Des molécules organiques détectées dans les geysers d'Encelade, la lune de Saturne

Sur Encelade, la vie semble possible selon une étude publiée dans Nature. Des scientifiques y ont découvert des molécules organiques complexes, une première dans le système solaire. De quoi relancer les espoirs de trouver, un jour, une vie extraterrestre.

Malgré les apparences, le désert de glace présent sur Encelade, une lune de Saturne, n’est pas si inhospitalier qu’il n’y paraît. Cette conclusion provient des résultats d’une étude parue dans la revue Nature. Selon eux, des composés organiques complexes sont présents dans l’océan subglaciaire qui recouvre tout le satellite. Éjectés dans l’espace par d’immenses geysers au niveau du pôle sud, des échantillons organiques piégés dans la glace ont été récupérés en 2015 par la sonde spatiale Cassini dont le but était d’étudier Saturne et ses satellites.

Après analyse de ces prélèvements, la surprise des scientifiques fut grande car non seulement Encelade renferme des corpuscules d’origine organique mais ces derniers sont supérieurs à 200 unités de masse atomique. Ils appartiendraient à des fragments de grandes molécules organiques complexes. Des résultats satisfaisants qui relancent l’espoir de trouver, un jour, une vie extraterrestre dans notre système solaire.

 

L’HYPOTHÉTIQUE PRÉSENCE DE VIE SE PRÉCISE

Unique dans le système solaire, Encelade répond à toutes les conditions pour accueillir la vie telle que nous la connaissons. Les trois ingrédients indispensables à son développement étant l’eau, la chaleur et la matière organique.

La sonde américaine Voyager 2 était la première à dévoiler l’aspect de cette lune de Saturne en 1981. Dès lors les scientifiques étaient surpris par l’allure très lisse de l’astre. Une planète de ce type doit, en effet, présenter des cratères à son sol. Les spécialistes ont alors conclu que Encelade possédait une activité géologique intense. Cette hypothèse s’est vue valider par Cassini, lorsqu’en 2005 elle a mis en évidence l’existence de geysers à sa surface. L’activité géothermique d’Encelade met ainsi en lumière une potentielle source de chaleur au niveau du noyau.

Une fois que l’activité thermique a été révélée, une partie de la communauté scientifique dont Frank Postberg le chercheur référent de l’étude de Nature, a émis l’hypothèse qu’un océan liquide se trouvait sous l’importante couche de glace d’Encelade pouvant atteindre des kilomètres d’épaisseur. Chauffé par un noyau poreux rempli d’eau, l’océan aurait donc des flux semblables aux cheminées hydrothermales présentes sur Terre.

« Sur Encelade, il est fort probable que les petites molécules organiques proviennent d’une activité hydrothermale conduisant à une chimie complexe au cœur du noyau de la lune. », a déclaré Postberg dans un communiqué de presse de la NASA. « […] il est en effet possible que des molécules organiques complexes puissent se former dans les fortes pressions et températures que nous attendons » sur cette planète.

Lors de son survol au-dessus des énormes panaches de l’astre en 2015, Cassini avait identifié la présence d’hydrogène moléculaire. Cette découverte validerait à la fois l’existence de cheminées hydrothermales mais pose également la question de l’éventuelle présence de microbes sur l’astre gravitant autour de Saturne. L’hydrogène est effectivement une source d’énergie dont les microbes ont besoin pour vivre auprès des évents hydrothermaux sur Terre. Cette potentielle source de nourriture des microbes permet donc de conforter les chercheurs dans leur postulat d’un possible développement de la vie sur la planète.

Même si des traces organiques complexes ont été détectées, il ne faut pas s’y méprendre, le développement d’une quelconque forme de vie est un processus de longue haleine. Encelade est une lune relativement jeune de quelques dizaines de millions d’années. Tandis que la vie sur Terre ne cesse d’évoluer depuis maintenant des centaines de millions d’années.

Les scientifiques prévoient d’envoyer, d’ici 10 à 15 ans, une nouvelle sonde dont le but serait d’analyser en profondeur l’intérieur du satellite afin de mieux comprendre son fonctionnement.

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