Sept mois plus tard, Philae se réveille

Philae, le petit robot envoyé explorer une comète, s'est réveillé après sept longs mois d'hibernation.

De Michael D. Lemonick
On voit sur cette image l'un des trois pieds de Philae.
On voit sur cette image l'un des trois pieds de Philae.
photographie de (ESA/Rosetta/Philae/CIVA)

Article publié le 15 juin 2016

 

Tard le soir du 13 juin 2016, le centre d’opération de l’Agence spatiale européenne (ESA) à Darmstadt en Allemagne a reçu une transmission d’une durée de 85 secondes en provenance de Philae. C’est la première fois que le robot donnait un signe de vie depuis novembre 2015.

Pour l’instant, Philae a renvoyé plus de 300 lots de données sur Terre. Les scientifiques sont certains d’avoir à nouveau des nouvelles du robot. Ce sera le moment de voir si Philae est prêt à se remettre au travail.

« Philae va très bien », explique le chef du projet Stephan Ulamec, dans une longue publication sur le blog de l’ESA. « L’atterrisseur est opérationnel. »

La sonde Rosetta de l’Agence spatiale européenne a envoyé Philae en novembre 2015 se poser à la surface de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko. Cela faisait trois mois que Rosetta orbitait autour de la comète, et il était temps que Philae aille récolter des données sur ce voyageur interplanétaire.

L’équipe de la mission avait choisi un joli site d’atterrissage pour Philae, non loin de la tête du canard, avant de l’envoyer doucement vers sa mission. Mais au lieu de rester au sol, Philae a rebondi. Plusieurs fois. Quand il a enfin fini par s’arrêter, Philae n’était pas du tout au site d’atterrissage prévu. Les premières images capturées par le robot montrent qu’au lieu de se poser sur un site ensoleillé, il était dangereusement proche de zones ombragées. Très mauvaise nouvelle pour ses batteries solaires.

Pendant 60 heures, Philae a frénétiquement collecté et envoyé des données avant de tomber en hibernation à cause de l’ombre incessante qui lui pompait toute son énergie.

Les scientifiques espéraient que Philae se réveillent alors que Tchouri se rapprochait du soleil, mais personne ne savait quand cela arriverait (et même si cela arriverait bien). Jusqu’à hier soir. En fait, il semble que cela fait un petit moment que Philae est réveillé, mais il n’avait pas encore réussi à contacter la Terre. « Nous avons également reçu des données historiques – jusqu’à maintenant, cependant, l’atterrisseur n’avait pas été capable de nous contacter », a déclaré Ulamec.

Au cours des sept derniers mois, l’équipe (et une quantité d’internautes passionnés) ont passé des heures et des heures à chercher le petit robot, mais même les meilleures images de Rosetta n’ont pas permis de révéler l’emplacement de l’atterrisseur. Il suffira peut-être de recevoir un peu plus de données en provenance de Rosetta pour localiser sa position exacte sur la comète.

« Les futurs échanges nous aideront peut-être à raffiner nos recherches », dit Matt Taylor, scientifique sur le projet de l’ESA. « Mais au bout du compte, il va falloir qu’on se rapproche pour prendre des images. »

Les scientifiques travaillent désormais à optimiser la trajectoire de Rosetta autour de Tchouri pour communiquer avec Philae. Le moment est un peu ironique. « Nous étions à Rome la semaine dernière pour une conférence scientifique à propos de l’optimisation des trajectoires pour une meilleure communication » raconte Taylor. « Et cela se produit avant même que nous l’ayons mis en application. Nous travaillons encore plus dur pour réaliser cette optimisation. »

On observe bien la traînée de gaz et de poussière de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko sur cette image datée du 5 juin 2015.
On observe bien la traînée de gaz et de poussière de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko sur cette image datée du 5 juin 2015.
photographie de (ESA/Rosetta/NavCam)
Philae, es-tu là ?
Philae, es-tu là ?
photographie de (ESA/Rosetta/MPS pour OSIRIS Team MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/IDA)
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