Guadeloupe : vers une amélioration de la distribution d’eau potable

La Guadeloupe connaît depuis des années une crise d’alimentation en eau, le gouvernement vient de lancer une mission pour en améliorer la distribution.

Monday, February 12, 2018,
De Juliette Heuzebroc
Vue depuis le Fort Napoléon, en Guadeloupe.
Vue depuis le Fort Napoléon, en Guadeloupe.
Photographie de National Geographic Creative

Pour les guadeloupéens, composer au quotidien sans eau ou peu devient de plus en plus difficile. Le réseau d’approvisionnement en eau est l’un des plus vétustes de France : plus de 50 % de la production d’eau part dans des fuites. Fuites majoritairement présentes sur le réseau général et non dans les maisons, l’eau atteignant péniblement ces dernières.

En se basant sur l’indice linéaire de perte en eau, la situation de la Guadeloupe est une des plus inquiétantes puisque qu’il s’élève à 16 m3 par kilomètre et par jour contre 5 m3 pour la moyenne nationale. Pour ne rien arranger, les périodes cycloniques sont très difficiles à gérer puisqu’elles engendrent une suspension complète de la distribution en eau et, une fois terminée, l’eau potable n’est pas accessible avant plusieurs jours.

Les solutions mises en place par les opérateurs d’eau potable sont plus que précaires : pour équilibrer la distribution en eau des 400 000 habitants, le syndicat intercommunal d’alimentation en eau et d’assainissement de la Guadeloupe (Siaeag) et Eau d’Excellence et Eau Nord Caraïbes (RéNoC-Eau) ont instauré des « tours d’eau » par zones géographiques. Chaque zone, qui regroupe plusieurs communes, bénéficie d’un tour de 12h deux fois par semaine.

Morne-à-l'Eau, Guadeloupe
Photographie de Bgabel

Conscient de l’urgence de la situation, sur le plan sanitaire et alimentaire, le gouvernement a donc décidé de mettre en place une mission pour améliorer la distribution. Quatre inspecteurs généraux ont donc été envoyés sur place, dépêchés par les ministères des Outre-mer, de la transition énergétique et de l’Action et des comptes publics.

Ces inspecteurs devront rendre leurs premiers résultats courant février sur les priorités suivantes :

? Cibler les travaux les plus urgents

? Définir les options pour renforcer la soutenabilité financière et les capacités d’ingénierie

? Rationaliser les structures gestionnaires d’eau

Cette mission intervient simultanément au « plan bi-annuel d’actions prioritaires sur l’eau potable » de 71 millions d’euros décidé en janvier par la région, le département et les communautés d’agglomérations.

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