71 nouvelles espèces ont été découvertes en 2019

Chaque année, de nouveaux animaux et végétaux sont recensés grâce à d’intrépides explorateurs, mais aussi à l’aide des récents progrès en sciences. L’Académie des Sciences de Californie a listé 71 découvertes à travers le monde en 2019.mercredi 8 janvier 2020

De Paul Chigioni
Photographie De Mark Erdmann © 2019 California Academy of Sciences

Selon de savants calculs mathématiques, notre planète serait peuplée de 8,7 millions d'espèces animales et végétales. Une estimation sujette à débat tant il est complexe d'évaluer la vie dont regorge notre planète. En revanche, la communauté scientifique s’accorde sur un point : il reste un nombre incalculable de nouveaux spécimens à découvrir.

En 2019, l’Académie des Sciences de Californie a apporté sa contribution à l’arbre du vivant en décrivant 71 nouvelles espèces. Grâce aux explorations menées durant l'année dans les endroits les plus reculés du globe, nous sommes désormais en mesure de nommer dix-sept nouveaux poissons, quinze geckos, huit plantes à fleurs, six limaces de mer, cinq arachnides, cinq lézards, quatre anguilles, trois fourmis, deux mousses, deux guêpes, deux raies et deux coraux.

 

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Comme si vivre dans les endroits les plus hostiles de la planète ne suffisait pas, certaines espèces savent aussi très bien se cacher de l'Homme. La Myrmecicultor chihuahuensis, une araignée découverte près d’un nid de fourmis qui venait de s’effondrer dans le désert de Chihuahuan au Mexique – d'où son nom –, passe la plupart de son temps enterrée à la recherche de fourmis. 

Outre les découvertes, un autre rôle joué par les scientifiques est de réactualiser voire redécouvrir d'anciennes espèces. La fleur blanche Trembleya altoparaisensis retrouvée par chance dans le parc national de Chapada dos Veadeiros au Brésil, en est le parfait exemple. 

Récoltée pour la première fois il y a 100 ans par le célèbre botaniste Auguste François Marie Glaziou, ce spécimen de fleur disparaissait fréquemment des radars. 

« Les gens n'imaginent pas que les plantes bougent », explique dans l’étude Ricardo Pacifico, chercheur invité à l'Académie et auteur de cette redécouverte. « Mais elles le font. Lorsqu'un environnement change, les plantes se déplacent vers des zones qui leur conviennent mieux ». L’étude de cette plante rare peut ainsi continuer. D'après Pacifico, cet événement met en lumière la nécessité de recenser tout ce qui pousse dans les parcs.

Depuis l’époque du botaniste François Marie Glaziou, la science a réalisé des progrès considérables. Il est désormais possible d’utiliser plus précisément la génétique pour comprendre la richesse biologique de notre planète. 

« Pour certaines espèces recensées il y a longtemps, les anciennes descriptions peuvent avoir conduit à un mauvais classement. Elles sont donc presque découvertes pour la première fois », analyse Shannon Bennett, chef des recherches en Science et Viabilité écologique à l’Académie.

Des négligences qui peuvent engendrer des situations dangereuses : des raies Dipturus lamillai, une espèce tout juste découverte et inconnue du grand public, étaient vendues sur les étales des marchés coréens comme appartenant à une autre espèce plus commune, la Dipturus chilensis.

Cette nouvelle identification permettra peut-être ainsi de mettre en place un plan de conservation de l’espèce. Car sans dénomination, ces animaux ne bénéficient d'aucun protection et se retrouvent à la merci des braconniers en tout genre. 

« Chaque nouvelle espèce aide à compléter l'arbre de vie, à apporter de nouvelles informations sur la façon dont nous sommes tous liés, la manière dont nous sommes arrivés ici et comment nous survivrons dans le futur », conclut Shannon Bennett. 

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