Laniakea, le superamas de galaxies dans lequel gravite la Voie lactée

Notre galaxie appartient à un super amas de galaxies qui s’étendrait sur près de 500 millions d’années-lumière et contiendrait plus de 100 000 galaxies. Des cartographes parviennent peu à peu à tracer les contours d’un « continent » nommé Laniakea.

Publication 30 avr. 2021 à 17:00 CEST
Les scientifiques ont créé la première carte d’un superamas colossal de galaxies connues sous le nom ...

Les scientifiques ont créé la première carte d’un superamas colossal de galaxies connues sous le nom de Laniakea qui abrite de la voie lactée et bien d'autres galaxies. 

Photographie de Daniel Pomarède/IRFU/CEA

« Nous réalisons qu'avec cette découverte nous ajoutons une nouvelle ligne sur votre adresse cosmique : Paris, France, Europe, Terre, Système Solaire, Bras d'Orion, Voie Lactée, Groupe Local, Laniakea » affirme Daniel Pomarède, astrophysicien à l’Institut de recherche sur les lois fondamentales de l’Univers (IRFU).

En 2014, une équipe franco-israélo-américaine d’astrophysiciens découvrait ce système gigantesque dans lequel évolue notre galaxie : Laniakea. R. Brent Tully de l’Université d’Hawaii, Hélène Courtois de l’Université Claude Bernard Lyon 1, Yehuda Hoffman de l’institut de Physique de Racah en Israël et Daniel Pomarède signaient dans la revue Nature un article, fruit d’un travail mené depuis de nombreuses années.

Laniakea signifie « horizon céleste immense » ou « paradis incommensurable » en hawaïen. Sa taille atteint les 500 millions d’années-lumière d'envergure. En comparaison, la Voie lactée atteint environ 100 000 années-lumière. La masse de Laniakea est évaluée à environ 100 millions de milliards de fois celle du Soleil. Il contient 100 000 grosses galaxies comme la nôtre, qui comptent environ 100 milliards d'étoiles chacune, et un million de galaxies naines.

En 2014, la découverte de Laniakea faisait la couverture de la revue scientifique Nature. 

Photographie de Daniel Pomarède/IRFU/CEA

La Voie lactée et les autres galaxies se déplacent à une vitesse propre de 630km/seconde au sein de Laniakea. Pointer un seul télescope vers l’immensité de l'espace ne pouvait évidemment suffire pour cartographier cette super structure. La découverte de Laniakea s’inscrit en réalité dans une longue histoire qui débute dans les années 1950 grâce à l’astronome américaine Vera Rubin, qui pour la première fois a entamé dans le cadre de sa thèse des recherches sur les déviations d’origine gravitationnelle des galaxies. « L’étude des courants cosmiques est très intéressante car elle nous permet de reconstruire la carte des structures qui sont la source de l'attraction gravitationnelle que les galaxies subissent » explique Daniel Pomarède.

Ainsi, les mouvements des galaxies permettent de repérer l’architecture de l’Univers, non seulement la matière cosmique ordinaire, mais aussi la matière noire, celle que l’on n’observe pas. Les cartes ainsi produites nous renseignent sur la question cosmologique de l'uniformité de la distribution de la matière où toutes les structures seraient nées de petites fluctuations primordiales, donnant naissance à la toile cosmique avec des vides, des filaments, des galaxies, des amas de galaxies, des superamas,... 

Dans les années 1970, les études de ces mouvements ont repris, mais elles n'ont alors pas convaincu la communauté scientifique.

Les astrophysiciens continuent de cartographier l’Univers. En 2019 a été publiée la « cartographie des vides » en s’intéressant au Vide Local, Vide d’Hercule, Vide du Sculpteur. Aussi appelés supervides astronomiques, ces régions situées entre les filaments galactiques contiennent très peu de matière visible. En 2020, Daniel Pomarède publiait une découverte du Mur du Pôle Sud, une structure filamentaire aussi grande que le Grand Mur de Sloan « ce Mur a la forme d’un arc qui enlace les frontières australes de Laniakea » précise Daniel Pomarède « il se situe dans une région difficile à observer directement » ajoute-t-il.

La découverte de Laniakea n’est qu’une étape dans la connaissance de l’Univers, cette superstructure ne représente pas 1% de l'Univers observable, en constante expansion. « Le simple fait de cartographier de nouveaux territoires, d'être parmi les premiers à découvrir de nouvelles structures, un peu dans la lignée des explorateurs qui ont tracé les premières cartes du monde. J'aime bien cette filiation ! » sourit Daniel Pomarède.

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