Environnement

Japon : le récent séisme d'Osaka fait craindre le ''Big One''

Lundi 18 juin, la région d'Osaka a subi un fort tremblement de terre, faisant 5 morts et 370 blessés.jeudi 21 juin 2018

De Juliette Heuzebroc
Les dégâts sont aussi très importants à Osaka.

Lundi dernier, Osaka a été le théâtre d’un séisme de magnitude 6,1 sur l’échelle de Richter. La catastrophe qui a eu lieu dans la matinée a fait 5 morts et 370 blessés. Dans les heures qui ont suivies, 28 répliques ont été comptabilisées, dont certaines atteignant une magnitude de 4 sur l'échelle de Richter. L’enchaînement de ces secousses associé aux fortes intempéries dues à la période de mousson ont contribué à paralyser la région.

« Il est difficile de se tenir debout. Les meubles non fixés peuvent tanguer et tomber. Les portes peuvent être déformées. Les toits et les fenêtres peuvent être endommagés. » explique l’Agence météorologique du Japon (JMA).

Au Japon, les séismes sont mesurés sur une échelle d’intensité allant de 0 à 7. Celui-ci a atteint le niveau 6. Les routes, les ponts et les voies ferrées ont été lourdement endommagés, obligeant les voyageurs et travailleurs à rentrer à pieds, créant une file indienne de plusieurs kilomètres. Environ 170 000 foyers ont été privés de gaz ou d’eau pendant plusieurs heures.

Cette situation crée une forte tension aussi bien chez les autorités que les habitants : le séisme qui avait frappé Kobe en 1995, faisant 6 400 morts, est encore dans tous les esprits. Les instituts d’études sismiques redoutent de futures catastrophes de bien plus grande ampleur ; surtout dans la zone de la fosse de Nankai, zone de subduction entre la plaque des Philippines et celle de l’Amour au sud du Japon. Des études menées en 2017 ont montré que, dans les trente années à venir, il y avait jusqu’à 80 % de risque que la région soit touchée par un séisme de magnitude 8 à 9. Des séismes d’une telle puissance sont surnommés « Big One ».

Carte détaillée en français des plaques tectoniques avec leurs vecteurs de déplacement.

Ces premiers calculs sont basés sur la périodicité observée des tremblements de terre mais ne font pas l’unanimité des sismologues spécialistes du sujet. Robert J. Geller, professeur au département des sciences de la terre de l’université de Tokyo, avait jugé dans une parution de la revue Nature que la périodicité n’était pas forcément un facteur déterminant pour évaluer l’emplacement des prochains grands séismes, et que c’était l’ensemble du territoire japonais qui présentait de forts risques.

En juin, des études ont été menées pour déterminer quel serait le coût que devrait assumer le pays en cas de séisme aussi puissant suivi d’un tsunami : le chiffre s’élève à 10 milliards d’euros, avec un redressement sur plus de 20 ans pour le pays.  

 

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