9 rendez-vous célestes à ne pas manquer en 2022

Avec deux éclipses de Lune, autant d'éclipses solaires partielles et une multitude de rendez-vous planétaires, l'année à venir s'annonce pleine de rebondissements pour les astronomes amateurs.

Publication 4 janv. 2022, 09:55 CET
Partial Lunar Eclipse

Une éclipse partielle de Lune s'élève au-dessus du temple de Poséidon sur le site archéologie du Cap Sounion, au sud d'Athènes, le 7 août 2017.

Photographie de Petros Giannakouris, AP

En 2022, le ciel nocturne promet à l'observateur averti une foule de merveilles cosmiques. Nous pourrons assister à deux éclipses totales de Lune, un phénomène surnommé « Lune de sang » en anglais pour la couleur cuivrée que prend notre satellite dans l'ombre de la Terre. Des étoiles filantes transperceront la nuit sans que leur luminosité soit altérée par le rayonnement de la Lune et les passionnés d'astronomie pourront observer à l'œil nu la réunion de cinq des plus brillantes de nos voisines. Dans les bonnes conditions, Uranus pourrait même se joindre aux cinq autres planètes visibles sous la forme d'un minuscule point de lumière verte dans le ciel.

Voici un résumé des rendez-vous célestes les plus spectaculaires à marquer d'une croix sur votre calendrier de l'année 2022.

 

3 et 4 janvier : Les Quadrantides à leur maximum

 

 

ILLUSTRATION DE ANDREW FAZEKAS

Pour les observateurs de l'hémisphère Nord, la première grande pluie de météores de l'année 2022, les Quadrantides, atteindra son maximum dans la nuit du 3 janvier et aux premières heures du 4 janvier. Le premier croissant de Lune se couchera tôt dans la soirée et laissera un ciel parfaitement sombre aux heures du maximum, entre minuit et l'aube. Cette pluie de la nouvelle année est connue pour ses étoiles filantes plus brillantes que la moyenne, avec 25 à 100 météores visibles par heure selon les niveaux locaux de pollution lumineuse.

Les Quadrantides doivent leur nom à l'ancienne constellation du Quadrant Mural et leurs étoiles filantes semblent tomber de l'horizon nord-est dans le ciel, au niveau du manche de la Grande Casserole. Comme pour toutes les pluies de météores, la meilleure façon d'apercevoir le plus grand nombre d'étoiles filantes est de trouver un point d'observation à l'écart des lumières de la ville et d'attendre environ 20 minutes pour laisser à vos yeux le temps de s'adapter à l'obscurité.

 

Du 24 mars au 5 avril : Vénus, Mars et Saturne dans un ballet planétaire

 

 

Photographie de ANDREW FAZEKAS

De fin mars à début avril, les lève-tôt des deux hémisphères pourront admirer certaines de nos voisines les plus brillantes dans un majestueux ballet céleste. Une heure avant l'heure locale de lever du Soleil, Vénus, Mars et Saturne formeront un triangle serré au-dessus de l'horizon sud-est. Les 27 et 28 mars, le dernier croissant de Lune viendra compléter cette veillée planétaire.

Les observateurs qui suivent les planètes de jour en jour remarqueront un changement dans leur position. Les planètes formeront un triangle dont les angles évolueront progressivement jusqu'au 1er avril, date à laquelle le trio apparaîtra sur une ligne droite. Début avril, vous pourrez également voir Saturne se rapprocher de Mars jusqu'à ce que les deux astres apparaissent l'un à côté de l'autre entre le 3 et le 5 avril. Le 4 avril, seul un demi-degré séparera les deux planètes, soit le diamètre de la pleine Lune.

