Michael Collins, astronaute et troisième homme d’Apollo 11, s'est éteint

Il était le troisième homme de la mission Apollo 11 qui a mené l'Homme sur la Lune. Il s'est éteint le 28 avril 2021, à l’âge de 90 ans.

Publication 29 avr. 2021 à 16:32 CEST
Michael Collins

Michael Collins se prépare pour la mission Apollo 11. Le 19 juin 1969, il a été photographié en train de travailler dans le simulateur du module de commande et de service, un mois avant le lancement de la mission en Floride.

Photographie de NASA

Michael Collins, l’astronaute qui a piloté le module de commande de la mission Apollo 11 destinée à se poser sur la Lune, s’est éteint le 28 avril 2021, à l’âge de 90 ans. « Nous avons le regret d’annoncer que notre père et grand-père tant aimé est décédé aujourd’hui, après une vaillante lutte contre le cancer », a écrit sa famille dans un communiqué public.

Les 20 et 21 juillet 1969, Collins orbitait à plus de 110 km de la surface de la Lune alors que Neil Armstrong et Edwin « Buzz » Aldrin exploraient le sol de ce satellite juste en-dessous. Collins a été surnommé « l’astronaute oublié », puisqu’il était le troisième membre de l’équipage d’Apollo 11 mais qu’il n’a pas foulé le sol lunaire. Pourtant, il allait devenir le plus important témoin de la première mission de l’Homme sur la surface d’un autre monde, notamment grâce à son autobiographie Carrying the Fire: An Astronaut’s Journeys, publiée non sans émotion en 1974.

C’est également l’astronaute qui a rapporté avec lui le point de vue le plus unique de l’évènement. Il a assisté à l’exploit, non pas depuis son poste de télévision, mais bien en scrutant la surface lunaire depuis le hublot de son vaisseau spatial, tout en pensant « aux vicissitudes de [ses] deux amis sur la Lune et à leur retour incertain jusqu’à [lui] ».

Isolé pendant plus de 21 heures au sein du module de commande Columbia, l’orbite de Collins autour de la Lune prenait deux heures. L’astronaute de 38 ans était coupé de communication chaque fois qu’il passait derrière la face cachée de la Lune. Il s’agit de la région de l’espace la plus lointaine que les Hommes aient visitée pour le moment.

« Je suis seul maintenant, vraiment seul, et affreusement isolé de toute forme de vie connue », a confié Collins dans son autobiographie. « Je ressens de la puissance [de cette expérience]. Il ne s’agit pas de peur ou de solitude, mais bien d’une prise de conscience, d’impatience, de satisfaction, de confiance, presque d’exultation. »

Après s’être aventuré autour de la Lune, il s’est efforcé de pousser les Hommes à partir à l’exploration de Mars. Michael Collins a été membre du conseil d’administration de la National Geographic Society pendant 24 ans. En 1988, il a rédigé un article pour le magazine National Geographic dans lequel il expliquait comment atteindre la planète rouge.

« Je ne peux pas miser sur quoi que ce soit de tangible concernant notre capacité à atteindre des lieux reculés. Je pense qu’il faut viser ce qui est intangible », m’a-t-il déclaré en 2019 lors d’une interview pour le 50e anniversaire de la mission Apollo 11. « Je pense simplement que l’humanité est régie par un désir inné d’explorer au-delà des frontières, de continuer à voyager. »

 

CAP SUR LA NASA

Né à Rome le 31 octobre 1930, Collins a suivi un parcours similaire à celui de la plupart de ses collègues astronautes. Avant de rejoindre l’agence spatiale, il a été pilote d’avions à réaction expérimentaux pour l’armée. Son père, James Lawton Collins, était un officier de l’armée américaine. Sa carrière a obligé sa famille, dont le frère et les deux grandes sœurs de Collins, à déménager dans le monde entier. Ils se sont finalement installés à Washington D.C. après le début de la Seconde Guerre mondiale.

