Espace

Jupiter en photos : une planète plus mystérieuse qu'on ne l'imaginait

Les premiers résultats scientifiques provenant de la sonde spatiale Juno révèlent un monde fait de nuages enchevêtrés, d’un magnétisme intense et d’un noyau visiblement en érosion. Jeudi, 9 novembre

De Nadia Drake
Photographie De NASA

La plus grande planète de notre système solaire est de plus en plus spectaculaire : une véritable source de mystère qui nous en fait perdre notre latin.

Si nous savons depuis des siècles que Jupiter est ornée de bandes de nuages colorées et d’éclaboussures orageuses, les images prises par le vaisseau spatial Juno de la NASA (qui gravite autour de Jupiter depuis juillet dernier) montrent des nuages en filigrane tels qu’il n’en existe nulle part ailleurs dans le système solaire.

Les premiers résultats scientifiques qui ressortent de la mission Juno, présentés dans 46 articles publiés vendredi dernier dans les revues Science et Geophysical Research Letters, dépeignent également une planète dont le fonctionnement diffère de celui imaginé par les chercheurs, du sommet de ses nuages jusqu’à un noyau manifestement érodé de taille démesurée.

« Je pense que tout le monde s’attendait à en apprendre énormément. Cependant, je doute qu’un seul des membres de l’équipe scientifique imaginait que les moindres aspects de la planète recouvraient autant de surprises », explique Scott Bolton, chercheur en chef de la mission Juno.

Collectés au cours de l’orbite scientifique de Juno le 27 août, les premiers résultats révèlent un champ magnétique presque deux fois plus fort que prévu ainsi que l’éruption d’énormes cyclones qui tourbillonnent à proximité des pôles de la planète.

D’autres données suggèrent que le noyau de la planète serait plus large et plus étendu qu’escompté et doté de métaux lourds et de roches se dissolvant lentement dans une couche d’hydrogène métallique sous forme liquide.

Juno a également pu entrevoir les puissantes aurores qui rayonnent près des pôles. Étrangement dépourvus de bandes nuageuses, ces tourbillons pastel composés de tempêtes et de spirales semblent très différents les uns des autres.

Lorsque le vaisseau spatial s’est penché sur l’atmosphère de Jupiter, il y a détecté de l’ammoniac qui surgissait des profondeurs de son enveloppe gazeuse. Le panache de gaz à l’odeur âcre et étouffante pourrait générer de vastes systèmes météorologiques qui font des nuages de la planète les œuvres d’art que nous apercevons.

« J’adore l’apparence des pôles de Jupiter sur nos images : ils sont si beaux et diffèrent tellement de ceux de Saturne », affirme Candy Hansen, du Planetary Science Institute. « Nous sommes tellement habitués à voir les ceintures et les zones de Jupiter que ne pas apercevoir ces structures au niveau des pôles m’a vraiment laissée bouche bée au début. »

Davantage exposée aux tempêtes et plus colorée que sa voisine Saturne, Jupiter est aussi bien plus grande, au point qu’il est possible qu’elle soit façonnée par des processus plus semblables à ceux d’une étoile qu'à ceux d’une planète, explique Scott Bolton.

Alors que Juno gravitera autour de Jupiter encore plusieurs dizaines de fois, des réponses seront apportées à des questions jusqu’ici imprévisibles. Peut-être même qu’à la fin de la mission, le vaisseau spatial permettra enfin aux scientifiques de résoudre le mystère qui se cache sous ces tourbillons de nuages.