 

30 avril : éclipse partielle de Soleil

En 2022, la Lune occultera partiellement le disque solaire à deux reprises. La première éclipse solaire partielle sera visible dans le sud de l'Amérique du Sud et certaines régions de l'Antarctique, du Pacifique et de l'océan Austral. Le 30 avril, la Lune se glissera entre la Terre et le Soleil avec un maximum prévu pour 20 h 41 (UTC), lorsque 64 % du disque solaire sera occulté par la Lune. Pour voir l'éclipse à son maximum, l'observateur devra se tenir dans l'océan Austral à l'ouest de la péninsule Antarctique. Néanmoins, les chasseurs d'éclipses à l'affût dans le sud du Chili ou de l'Argentine devraient être en mesure de voir 60 % du disque solaire masqué par la Lune.

Une protection oculaire est indispensable pour admirer en toute sécurité les différentes d'une éclipse partielle de Soleil. Malgré une luminosité apparente plus faible depuis la Terre, regarder directement le Soleil peut gravement endommager vos yeux, assurez-vous donc d'utiliser des lunettes respectant les normes internationales de sécurité si vous souhaitez observer l'éclipse partielle du 30 avril.

 

30 avril et 1er mai : Vénus a rendez-vous avec Jupiter

 

 

ILLUSTRATION DE ANDREW FAZEKAS

Au cours du mois d'avril, les astronomes en herbe pourront observer juste avant l'aube la brillante Jupiter s'élever de jour en jour au-dessus de l'horizon sud-est. La planète géante se rapprochera progressivement de la lumineuse Vénus et avant l'aube du 30 avril, les deux astres seront si proches qu'ils sembleront presque fusionner. Cerise sur le gâteau, Mars et Saturne seront également visibles dans le ciel, au-dessus à droite de Jupiter et Vénus. 

Il vous faudra repérer un bon point d'observation avec une vue dégagée sur l'horizon sud-est. Cette merveille céleste se produira à proximité du Soleil, l'apercevoir sera donc avant tout une question de synchronisation. L'astuce est de laisser le temps aux planètes de s'élever suffisamment haut dans le ciel matinal pour les observer avant que la lumière de l'aube inonde le paysage. Nous vous conseillons de commencer la séance 30 minutes avant l'heure locale de lever du Soleil.

 

5 et 6 mai : les Êta aquarides à leur maximum

 

 

ILLUSTRATION DE ANDREW FAZEKAS

Le mois de mai réserve une belle surprise aux amateurs d'étoiles filantes : des conditions quasi parfaites pour observer le maximum de la pluie de météores des Êta aquarides. Les heures précédant l'aube du 5 mai devraient offrir la meilleure fenêtre d'observation. Le premier croissant de Lune se couchera tôt dans la nuit et laissera un ciel sombre idéal pour apercevoir l'ensemble des étoiles filantes, même les moins lumineuses.

Le radiant de la pluie de météores, le point duquel semblent jaillir les étoiles filantes, se situera près de la constellation du Verseau, au-dessus de l'horizon sud-est. Compte tenu de cette position, le spectacle favorisera les observateurs situés dans l'hémisphère Sud.

Sous un ciel dégagé à l'écart des lumières de la ville, vous pourrez observer 10 à 20 étoiles filantes par heure dans l'hémisphère Nord et jusque 20 à 30 météores par heure dans l'hémisphère Sud. Bien que les Êta aquarides ne soient pas la plus prolifique des pluies de météores, elles ont la particularité d'être formées par les débris de la célèbre comète Halley.

 

15 et 16 mai : Lune des fleurs

La première des deux éclipses totales de Lune de 2022 se produira le 15 ou 16 mai, selon votre localisation. Ces éclipses surviennent lorsque le Soleil, la Terre et la Lune sont alignés de sorte que la Lune traverse l'ombre de la Terre, ce qui assombrit son disque argenté depuis la Terre et lui donne des nuances cuivrées. Cette première éclipse totale sera visible depuis l'Amérique du Nord et du Sud, l'Europe, l'Afrique et certaines régions asiatiques.

