Espace

La NASA se lance dans l'exploration solaire

L'extrême chaleur dégagée par le soleil a rendu toute mission solaire impossible jusqu'à maintenant.

De Rachel Hartigan Shea

La NASA s'est engagée dans de nombreuses missions, pour la plupart réussies. L'agence a par exemple envoyé des astronautes sur la lune, lancé la première sonde spatiale dans le vide intersidéral... Mais il était jusqu'à présent inenvisageable de s'engager dans l'exploration solaire. Le plus grand obstacle ? La chaleur extrême dégagée par notre étoile. La température à la surface du soleil est de 5 750°C, mais la température de l'atmosphère solaire extérieure - la couronne solaire - s'élève à plus de 5 millions de degrés Celsius. 

VIDÉO : LE TÉLÉSCOPE SPATIAL FERMI DÉDECTE LA FACE CACHÉE DU SOLEIL 

Comment un télescope orbitant autour de la Terre peut-il détecter la lumière émise par la face cachée du soleil ? Les scientifiques de la NASA se sont interrogés après que le télescope spatial Fermi a détecté des rayons gamma, forme de lumière la plus puissante, générés par les éruptions solaires qui avaient lieu de l'autre côté du soleil.

« Cette inversion de la température est un grand mystère que personne n'a pu expliquer », a déclaré Nicola Fox, scientifique participant au projet « Parker Solar Probe », la mission de la NASA qui vise à « toucher » le soleil.

Mercredi 31 mai 2017, la NASA a annoncé que pour la première fois de son histoire, un vaisseau spatial allait porter le nom d'une personne vivante. La sonde solaire Solar Probe Plus est désormais désignée comme la sonde solaire Parker, en hommage à Eugene Parker, l'astrophysicien qui a développé la théorie du vent solaire en 1958.

Cette nouvelle et ambitieuse mission est rendue possible grâce à un bouclier construit à partir d'un composite carbone-carbone, qui maintiendra les éléments de la sonde à environ 70 degrés. Le lancement de la sonde est prévu pour le 31 juillet 2018. Elle fera ensuite 24 fois le tour du soleil, dont elle s'approchera au plus près à 6 437 376 kilomètres, avec l'assistance des sept sondes de passage à la surface de Vénus.

 

Cette distance est suffisante pour trouver des réponses à l'autre grand mystère du soleil : ce qui crée le vent solaire, les particules chargées dont la course est initiée par le soleil et causent des ravages sur les systèmes électriques de la Terre. « Nous voyons le soleil tous les jours, mais nous en savons très peu sur notre étoile », explique Fox. « Le soleil est le dernier lieu d'exploration important de notre système.»

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