Environnement

Liste ouverte des changements environnementaux sous l'administration Trump

L’administration Trump a promis de grands changements en matière de politique environnementale aux États-Unis — et nous les listons ici, à mesure qu’ils sont annoncés.jeudi 9 novembre 2017

De Michael Greshko
Avec la victoire de Donald Trump dans la course à la Maison Blanche, des dizaines de lois qui ont remodelé les contours de l'Amérique corporative au cours des huit dernières années ont tout à coup semblé bien fragiles.

Les premiers mois tumultueux de l'administration Trump ont apporté leur lot de changements —à la fois anticipés et mis en application—  en matière de politique environnementale. Beaucoup de décisions visent à revenir sur la politique de l'ère Obama dont l'objectif était de ralentir le changement climatique et limiter les émissions de gaz à effet de serre. D'autres mesures menacent de limiter le financement fédéral pour la science et l'environnement.

Les enjeux sont énormes. L'administration Trump est arrivée au pouvoir dans un contexte de sensibilisation de la communauté internationale au changement climatique, question sur laquelle la polarisation politique est encore forte. Et pour la première fois depuis des années, les Républicains ont le contrôle sur la Maison Blanche et les deux Chambres du Congrès, leur donnant l'opportunité de refaçonner les lois environnementales du pays à leur image. 

La politique environnementale de cette administration a des conséquences non seulement aux États-Unis mais aussi dans le monde. C'est pourquoi National Geographic maintiendra un calendrier abrégé des actions environnementales et des changements de politique de l'administration Trump, ainsi que des réactions qu'elles suscitent. Nous mettrons à jour cet article régulièrement, à mesure que les annonces sont faites.

 

LES ÉTATS-UNIS SE RETIRENT DE L'ACCORD DE PARIS SUR LE CLIMAT

1er juin 2017

Le Président Trump a annoncé le retrait des États-Unis de l'accord de Paris sur le climat, se détachant ainsi des 194 pays ayant ratifié l'accord et s'étant engagé à réduire leurs émissions carbone. Cette nouvelle fait suite au G7 auquel le Président des États-Unis a participé en Italie, au côté des dirigeants des six autres pays membres (Allemagne, Italie, Canada, France, Japon et Royaume-Uni), qui ont quant à eux réaffirmé leur engagement pour lutter contre le changement climatique.

Dans le cadre de l'accord, les États-Unis s'étaient engagés à réduire d'ici 2025 leurs émissions carbone de 26 à 28 %. En se détournant de cette promesse, les États-Unis cèdent leur position de leader dans la transition énergétique au profit d'un autre grand émetteur d'émissions carbone, la Chine. Le Président chinois Xi Jinping a annoncé que la Chine maintenait son engagement dans l'accord de Paris, qu'il qualifie comme un "succès chèrement acquis" qui devait être honoré. 

Pour autant, la décision du Président états-unien n'empêchera pas les entreprises américaines engagées dans l'énergie éolienne et solaire de maintenir leurs efforts dans la lutte contre le changement climatique.

 

L'AGENCE DE PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT AMÉRICAINE RENVOIE LES CONSEILLERS SCIENTIFIQUES

5 mai 2017

L'Environmental Protection Agency (Agence de protection de l'environnement - EPA) a acté le renvoi de plusieurs membre de son bureau de conseillers scientifiques, conseil consultatif composé de 18 membres chargés de contrôler les études menées par les agents de l'EPA. Certains des scientifiques congédiés avaient pourtant été assurés que leur mandat de trois ans serait renouvelé. Dans un article du New York Times, les critiques se multiplient pour dénoncer cette décision perçue comme un cadeau fait aux entreprises au détriment de la science.

Un représentant de l'EPA a annoncé que cette décision permettrait à l'agence d'États de considérer des candidatures plus variées, notamment celles d'entrepreneurs, pour constituer son nouveau conseil consultatif.

Le Washington Post a depuis révélé que le Secrétaire d'État à l'Intérieur, Ryan Zinke, chargé de la protection des espaces verts, de la faune et de la flore sur le territoire américain, avait commencé à revoir la composition des plus de 200 conseils consultatifs associés au Département d'État.

 

TRUMP FAIT UN DON AUX PARCS NATIONAUX

3 avril 2017—La Maison Blanche annonce que le président Trump a fait don d'un quart de son salaire (78 333,32 $ soit 73 488,80 €) au Service des parcs nationaux. Dans le même temps l'estimation de l'entretien différé accumulé du Service des parcs nationaux est évalué à 12 milliards de dollars (soit plus de 11.240 milliards d'euros). Le plan budgétaire pour l'année 2018 de Trump prévoit une réduction de 1,5 milliard de dollars pour le Département de l'Intérieur des États-Unis auquel appartient le Service des parcs nationaux et son budget de 3,4 milliards de dollars. Entre autres choses, la réduction de 12 % permettrait d'éliminer le financement de lieux patrimoniaux nationaux inconnus, des paysages habités et cohésifs considérés par le Congrès comme étant d'importance nationale. Plusieurs de ces aires patrimoniales nationales comporteraient des champs de batailles préservés.

 

LES PESTICIDES ÉVITENT L'INTERDICTION TOTALE

29 mars 2017—Contre les conseils des experts de la sécurité chimique de l'Environmental Protection Agency (Agence américaine de protection de l’environnement, EPA), Scott Pruitt, directeur de l'EPA, rejette une pétition vieille de dix ans priant l'EPA d'interdire l'utilisation de tous les pesticides de type chlorpyrifos. Bien que l'EPA ait interdit son utilisation dans la plupart des ménages en 2000, le pesticide serait encore utilisé dans près de 40 000 fermes, ce que les scientifiques de l'EPA ont recommandé d'arrêter. Des études suggèrent que le chlorpyrifos pourrait causer des lésions cérébrales chez les enfants et les travailleurs agricoles, même à faible exposition bien que Dow Chemical, fabricant de chlorpyrifos, soutienne qu'il ne présente aucun danger lorsqu'il est utilisé correctement. Le Département américain de l'Agriculture salue la décision de Pruitt, jugée utile pour les agriculteurs américains.

