux types de graisses. Des scientifiques ont tout d’abord prélevé des algues de la sève d’un marronnier d’Inde, puis les ont manipulées afin qu’elles produisent de grandes quantités d’une huile plus nutritive. Les algues ont ensuite été mélangées avec de la canne à sucre brésilienne, dans des cuves de fermentation de la hauteur d’un bâtiment de six étages. Et le tout a été pressé pour obtenir de l’huile d’algues. Cette huile de cuisson, légère et peu aromatisée, contient des acides gras monoinsaturés, et peut être chauffée à hautes températures.

Et, pour consommer de la bière respectueuse des sols, des chercheurs américains essaient, depuis les années 1980, de développer une céréale pérenne susceptible de remplacer le blé et le maïs, qu’il faut refaire pousser chaque année – ce qui dépouille le sol de ses nutriments, augmente l’érosion et favorise le ruissellement des engrais. Des agronomes américains proposent de cultiver une céréale, appelée le chiendent intermédiaire, qui offre un meilleur rendement, des grains plus grands et une résistance plus forte à la maladie.

Enfin, se développent des boissons lyophilisées, censées couvrir nos besoins nutritionnels. L’un des exemples les plus populaires est Soylent, développé par un informaticien de la Silicon Valley. Si le produit se vend bien aux États-Unis, d’autres pays l’interdisent, comme le Canada, considérant qu’il ne respecte pas la législation sur les produits en matière de substitut alimentaire. En Europe, il n’est disponible que sur le territoire britannique, car il contient du soja OGM, interdit par l’Union.

 

Dans le numéro de novembre 2018 du magazine National Geographic, un reportage sur l'alimentation du futur.

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