Développer l’aquaculture offshore pour nourrir la planète

Une nouvelle piste pour répondre au défi alimentaire mondial : ancrer des fermes d’élevage de poissons en haute mer.

De Julie Lacaze
Publication 9 nov. 2017, 02:09 CET
Au large des côtes du Maine (États-Unis).
Au large des côtes du Maine (États-Unis).
PHOTOGRAPHIE DE Flickr, NOAA's, CC0

D’ici à 2050, la planète abritera près de 10 milliards d’êtres humains. Comment les nourrir sans détruire l’environnement ? Une équipe internationale propose de développer l’aquaculture offshore, c’est à dire des fermes d’élevage en haute mer. Les chercheurs ont calculé que moins de 0,015 % de l’espace océanique suffirait pour produire une quantité de poisson équivalente à celle pêchée en une année.

Les auteurs de l’étude publiée dans Nature Ecology & Evolution sont partis d’un constat : la production agricole est en surchauffe. Le secteur représente 70 % de la consommation mondiale d’eau douce, 24 % des émissions de gaz à effet de serre et occupe 40 % des surfaces terrestres. Or, la demande et les besoins en protéines animales est croissante. La solution se trouve peut-être dans l’océan. L’aquaculture côtière est bien développée, mais présente l’inconvénient d’occuper un espace déjà surpeuplé. La haute mer, en revanche, est peu exploitée.

Les chercheurs ont quadrillé les aires marines en petits carrés de 0,042°. Le but ? Évaluer l’espace océanique potentiellement disponible pour l’élevage. Ils ont ensuite étudié les températures idéales de croissance et les besoins nutritionnels de 120 espèces de poissons et de 60 mollusques marins. En se basant sur les températures océaniques des 30 dernières années et sur les ressources disponibles en phytoplancton, ils ont pu identifier les zones propices au développement de l’aquaculture offshore. Parmi ces espaces, ils ont retiré ceux occupés par des réserves naturelles, l’industrie ou le transport maritime, ainsi que les zones trop profondes — les fermes étant difficiles à ancrer au-delà de 200 m de fond. Résultat : 11,4 millions de km² pourraient être utilisés pour l’élevage des poissons et 1,5 million de km² pour les mollusques. Que pourrait-on en tirer ? Dans l’aire propice à l’élevage des mollusques, la quantité de fruits de mer obtenue serait 100 fois supérieure à celle consommée aujourd’hui annuellement. Pour les poissons, une superficie 43 fois plus petite que la mer Méditerranée suffirait pour élever la quantité de poisson équivalente à celle qui est actuellement pêchée chaque année dans le monde !

En bleu et rouge, les sites d'implantation possible de fermes marines offshore. Les zones en rouge sont potentiellement les plus productives . Zoom b sur les côtes Sud du Kenya ; Zoom c, Indonésie et d Fidji.
PHOTOGRAPHIE DE Nature Ecology & Evolution

Partout sur la planète, les espèces marines s’effondrent. Certaines micro-réserves de pêche commencent à émerger pour les préserver (cf : Des micro-réserves pour repeupler l’océan, dans le numéro de septembre 2017 de National Geographic ). L’élevage en haute mer est une nouvelle piste à explorer, selon les auteurs de l’étude. L’aquaculture est aujourd’hui composée à 8,5 % de poissons marins (saumon, mérou, cobia…), à 20 % de mollusques marins (huîtres, moules…), l’autre partie étant constituée d’espèces d’eau douce. Reste à évaluer l’impact écologique des fermes offshore. Notamment les conséquences de la production de nourriture des élevages des poissons et du transport vers les zones de vente.

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