 

DES ACTIONS EN FAVEUR DU CLIMAT ANNULÉES

28 mars 2017 — Le président Trump signe une ordonnance visant à démanteler une grande partie du travail réalisé par l'administration Obama sur le changement climatique. L'ordonnance prend des mesures pour réduire les taxes sur les véhicules polluants, revient sur le suivi des émissions de carbone du gouvernement fédéral, annule un moratoire de 2016 sur les baux charbonniers sur les terres fédérales, et abroge les ordonnances de l'ère Obama ainsi que les protocoles permettant au pays d'anticiper les pires incidences liées au changement climatique, y compris celles menaçant la sécurité nationale.

Et surtout, l'ordonnance amorce le processus de révocation du projet Clean Power (Énergie propre) de l'EPA, une législation issue de l'ère Obama destinée à réduire les émissions de dioxyde de carbone des centrales électriques nouvelles et existantes.

Les vétérans militaires et les chefs tribaux, malgré les fortes chutes de neige et les rafales de vent, marchent le long de la route 1806 à Cannon Ball, dans le Dakota du Nord, en soutien à la tribu Standing Rock Sioux de Standing qui proteste contre la construction du Dakota Access Pipeline.

LE DAKOTA ACCESS PIPELINE PRÊT À L'UTILISATION

27 mars 2017 — Energy Transfer Partners, la société chargée de construire le Dakota Access Pipeline, informe la cour fédérale qu'elle a pompé de l'huile dans le gazoduc situé sous le lac Oahe dans le Dakota. Le gazoduc, qui a pour objectif de raccorder les gisements d'huile de schiste avec les réseaux de pipeline en Illinois, passe près de la Réserve des Standing Rock Sioux et traverse une terre qui avait été promise en vertu du traité de Fort Laramie datant de 1851 puis reprise plus tard. Ce gazoduc a provoqué des manifestations de grandes ampleur, pour protester contre la contamination de l'eau qu'il pourrait entraîner et la détérioration d'un site sacré. Ce mouvement est la plus grande manifestation amérindienne de l'histoire récente.

 

APPROBATION DE LA PIPELINE KEYSTONE XL

24 mars 2017 — Le département d'État de l'administration Trump accorde un permis pour la construction du pipeline Keystone XL. Le pipeline de 1 931 kilomètres reliera les sables bitumineux de l'Alberta aux raffineries du Texas. Le président Obama avait rejeté le projet à la fin de l'année 2015, craignant que des retombées économiques attractives excusent les émissions futures de carbone issues. En 2014, le Département d'État américain a montré que le projet augmenterait certes les émissions, mais pas plus que les autres méthodes de transport.

 

LES BOURDONS AMÉRICAINS OFFICIELLEMENT RECONNUS COMME MENACÉS

21 mars 2017 — Le Bombus affinis est officiellement considéré comme une espèce menacée : il s'agit du premier bourdon et de la huitième espèce apoïde américaine à bénéficier d'une protection fédérale. À l'origine, son inscription devait être établie le 10 février dernier, mais une ordonnance du 20 janvier l'a retardé de plus d'un mois, alors que l'administration Trump examinait les législations issues du mandat Obama qui n'avaient pas encore pris effet.

 

POURSUITE DU FINANCEMENT DE FLINT

Le 17 mars 2017 —L'EPA publie un communiqué de presse affirmant que l'agence a accordé 100 millions de dollars au Département de qualité environnementale du Michigan. L'argent, conféré par un article signé par le président Obama en décembre 2016, financera l'amélioration de l'infrastructure d'eau potable à Flint, dans le Michigan, où l'eau potable reste contaminée par le plomb. 

 

NORMES D'EFFICACITÉ DES COMBUSTIBLES RÉEXAMINÉES  

Le 15 mars 2017 — Le directeur de l'EPA, Scott Pruitt, et la Secrétaire aux Transports des États-Unis, Elaine Chao, annoncent que l'EPA reconsidérera les exigences du gouvernement Obama sur les émissions des véhicules qui construits entre 2022 et 2025. Ce geste pourrait annoncer la fin du projet CAFE (Corporate Average Fuel Economy), des réglementations visant à améliorer l'économie de carburant des voitures. Le 12 janvier 2017, l'EPA du mandat Obama a tenté de verrouiller ses normes CAFE qui exigeaient des véhicules légers d'avoir une consommation en carburant avoisinant les 87,7 kilomètres pour 3 litres d'ici 2025. L'administration Trump et les constructeurs automobiles considèrent que cet objectif n'est pas réalisable.

 

LES BUDGETS DES SCIENCES ET DE L'ENVIRONNEMENT MENACÉS

13 mars 2017 - La Maison Blanche a annoncé son premier budget préliminaire sous la Présidence Trump. Venant confirmer des semaines de spéculations, le budget annonce d'importantes coupes budgétaires pour les agences gouvernementales des Sciences et de l'Environnement — notamment l'EPA et la NOAA, l'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (National Oceanic and Atmospheric Administration)— et de plusieurs programmes sociaux, dans le but d'accroître le budget de la Défense de 54 milliards de dollars (plus de 50 milliards d'euros). 

 

Note du rédacteur : Cet article a originellement été publié le 31 mars 2017 et a été mis à jour le 1er juin 2017 avec l'annonce du retrait des États-Unis des accords de Paris sur le climat.

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