Environnement

Le monde en cartes : les hectares perdus de la forêt amazonienne

De nouvelles données illustrent en détail la perte accélérée du couvert forestier brésilien. Lundi, 29 avril

De Sarah Gibbens

Les activités humaines continuent de causer la perte de nombreux hectares de forêts partout dans le monde, selon les données compilées par le groupe de recherche Global Forest Watch et des analystes de l'Université du Maryland.

La coupe à blanc - la suppression de grandes parcelles de forêt sans discernement - a provoqué la plus grande perte de couvert forestier. Une grande partie des parcelles dénudées devraient faire place à l'élevage en ranch, mais d'autres activités commerciales telles que l'exploitation minière et la production de soja sont également à l'étude. 

La perte d'espaces forestiers en 2018 a globalement diminué de près de 50 % par rapport à l'année précédente, principalement en raison d'incendies de forêts massifs en 2016 et 2017. Mais si l'on fait abstraction des feux de forêt, la perte d'espaces boisés a augmenté d'environ 13 %. Ce fait a de grandes implications dans l'accentuation du changement climatique et autres préoccupations environnementales, comme le notent les chercheurs.

En plus de fournir un habitat pour les animaux et les végétaux, les forêts sont un allié essentiel pour lutter contre le changement climatique. Les vastes étendues de forêt comme la forêt amazonienne sont des « aspirateurs » à carbone : les arbres participent à absorber les émissions de carbone excessives rejetées dans l'atmosphère.

L'été dernier, des groupes environnementaux ont annoncé une initiative « 30x30 » - un objectif visant à atteindre 30 % des réductions d'émissions fixées par l'Accord de Paris sur le climat en gérant les forêts de manière durable.

À l'aide d'images satellites, les chercheurs de Global Forest Watch ont pu constater que 12 millions d'hectares de forêts avaient disparus en 2018. Sur ces 12 millions d'hectares, plus de 356 000 hectares étaient des forêts primaires. Également appelées forêts anciennes, les forêts primaires sont des forêts matures qui n'ont pas été perturbées par l'activité humaine au cours de l'histoire récente. Ce sont souvent des points chauds de biodiversité qui abritent des espèces protégées voire inconnues.

Rien qu'au Brésil, près de 1.6 millions d’hectares de forêt primaire ont été perdus. Les activités commerciales telles que l'élevage en ranch, l'exploitation minière et la production de soja sont les principaux facteurs d'explication.

Les écologistes sont de plus en plus préoccupés par le sort de l'Amazonie brésilienne depuis que le pays a élu son nouveau président Jair Bolsonaro, à la fin de l'année dernière. Le nouveau président a promis d'ouvrir l'Amazonie à l'industrie et a récemment sabré le financement des groupes de recherche scientifique et environnementale.

Le rapport souligne que la perte de forêt a commencé avant l'élection de Bolsonaro et qu'il est encore trop tôt pour dire à quel point la politique qu'il souhaite mettre en place aura un impact sur l'Amazonie.

Le Brésil n'est par ailleurs pas le seul pays d'Amérique du Sud à avoir perdu une partie de son couvert forestier en 2018.

La Colombie, où des territoires autrefois contrôlés par les FARC ont été ouverts au commerce l’an dernier, a également connu une légère hausse de la déforestation. Plus de 11 700 hectares ont été rasés l'année dernière.

Le rapport indique enfin que bien que de nombreux pays se soient engagés à réduire la déforestation, les régions clés abritant les forêts les plus anciennes et les plus riches en biodiversité du monde vont dans la mauvaise direction.