Après le lycée, Collins est rentré à l’Académie militaire de West Point à New York, après quoi il a rejoint les rangs de l’armée de l’air américaine. Il est ainsi devenu pilote d’essai pour la base aérienne Edwards en Caroline du Sud. Il a piloté des avions à réaction surpuissants tels que le Lockheed F-104 Starfighter. Ses vols d’essai atteignaient les 90 000 pieds.

En 1962, sa première candidature pour devenir un astronaute de la NASA a été rejetée. Ce sont trois des collègues de Collins qui ont été sélectionnés, des pilotes d’essai de l’armée de l’air, notamment Neil Amstrong, qui était pilote d’essai à Edwards à l’époque.

« Mon propre échec a bien évidemment été un coup dur, même si je n’avais jamais vraiment imaginé réussir », a-t-il livré dans son autobiographie. Sa lettre de refus expliquait qu’il ne répondait pas aux « exigences spécifiques du programme des astronautes ».

Missions Apollo : la nouvelle ère spatiale

« Les exigences spécifiques, hein ? Eh bien, si je ne les avais pas, pouvais-je au moins les obtenir ? » En tant que « perpétuel optimiste » et sachant que deux autres astronautes de la NASA avaient déjà été rejetés avant de rejoindre les rangs de l’agence, il a décidé de renvoyer sa candidature l’année suivante. Cette fois-ci, il a été sélectionné pour rejoindre le groupe d’astronautes 3 de la NASA, aux côtés de son collègue Buzz Aldrin, un autre membre de la mission Apollo 11.

La première mission de Collins dans l’espace ne s’est pas tout à fait passée comme prévu. Au cours de la mission Gemini 10, accompagné par son collègue John Young, Collins a effectué une sortie extra-véhiculaire jusqu’à un vaisseau inhabité connu sous le nom d’Agena. La NASA l’avait placé en orbite afin d’entraîner les astronautes pour le rendez-vous spatial. Mais il n’a pas immédiatement réussi à s’agripper fermement au vaisseau spatial et il a dérivé.

« Une chose en entraînant une autre, me voilà au bout d’un câble ombilical de 15 mètres et en regardant derrière moi, j’ai vu John dans le cockpit ouvert, puis le Gemini, et enfin l’Agena », m’a-t-il raconté en 2019. « Je me suis dit que nous allions tous les trois nous emmêler et former une petite boule avec ce câble ombilical de 15 mètres. »

Il a écrit dans son livre que « regarder Apollo 8 transporter ces hommes au-delà de la Terre pour la première fois de l’histoire » était « un évènement plus impressionnant que l’atterrissage sur la Lune à bien des égards. » Peu de temps après cette mission, Collins a été sélectionné pour devenir le pilote du module de commande d’Apollo 11. C’est lui qui était responsable du vaisseau spatial en orbite lunaire pendant qu’Amstrong et Aldrin parcouraient la surface de l’astre.

 

PRÉSERVER L’HISTOIRE DE L’EXPLORATION SPATIALE

Michael Collins a pris sa retraite en 1970 mais a continué de s’impliquer dans l’exploration spatiale d’une manière ou d’une autre pendant la majeure partie de sa vie. Il a été le directeur du National Air and Space Museum de la Smithsonian Institution de 1971 à 1978. « Des objets [témoignant] de sa vie extraordinaire seront exposés dans notre musée pour toujours », a annoncé Christopher Browne, le directeur par intérim du musée, dans une communication publique le 29 avril.

Malgré la valeur des combinaisons spatiales qu’il a portées et des vaisseaux qu’il a pilotés, l’héritage le plus important que Collins laisse derrière lui est sûrement son livre. Il renferme l’une des plus grandes aventures de l’humanité. Il termine son autobiographie par une réflexion sur la manière dont le vol vers la Lune a changé sa vie. Il questionne aussi comment les voyages au-delà de la Terre bouleversent la perspective humaine. 

« Même si j’ai l’impression d’être la même personne, j’ai également l’impression d’être différent des autres. J’ai visité des endroits et fait des choses que vous ne croiriez simplement pas. »

 

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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