Alors qu'une partie de l'éclipse lunaire se produira après le coucher de Lune pour les observateurs en Afrique et en Europe, les astronomes amateurs de la moitié est de l'Amérique du Nord et de toute l'Amérique Centrale et du Sud pourront observer l'éclipse dans son intégralité. Elle débutera à 21 h 32 heure de l'Est (03 h 32 heure de Paris) le 15 mai, puis atteindra son maximum à 00 h 11 heure de l'Est (06 h 11 heure de Paris) le 16 mai. Le maximum correspond à la phase pendant laquelle la Lune se pare de ses nuances cuivrées les plus intenses.

Puisque la pleine Lune de mai est surnommée « Lune des fleurs » en référence à l'arrivée du printemps et l'éclosion des fleurs dans l'hémisphère Nord, cet événement céleste a été baptisé éclipse de la Lune des fleurs.

 

Du 18 au 27 juin : Alignement de cinq (voire six) planètes

 

 

 

ILLUSTRATION DE ANDREW FAZEKAS

Au mois de juin, les lève-tôt pourront apercevoir un alignement rare des planètes majeures visible à l'œil nu : Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne et peut-être même Uranus en cas de conditions idéales. Pour couronner le tout, la Lune transitera à proximité de chaque planète entre le 18 et le 27 juin.

Les 24 et 25 juin, le dernier croissant de Lune flirtera avec la géante de glaces Uranus et facilitera son observation, notamment si vous utilisez des jumelles ; il vous faudra alors chercher un point distinctement vert. Les plus assidus pourront ensuite observer le rendez-vous de la Lune avec Vénus le 26 juin, puis avec Mercure le 27 juin, lorsque les deux astres sembleront fusionner dans la pénombre matinale.

 

25 octobre : éclipse solaire partielle

Le 25 octobre, la Lune grignotera un morceau de Soleil à l'occasion d'une éclipse partielle visible depuis l'Europe, le Moyen-Orient, une partie de l'Asie de l'Ouest, de l'Afrique du Nord et du Groenland. Semblable à l'éclipse partielle du 30 avril, cet événement du mois d'octobre se produira lorsque la Lune masquera une partie du disque solaire pour l'observateur terrestre. Depuis certains points en Eurasie, la Lune occultera jusqu'à 86 % du Soleil.

La silhouette de la Lune passera devant le Soleil à partir de 8 h 58 UTC (9 h 58 heure de Paris) et l'éclipse atteindra son maximum à 11 h 00 UTC (12 h 00 heure de Paris). Les observateurs sur le continent américain auront moins de chance cette fois, car l'éclipse partielle se produira pendant la nuit pour ces fuseaux horaires. Pour observer à nouveau une éclipse solaire depuis l'ouest de l'Atlantique, il faudra attendre le 14 octobre 2023, date à laquelle une éclipse annulaire sera visible.

 

7 et 8 novembre : éclipse totale de Lune

Les observateurs en Amérique du Nord et du Sud, en Australie, en Asie et dans certains pays européens auront la chance de voir la Lune rougir pour la seconde fois en 2022 à l'occasion d'une éclipse totale de Lune dans la nuit du 7 au 8 novembre. Au Canada, en Nouvelle-Zélande, dans l'ouest des États-Unis, l'est de la Russie et certaines régions de l'est de l'Australie, les astronomes amateurs pourront assister à l'éclipse dans son intégralité. Quant aux habitants de l'est de l'Amérique du Nord et de la majeure partie l'Amérique du Sud, ils ne pourront observer que des phases partielles de l'éclipse en raison du coucher de Lune à l'ouest.

La Lune commencera à s'assombrir le 8 novembre à 3 h 03 heure du Pacifique (12 h 03 heure de Paris) avant de plonger dans la partie centrale de l'ombre de la Terre. L'éclipse s'achèvera à 3 h 41 heure du Pacifique (12 h 41 heure de Paris) et mettra fin par la même occasion à une merveilleuse année d'observation des étoiles.

À vos télescopes !

Andrew Fazekas, le spécialiste des cieux nocturnes, est l'auteur de Backyard Guide to the Night Sky, seconde édition. Retrouvez-le sur Twitter, Facebook, Instagram et YouTube.

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