Environnement

Guyane : les « poussières du Sahara » dégradent la qualité de l’air

La préfecture de Guyane a placé la région en alerte maximale à la pollution de l’air ce vendredi 5 janvier 2018.

De Juliette Heuzebroc
GUYANE, Crique Gabrielle. À 9 heures d'avion de Paris : un département français en Amérique du Sud ! Merwen Ba, Montpelliérain de 33 ans, y a passé son enfance. Il a eu envie d'y retourner pour réaliser un film aérien. Parmi ses prises de vue, cette crique (petite rivière), réputée être la plus belle de Guyane. Elle traverse une végétation dense, territoire du morpho, un papillon aux ailes bleu électrique. Des excursions en pirogue sont proposées au départ de Roura, à une trentaine de kilomètres de Cayenne.

Depuis le 26 décembre, la Guyane connaît de forts épisodes de dégradation de la qualité de l’air à cause de la présence de « brumes du Sahara ». L’Observatoire régional de l’Air (ORA) a évalué la qualité de l’air à l’indice maximale de dégradation, soit 10 sur une échelle de 1 à 10. La préfecture a placé le territoire en alerte de dépassement du seuil toléré, alerte qui devrait être maintenue dans les jours à venir. Il s’agit du troisième dépassement de seuil en seulement huit jours.

L’indice de la qualité de l’air est calculé quotidiennement par l’ORA selon l’indice ATMO. Cet indice permet d’établir l’état global de la qualité de l’air à partir de la concentration dans l’air de quatre indicateurs de pollution :

? L’ozone (O3)

? Le dioxyde d’azote (NO2)

? Le dioxyde de soufre (SO2)

? Les particules en suspension (PM10)

Cet épisode de pollution est dû à la forte présence de « poussières du Sahara » en suspension dans l’air. L’ORA indique que « des particules désertiques sont arrachées mécaniquement du sol sous l’action du vent, et se déplacent, de l’Afrique à l’Ouest atlantique via la Saharan Air Layer (SAL) ». Le SAL est un courant aérien très chaud et très sec qui circule au-dessus de l’océan Atlantique. Les mouvements de poussière qui y ont trait ne sont pas inhabituels puisque la Guyane connaît, chaque année, une saison des poussières entre février et avril. C’est donc davantage la période à laquelle intervient le phénomène qui le rend inquiétant et exceptionnel.

La préfecture a accompagné le décret d’alerte de recommandations pour prévenir des dangers respiratoires liés à l’épisode. Les autorités préconisent donc de rester chez soi le plus possible et d’éviter toute activité physique.

 

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