Espace

Pluton est plus grande qu'on ne le pensait

La planète est l’un des nombreux corps gelés de la ceinture de Kuiper, un vaste anneau composé de débris situé au-delà de l’orbite de Neptune.

De Nadia Drake

Pluton, petite planète naine gelée à l’extrémité du système solaire, a été officiellement déclaré l’astre le plus grand de son voisinage. La planète est l’un des nombreux corps gelés de la ceinture de Kuiper, un vaste anneau composé de débris situé au-delà de l’orbite de Neptune. Cette dernière décennie a été marquée par l’incertitude à propos de qui de Pluton ou de la planète naine Eris, découverte récemment, remporterait le titre de plus grand astre de la ceinture.

Aujourd’hui, la question ne se pose plus.

« Pluton est un peu plus grosse qu’on ne le pensait, » a déclaré Alan Stern, chercheur principal de New Horizons, au cours d’une conférence de presse ce matin. « Cela met fin au débat portant sur le plus grand objet de la ceinture de Kuiper. »

D’après les scientifiques de l’équipe de New Horizons, la largeur de Pluton est d’environ 2 370 kilomètres (à une vingtaine de kilomètres près), soit une cinquantaine de kilomètres de plus que celle d’Eris. Cette dernière garde la première place en ce qui concerne sa masse, ce qui signifie que les deux astres sont composés d’ingrédients assez différents. En fait, le diamètre de Pluton est suffisamment large pour forcer les scientifiques à reconsidérer sa composition et d’autres caractéristiques telles que son atmosphère.

Découverte en 1930, Pluton a entretenu le mystère sur sa taille exacte jusqu’à aujourd’hui. Son atmosphère d’azote dense complique la tâche des télescopes ayant pour mission d’observer sa surface. Ainsi, il était impossible de déterminer la largeur précise de Pluton à distance. Maintenant que New Horizons entre dans son proche voisinage, il est possible de répondre à cette question récurrente, et aussi à d’autres.

Aujourd’hui, les scientifiques ont présenté d’autres données en provenance de la sonde spatiale. Premièrement, la calotte polaire nord présumée qui avait été repérée récemment est bien une calotte polaire. Les résultats indiquent une composition de glace d’azote et de méthane, que l’on retrouve tous deux sur les régions glacées à la surface de Pluton. De plus, cela fait maintenant cinq jours que la sonde détecte l’atmosphère d’azote de Pluton qui s’échappe. Cette détection est arrivée bien plus tôt que prévu.

 

PHOTO DE FAMILLE

Les images publiées le 14 juillet 2015 offrent aussi les meilleurs aperçus jamais réalisés de Pluton et de sa grosse lune Charon, deux astres qui n’auraient absolument rien à voir s’ils n’étaient pas coincés dans une danse virevoltante l’un avec l’autre.

Pluton, grande et orangée, est recouverte de taches sombres et de taches claires. Pour l’instant, sa surface colorée apparaît relativement lisse et dépourvue de falaises et de cratères. Mais cela pourrait changer au fur et à mesure de New Horizons se rapproche.

« Pluton est recouverte d’éléments de toutes formes qui la rendent très différente des autres planètes gelées qu’il nous a été donné d’observer jusqu’à maintenant, avec l’exception possible de Triton », explique Paul Schenk du Lunar and Planetary Institute, faisant référence à la lune de Neptune que de nombreux scientifiques comparent à Pluton. Au fur et à mesure que New Horizons se rapproche de Pluton, on se rend compte que les deux astres diffèrent curieusement.

Charon n’est pas orangé. C’est une sphère gris foncé avec un pôle encore plus sombre. Il est criblé de cratères et parcouru de fractures, et ressemble à un mélange des petites lunes gelées que l’on retrouve en orbite de Saturne et Uranus. « Charon est beaucoup plus uniforme [en couleur] à l’exception de sa tache noire », commente Schenk. « Nous allons rechercher s’il y a un lien avec des objets en provenance de Pluton qui s’écraseraient sur le pôle. S’agit-il de quelque chose que nous pouvons identifier ? N’est-ce pas la bonne réponse ? Nous ne le savons pas encore ». Pour l'instant.

Le survol qui aura lieu demain révèlera des détails encore jamais vus sur les deux astres. « Si on arrivait à transporter Central Park sur Pluton, on pourrait identifier les étangs de Central Park » au moment le plus proche, explique Cathy Olkin, scientifique et chargée de projet pour New Horizons.

Bientôt, New Horizons va rassembler des tas et des tas de données, révélant par là-même tous les secrets que ces astres ont gardés depuis 4,6 milliards d’années.

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