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Les diamants d’une planète disparue mis au jour dans une météorite

Une météorite tombée au Soudan offre des indices sur les protoplanètes qui ont probablement existé dans le passé violent de notre système solaire.

De Sarah Gibbens
Un fragment noir d'une météorite d'uréilite contraste avec les roches de couleur claire que l'on trouve d'ordinaire dans le désert de Nubie au Soudan.

Les diamants qui sont arrivés sur Terre contenus dans des météorites peuvent renfermer les restes des premières planètes de notre système solaire, des mondes qui ont été perdus il y a des milliards d'années, éradiqués par des bombardements et des collisions extrêmes.

 

QUOI DE NEUF ?

Si les Hommes pouvaient remonter le temps, le système solaire qui est le nôtre serait méconnaissable. Au cours des 10 premiers millions d'années d'existence de notre galaxie, les astronomes estiment que des nuées de protoplanètes - des boules de gaz, de poussière et de roche de la taille de Mercure ou de Mars - ont tourbillonné autour de notre jeune soleil.

Ces objets ont fini par entrer en collision, se scindant en de multiples morceaux, ou ont été expulsés du système solaire dans leur intégralité. Leurs restes constituent les huit planètes que nous connaissons aujourd'hui, ainsi que les astéroïdes et autres débris rocheux tournoyant autour du Soleil.

Cependant il a été difficile de trouver des roches spatiales portant les preuves de leur passé de planètes. Une nouvelle analyse publiée dans Nature Communications suggère que les diamants piégés dans une météorite rare appelée ureilite apportent les preuves de l'existence de ces premiers mondes.

 

COMMENT L'ONT-ILS DÉCOUVERT ?

« Normalement, pour étudier l'immensité de l'univers, nous avons recours aux télescopes. Ici nous parlons du passé, donc c'est différent. Nous avons recours au microscope électronique », explique l'auteur de l'étude, Farhang Nabiei de l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne, un institut de recherche en Suisse.

Nabiei a commencé par examiner un morceau d'ureilite tombé dans le désert de Nubie au Soudan en 2008. Cette météorite contient de minuscules diamants, longtemps vantés par les chercheurs comme étant des enveloppes parfaites pour les minéraux, car ils sont capables de résister à une pression extrême. 

Le microscope électronique a révélé que les diamants contenus dans la météorite abritaient des minéraux spécifiques contenant du fer et du soufre qui se sont probablement formés à des pressions supérieures à 20 gigapascals. À titre de comparaison, l'homme moyen dégage environ 14 000 pascals en marchant, et un gigapascal équivaut à un milliard de pascals.

« C'est la première fois que nous trouvons des inclusions dans des diamants extraterrestres », explique Nabiei.

 

POURQUOI C'EST IMPORTANT

Selon les auteurs de l'étude, les minéraux n'auraient pu se former à des pressions aussi grandes s'ils provenaient de grands objets de la taille d'une planète, comme les protoplanètes qui auraient peuplé notre système solaire primitif.

« [La découverte] confirme les théories sur la formation de notre système solaire », explique Nabiei.

Parmi les météorites collectées sur Terre, 480 peuvent être classées comme uréilites, et Nabiei prévoit d'utiliser plus de matériel extraterrestre pour percer à jour l'infime partie de l'histoire cosmique qu'elles renferment.

« [Les uréilites] peuvent nous donner une meilleure idée de la formation et de l'évolution des planètes dans le système solaire primitif », ajoute-t-il.

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