Des scientifiques ont créé une enzyme capable de détruire le plastique

Selon un récent rapport, des chercheurs ont accidentellement créé une protéine capable de désagréger un certain type de plastiques, qui pourrait se révéler être une avancée écologique majeure.

Un sac plastique flotte dans l'eau près de la côte de Pulau Bunaken, en Indonésie.
Un sac plastique flotte dans l'eau près de la côte de Pulau Bunaken, en Indonésie.
Photographie de PAUL KENNEDY, GETTY

Nous sommes en 2016, au Japon. Des chercheurs découvrent la première bactérie dite « mangeuse de plastique ». Nommée Ideonella sakaiensis, cette bactérie a été retrouvée dans le sol d’une usine de recyclage plastique. Il apparaît qu’elle s’attaque à un seul type de plastique, le polytéréphtalate d'éthylène (PET), composant d’une grande partie des bouteilles en plastique. Les plastiques n’ayant été inventés que dans les années 1940, les scientifiques estiment que cette bactérie doit s’être développée dans les centres de recyclage assez récemment.

Les chercheurs de l'université britannique de Portsmouth et du laboratoire national des énergies renouvelables du ministère de l'Énergie américain ont ainsi souhaité étudier une des enzymes de cette bactérie : la PETase.

L’étude publiée lundi 16 avril dans les Comptes-rendus de l'académie américaine des sciences (PNAS) révèle que les scientifiques ont « conçu par accident une enzyme qui est encore plus efficace pour désagréger les plastiques PET ». Bien qu’accidentelle, il est important de souligner l’avancée que pourrait représenter cette découverte dans le traitement des déchets plastiques : l’amoncellement des plastiques dans des décharges à ciel ouvert, y compris dans l’océan Pacifique jusqu’à créer un 7e continent, devient un des enjeux centraux des préoccupations environnementales.

Cette image à contraste prise par microscopie électronique à balayage montre la bactérie Ideonella sakaiensis.
Photographie de Shosuke Yoshida

« Bien que l'avancée soit modeste, cette découverte inattendue suggère qu'il y a de la marge pour améliorer davantage ces enzymes, pour nous rapprocher plus encore d'une solution de recyclage pour la montagne en constante croissance de plastiques mis au rebut » explique John McGeehan, professeur à l'école de sciences biologiques à Portsmouth.

À présent, l’objectif principal que vont poursuivre les scientifiques est le développement de l’utilisation de cette enzyme à grande échelle afin d’envisager une exploitation industrielle. Pour cela, il leur faut trouver le moyen d’accélérer la capacité de déglutition de l’enzyme car tous les cas de recyclage enzymatique connus à ce jour restent très lents : le plus rapide est observé chez les larves de Galleria Mellonella, capables d’ingérer 92 mg d’un sac plastique en 12 heures.

Par ailleurs, l’un des facteurs que l’étude précise ne pas être en mesure de déterminer au stade actuel est l’effet environnemental que pourrait avoir une large diffusion de cette enzyme dans la nature.

 

Retrouvez Juliette Heuzebroc sur Twitter.

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