Environnement

Les températures maximales en France pourraient dépasser les 50°C d’ici 2100

Selon une équipe de chercheurs français, de nouveaux records de température supérieurs de 6 à 13°C pourraient être enregistrés d’ici la fin du siècle.

De Maxime Lelong
Photographie De Romeoch

Les chaleurs ressenties lors de la canicule de 2003, responsable de 15 000 à 20 000 décès supplémentaires en France, pourraient devenir banales à l’horizon 2100, selon une étude publiée le 19 juillet dans la revue Environmental Research Letters. Les températures estivales pourraient alors régulièrement dépasser les 50°C dans certaines régions du pays. Les scientifiques tablent sur de nouveaux records de température supérieurs de 6 à 13°C par rapport aux records actuels.

Ces dernières estimations font écho à celles du rapport sur « le climat de la France au XXIe siècle » qui prévoyait, dans ses « scénarios régionalisés », une augmentation des températures moyennes comprise entre 2,6 et 5,3°C en été, entre 2071 et 2100. Cette hausse pourrait notamment engendrer des vagues de chaleur de plus de vingt jours consécutifs, accompagnées d’épisodes de sécheresse aggravés dans les régions méridionales et sur l’ensemble du territoire métropolitain.

Cette nouvelle étude s’appuie sur l’hypothèse la plus pessimiste avancée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), selon laquelle les émissions de gaz à effet de serre continueraient de progresser à leur rythme actuel. À l’aide du programme de simulation météorologique Aladin, développé par Météo France, les chercheurs ont ainsi pu modéliser une simulation extrêmement détaillée du climat que nous pourrions connaître en France d’ici la fin du siècle.

Avec des records supérieurs de 9,6°C dans le sud-ouest de la France, 12,2°C dans le nord du pays et 12,9°C dans l’est, les températures deviendraient infernales dans certaines régions, atteignant parfois les 55°C. « Les vagues de chaleur pourraient aussi avoir un fort impact sur les températures nocturnes, avec de sérieuses conséquences pour la santé humaine », écrivent les chercheurs.

« Nous avons été les premiers surpris par nos résultats : 50 ou 55 °C, c’est énorme », a confié au Monde Samuel Somot, responsable de l’équipe de modélisation régionale du climat au CNRM. Pourtant, difficile de remettre en cause l’étude dont le modèle a déjà fait ses preuves, notamment en fournissant des simulations qui corroborent les résultats obtenus sur des périodes passées.

Le chercheur encourage malgré tout à relativiser la situation et à ne pas céder à la panique : « Nous avons choisi le scénario du pire, en faisant tourner un seul modèle que nous connaissons bien, pour voir où il nous conduisait ». Autrement dit, rien n’est joué et le pire est encore évitable. « Tout dépendra des décisions politiques et économiques qui seront prises dans les années qui viennent, souligne le chercheur auprès du Monde. Si l’Accord de Paris est appliqué, nous nous écarterons du scénario du pire. »

Pour rappel, l’accord de Paris prévoit de limiter à 2°C, voire 1,5°C, le réchauffement climatique par rapport à la période préindustrielle. Mais le temps est compté : « Le climat de la fin du siècle va dépendre du niveau des émissions de gaz à effet de serre des deux prochaines décennies », conclut le scientifique.

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