À Bordeaux, l'exposition événement « Planet or Plastic ? »

National Geographic et le Musée Mer Marine de Bordeaux s'allient pour démontrer que de la crise mondiale des déchets plastique existe bel et bien mais que des solutions existent.

De Nadège Lucas, National Geographic
Publication 13 juin 2022, 11:07 CEST
En Méditerranée au large des côtes d’Espagne, une tortue caouanne est prise au piège dans un ...

En Méditerranée au large des côtes d’Espagne, une tortue caouanne est prise au piège dans un vieux filet de pêche en plastique. Bien qu’elle puisse sortir la tête de l’eau pour respirer, elle serait morte si le photographe ne l’avait pas libérée. La pêche fantôme provoquée par les filets abandonnés représente une grave menace pour les tortues de mer et autres animaux marins.

 

PHOTOGRAPHIE DE Jordi Chias

Hymne à la navigation, à l’exploration et à la protection des fonds marins, quel autre endroit que le Musée Mer Marine de Bordeaux était le plus propice à une exposition permettant d'alerter le public sur l’enjeu environnemental lié à notre consommation excessive de plastique ?

En partenariat avec National Geographic dont la mission historique est d’explorer les merveilles du monde, les raconter, les protéger par la transmission et l’éducation, l’exposition « Planet or Plastic ? » retrace l’histoire du plastique depuis sa création. C’est à travers un travail  photographique exceptionnel, édifiant voire choquant, des vidéos et des infographies que nous réalisons à quel point ce matériau qui a changé et facilité nos vies, les met désormais en danger en asphyxiant notre planète.

Les premières matières synthétiques sont apparues au milieu du 19e siècle comme alternative à l’ivoire utilisé alors dans la fabrication d’ustensiles du quotidien tels que manches de couverts, couteaux, peignes, objets décoratifs ou de divertissement (boules de billard, dominos…). Suite à une campagne en faveur de la protection des éléphants qui étaient abattus pour l'ivoire de leurs défenses et menacés d’extinction, un fabricant de billards offrit une forte récompense à la personne qui trouverait un matériau moins rare et moins onéreux. Défi relevé par John Wesley Hyatt, l’inventeur du celluloïd, une matière composée de cellulose, polymère présent dans les plantes.

Au cours du 20e siècle, ces matières de synthèse ont accompagné l’avènement de l’industrialisation et l’émergence de la société de consommation. Le matériau inventé par John Wesley Hyatt a laissé place au plastique que nous connaissons aujourd’hui quand les industriels ont découvert que l’éthylène provenant des raffineries de pétrole permettait la création de nouveaux polymères aussi solides que légers dont l’élasticité permettait de produire massivement toutes sortes d’objets, dans toutes les formes et à moindre coût.

Le plastique était né, révolutionnant le monde de l’innovation, de la recherche et de la science, favorisant des avancées notables dans la médecine et la conquête spatiale.

« A RAINBOW OF PLASTICS » : Dans la province du Zhejiang à l’est de la Chine, la ville de Yiwu abrite le plus grand marché de gros de petites marchandises au monde – un véritable paradis du plastique. Plus de 70 000 stands installés dans une série de bâtiments reliés vendent toutes sortes de produits, des piscines gonflables aux ustensiles de cuisine en passant par les fleurs artificielles. Le photographe Richard John Seymour a trouvé ce marché à la fois complètement familier, ses marchandises étant disponibles dans le monde entier, et totalement incongru en raison de son volume ahurissant. Avec plus d’un quart de la production mondiale, la Chine est le plus gros fabricant de plastique et en exporte une grande partie.

PHOTOGRAPHIE DE Richard John Seymour

Dans l’industrie automobile, il a apporté plus de légèreté dans les équipements, permettant une consommation moindre de carburant ; dans nos logements les fenêtres en PVC ont remplacé les fenêtres en bois pour une meilleure isolation thermique et des économies de chauffage. Le plastique est également devenu un matériau d’utilité publique, procurant de l’eau potable aux populations qui en sont dépourvues.

Devant ces qualités indéniables, des objets plastiques produits en masse ont envahi notre quotidien. Nous utilisons, jetons et remplaçons sans même y penser, bouteilles, boîtes, emballages, sachets de conservation, sacs et cabas… Sans oublier certains de nos vêtements et les jouets cassés de nos enfants.

Malheureusement, ces objets produisent une quantité effrayante de déchets qui devraient être recyclés. Or, l’exposition « Planet or Plastic ? » de National Geographic nous apprend que 6,3 milliards de tonnes de déchets ne le sont pas. La plupart finissent dans des décharges sauvages et dans les cours d’eau, polluant les sols et finissant leur course dans les océans où toutes les espèces marines en sont victimes, prisonnières des filets de pêche ou empoisonnées par les particules nocives qu’elles ingèrent.

Parmi les photographes emblématiques exposés, Mandy Barker qui, en collectant les déchets échoués sur les plages du monde entier, participe à la sauvegarde de l’environnement tout en devenant lanceuse d’alerte à travers des créations qui utilisent les objets récupérés tels des bouchons de bouteilles ou des cartouches d’imprimantes.

Désireux de contribuer à la prise de conscience collective sur l’impact désastreux de cette pollution, David Liittschwager, photographe et Explorateur National Geographic a réalisé des images d’échantillon d’eau contenant des déchets plastique, et plus choquant encore, l’image d’un albatros mort dont l’estomac est rempli de ce qu’il a avalé.

Très présent également sur cette exposition, le photographe Randy Olson dont le travail fait état de la présence massive du plastique à travers le monde.

Exposition « Planet or Plastic »

PHOTOGRAPHIE DE Musée Mer Marine de Bordeaux

Kathryn Keane, vice-présidente des programmes publics de National Geographic Society, précise : « La pollution plastique est un des enjeux environnementaux majeurs de notre génération », nous enjoignant à réaliser notre dépendance et à mettre en œuvre des solutions visant à résoudre ce problème majeur. 

Grâce à cette sélection remarquable d’images percutantes, le public est confronté à la réalité de cette invasion plastique, de la pollution marine dans tous les océans, de ses conséquences et de sa propre responsabilité à travers ses comportements. 

Le visiteur qui quitte l’exposition « Planet or Plastic ? » repart avec une grande partie de la réponse et avec l’espoir qu’elle a généré : les initiatives mises en place, les campagnes de sensibilisation, de prévention et de préservation inciteront au bannissement des produits non-réutilisables, à la production de produits 100 % recyclables…

Des solutions existent et leur mise en œuvre est autant individuelle que collective. Si l'exposition permet de répondre à la question « Planet or Plastic ? », c’est bien à chacun de nous de nous interroger et d’œuvrer pour un monde plus responsable et durable.

Exposition « Planet or Plastic ? » : à découvrir à partir du 8 juin 2022 au Musée Mer Marine 89 rue des Étrangers 33300 Bordeaux 

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