Environnement

Les peuples amérindiens au secours du lac Titicaca

De nombreuses femmes aymaras se mobilisent plusieurs fois par an pour mener des actions de nettoyage de ce lac sacré.

De Juliette Heuzebroc

Haut perché sur la cordillère des Andes, le lac Titicaca, son bleu à perte de vue, ses plages au milieu des montagnes et… ses amas de déchets. Depuis plusieurs années déjà, les peuples amérindiens et les autorités boliviennes et péruviennes tirent le signal d’alarme pour attirer l'attention du public sur  la vague de pollution qui touche ce lac emblématique.

Emmenées par l’initiative de l’ONG Agua, plusieurs dizaines de femmes aymaras nettoient les bords du lac plusieurs fois par an. Lors de ces journées d’action, elles ramassent plus d’une centaine de kilos de canettes, bouteilles, couches ou encore sacs plastiques en tout genre. Ces femmes venues de villages aymaras péruviens et boliviens s’attellent bénévolement à rendre leur beauté aux plages de Santiago de Huata et de Puerto Perez. Ces communautés sont très mobilisées dans la protection du lac étant donné que la pêche reste leur source de revenus principale.

Par ailleurs, le lac Titicaca est considéré comme sacré pour la plupart des peuples amérindiens pour son rôle dans la création de la civilisation des Andes. Dans la culture aymara, Manco Capac - fils du dieu Soleil - et son épouse Mama Ocllo, en aurait surgi et aurait fondé la ville de Cuzco, capitale de l'empire inca.

La saison sèche venue, cette pollution est d’autant plus évidente que le niveau des eaux baisse et laisse apparaître tous les déchets accumulés dans cette étendue d’eau de la taille de la Corse. La majeure partie de la pollution est due à la grande quantité d’eaux usées qui se déversent dans le lac. Phénomène qui rend par ailleurs le bétail malade lorsqu’il s’y abreuve ou s’alimente de totora, les herbes de bords du lac. En octobre 2017, les autorités avaient constaté la mort de pas de moins de 10 000 grenouilles géantes.

Dans cette zone où vivent environ 1,6 million de personnes, les besoins en usines d’assainissement des eaux et en décharges sont pointés du doigt. Ainsi, le Pérou a lancé la construction de 10 usines de traitement des eaux tandis que la Bolivie prévoit d’investir 80 millions de dollars dans des infrastructures similaires.

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