Recrutement d'astronautes européens : l'ESA veut conjuguer le rêve spatial au féminin

Le recrutement de la future promotion d’astronautes européen.ne.s a commencé. Il sera plus inclusif et notamment plus féminin. Les candidat.e.s ont jusqu’au 18 juin pour tenter de rejoindre, un jour, la station spatiale internationale.

Publication 9 juin 2021, 16:37 CEST
Une sortie dans l'espace historique. Station spatiale internationale (ISS).  Après sept semaines passées à bord de l’ISS, ...

Une sortie dans l'espace historique. Station spatiale internationale (ISS).  Après sept semaines passées à bord de l’ISS, Robert Behnken (sur la gauche) et Chris Cassidy sont sortis de la station. Leur objectif : installer une boîte à outils sur un robot de l’Agence spatiale canadienne et effectuer diverses tâches d’entretien. Une sortie qui a duré cinq heures et demie.  Il s’agissait de la dixième pour Cassidy et Behnken, et de la trois centième pour des astronautes américains. Douglas Hurley, le partenaire de Behnken dans la capsule Crew Dragon, les a pris en photo depuis l’intérieur de l’ISS. Douze jours plus tard, Behnken et Hurley ont achevé leur mission par un amerrissage dans le golfe du Mexique.

 

Photographie de DOUGLAS HURLEY

« La diversité au sein de l'ESA ne doit pas seulement tenir compte de l'origine, de l'âge, des antécédents ou du sexe mais peut-être aussi des handicaps physiques,» a déclaré David Parker, directeur de l'Exploration humaine et robotique à l'Agence Spatiale Européenne en conférence de presse.

Pour cette nouvelle sélection, de plus en plus de femmes tentent leur chance pour tenter à leur tour l’aventure spatiale. Il était important pour l’agence spatiale de diversifier les profils autant dans les parcours des candidats qu'en termes de genres.

« Lorsque j’ai vu que l’ESA recrutait, je me suis dit, ça, c’est pour toi ! » affirme Laura Jourdan. Pour cette jeune femme, devenir astronaute n’était pas le grand rêve de sa carrière, même si elle avoue « y avoir pensé quand elle était petite ». C’est la campagne de communication de l’ESA qui a convaincu cette femme de terrain. « Pour moi, cette expérience spatiale pourrait être la prochaine étape de ma carrière » affirme-t-elle. Cette biologiste de formation, « prise par le virus des pôles », a été matelote sur des bateaux d’expéditions, guide polaire puis guide spécialisée auprès des mammifères marins. L’Antarctique, le Canada, la Norvège, les Svalbard, Laura aime le challenge, l’aventure et n’a pas peur d’affronter les milieux hostiles. « Depuis mon plus jeune âge, mes parents ont compris que je n’allais pas beaucoup être à la maison » plaisante-t-elle.

Laura Jourdan prépare sa candidature à la prochaine sélection d'astronautes de l'ESA. Habituée des milieux hostiles, la jeune femme continue sans cesse son apprentissage pour mettre toutes les chances de son côté. 

Photographie de Laura Jourdan

Les critères de sélection sont assez nombreux : il faut avoir un master dans une discipline scientifique, avoir trois ans d’expérience professionnelle attestant d’une prise de responsabilité, et parler plusieurs langues. « Chaque expérience supplémentaire apporte aux candidats un petit plus » atteste Laura. Enfin il faut être en bonne santé et respecter un rapport poids/taille compatible avec les vaisseaux spatiaux.

Déjà polyglotte, Laura continue sans cesse d'apprendre de nouvelles langues, notamment le russe. Elle se forme également à l’aviation. « Je ne me vois pas travailler dans un milieu qui n’est pas international. Quand je travaillais sur un bateau, il m’arrivait de côtoyer 15 nationalités en même temps »

Lorsque l’on demande à Laura si certaines femmes astronautes l’inspirent, elle pense immédiatement à Claudie Haigneré, la première femme française à avoir participé à une mission au sein de la Station Spatiale Internationale (SSI). « C’est une femme formidable qui a gagné sa place uniquement grâce à ces compétences et son travail. Nous nous sommes écrit par mail, elle m’a encouragée » conclut Laura.

ESA insiste particulièrement sur la féminisation des postes à responsabilités. Actuellement, une seule femme, l'italienne Samantha Cristoforetti, est présente parmi les astronautes européens en activité.

En 2022, son expérience la propulsera au rang de commandante de la Station spatiale pour la mission Expédition 68a. Samantha Cristoforetti deviendra ainsi la première femme européenne à diriger une mission spatiale avec ce grade. « Aujourd’hui, nombreuses sont les Italiennes qui la considèrent comme un modèle » rapportaient nos confrères du Petit Journal de Rome.

 

12% D’ASTRONAUTES FEMMES DANS LE MONDE

Depuis 28 ans, Ersilia Vaudo Scarpetta occupe le poste de cheffe de la diversité au sein de l'Agence spatiale européenne. Cette astrophysicienne de formation a tout au long de sa carrière fait attention à l’inclusion et la diversité dans le monde de l’aérospatiale.
Aujourd’hui, environ 12% des astronautes dans le monde sont des femmes, un chiffre bas qu'Ersilia tente de rectifier. « L’innovation vient d’idées, de point de vue différents. Si nous sommes tous les mêmes, on ne peut pas imaginer d’autres choses » affirme-t-elle.

Le sélection des futurs astronautes de l'ISS s'effectue en plusieurs étapes. Les aspects médicaux, psychologiques et psychomoteurs jouent un rôle extrêmement important pour cette sélection. La liste des candidat.e.s retenu.e.s sera dévoilée le 22 octobre 2022. 

Photographie de ESA

Ce chiffre apparaît dans les statistiques dès l’accès à des études supérieures scientifiques, techniques, d’ingénierie et les mathématiques, se forme alors de fortes disparités pour accéder à des postes de responsabilité dans l’aérospatiale.  

« Il y a sûrement un problème d’éducation mais c’est compliqué de faire changer les choses. C’est pour cela que nous sommes mobilisés à l’ESA » ajoute-elle.

 

« ON NE PEUT ÊTRE EXCELLENTS QU'AVEC DES TALENTS DE TOUS HORIZONS »

Cette campagne sera inclusive au-delà du genre, puisque pour la première fois de l’histoire des campagnes de recrutement d’astronautes, l’ESA ouvre un projet d’accessibilité à des astronautes porteurs de handicaps.

« On veut mettre en place toutes les conditions pour qu’un astronaute avec une invalidité puisse participer à l’aventure de l’exploration spatiale » assure Ersilia Vaudo Scarpetta.

Le recrutement de ces parastronautes se fera sur quelques critères : les personnes avec un handicap d’un ou des deux membres inférieurs, amputation ou déficience congénitale, les personnes ayant une jambe plus courte que l’autre ou les personnes atteintes de nanisme.

Pour chaque cas, l’ESA s’engage à apporter les adaptations nécessaires dans les procédures, dans le matériel, les fusées, la station orbitale, pour permettre à terme à un astronaute handicapé de voler dans l'espace. Les candidat.e.s retenu.e.s seront annoncé.e.s le 22 octobre 2022 par l'ESA. 

La station spatiale internationale en images
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