Environnement

Islande : le volcan Bárðarbunga est prêt à entrer en éruption

Les tremblements de terre sont un signe avant-coureur de la pression montante dans le système du plus grand volcan d'Islande, le Bárðarbunga.

De Elaina Zachos
Une photo aérienne prise le 14 septembre 2014 montre le Bárðarbunga cracher de la lave et de la fumée au sud-est de l'Islande. Le Bárðarbunga est le deuxième plus haut sommet du pays et se situe non-loin du deuxième plus large glacier d'Europe, le Vatnajöekull.

Le système du volcan islandais Bárðarbunga a été secoué par quatre grands tremblements de terre fin octobre. Les grondements de magnitude 3.9, 3.2, 4.7 et 4.7, sont un signe de la pression montante dans la chambre magmatique du volcan. « La pression augmente dans le système du volcan, c'est une certitude » explique Sara Barsotti, spécialiste des risques volcaniques à l'institut météorologique national islandais. Ces secousses mèneront sans aucun doute à une éruption, mais selon Sara Barsotti, il est difficile de déterminer quand cela se produira, ou quelle sera l'ampleur de la dite éruption.

Ce volcan pourrait être particulièrement dangereux s'il entrait en éruption, étant donné qu'il est en partie situé sous le plus large glacier d'Europe, le Vatnajökull. Les volcans qui entrent en éruption sous la glace peuvent provoquer des explosions violentes et produire de grandes quantités de cendres fines. Quand le volcan islandais Eyjafjallajökull est entré en éruption en 2010, les cendres projetées ont formé un nuage si étendu qu'il a limité le trafic aérien mondial pendant plusieurs jours.

Les tremblements de terre se produisent quand des vibrations élastiques traversent une matière solide, plus spécifiquement là où la roche s'est rompu en profondeur, indique Ben Edwards, géologue à l'université de Dickinson en Pennsylvanie. L'existence et la propagation de ces ondes sismiques ne signifient pas nécessairement que le volcan est prêt à entrer en éruption. Mais situé à 2008 mètres au-dessus du niveau de la mer dans le parc national de Vatnajökull, le Bárðarbunga est un des plus larges et plus actifs volcans d'Islande.

« Quand un volcan commence à entrer en éruption, nous pouvons mieux traquer son évolution que quand il est éteint, » avance Ben Edwards. « D'une certaine manière, il faut attendre que la nature donne le tempo. »

 

UNE HISTOIRE ACTIVE

Si la position reculée du Bárðarbunga semble rendre le danger plus acceptable, il n'en est rien. Une éruption pourrait avoir des effets dévastateurs, au-delà de l'Islande. La dernière éruption de ce volcan a duré d'août 2014 à février 2015. C'était la plus importante éruption jamais enregistrée dans le pays en 200 ans. L'air de l'Europe occidental en a été pollué pendant des mois.

L'éruption imminente pourrait avoir de nombreux effets, qui dépendront essentiellement de son point de départ dans le système volcanique. Un tiers du système volcanique du Bárðarbunga est couvert de glace. Les éruptions sous glace peuvent engendrer des explosions en transformant de larges volumes de glace en vapeur d'eau ; la rencontre du magma et de cette vapeur provoque une réaction en chaîne avec une explosion sous forme de fines particules projetées dans les airs. La lave peut aussi faire fondre la glace et provoquer des inondations.

Quand cette éruption se produira-t-elle ? Selon Sara Barsotti, c'est une question pour l'instant sans réponse, mais les institutions météorologiques islandaises continuent de monitorer l'évolution sismique du volcan. Une nouvelle éruption contredirait les pronostics : selon le Catalogue des volcans islandais, ce volcan entre en éruption tous les 50 ans en moyenne. Or la dernière éruption date de 2014.

 

LE RÉVEIL DES VOLCANS ISLANDAIS

Le Bárðarbunga n'est pas le seul volcan se cachant sous la glace. Le géophysicien Páll Einarsson de l'université d'Islande a expliqué au Iceland Monitor en février 2017 que quatre volcans islandais montraient des signes accrus d'activité et se préparaient à entrer en éruption. Les trois autres volcans sont Katla, Hekla, and Grímsvötn ; Katla étant considéré comme le plus dangereux.

Quand un volcan entre en éruption, la lave est le moindre risque pour les riverains selon Ben Edwards. Le plus dangereux reste la projection de cendres fines dans l'atmosphère, comme l'a montré le nuage engendré par l'Eyjafjallajökull en 2010. Pis encore, en 1783, l'éruption du volcan Laki avait recouvert l'Europe de cendres toxiques et changé durablement le climat mondial pendant plusieurs années.

Pays situé dans la dorsale médio-atlantique, l'Islande vit au rythme des volcans et est préparée aux éruptions. Quand le volcan Eldfell est entré en éruption en 1973, 5 000 personnes ont été évacuées en une journée. Le volcan a continué de rugir pendant six mois, avant que les résidents ne retrouvent leurs terres.

« L'islande est prête et les Islandais sont préparés, » affirme Ben Ewdards.

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