Une exoplanète a été découverte à 8,3 années-lumière de la Terre

Une Super-Terre a été découverte par l’Observatoire de Haute-Provence, à seulement 8,3 années-lumière de notre planète.

Baptisée GI411b, cette planète vieille de quelques milliards d’années est la troisième plus proche de notre système solaire. Située dans la constellation de la Grande Ourse, dans le Système GI411, elle a été découverte grâce au spectrographe SOPHIE, installé sur le télescope de l’Observatoire de Haute-Provence. Les deux planètes les plus proches observées sont actuellement Proxima du Centaure b, repérée par l’ESO au Chili et située à 4,14 années-lumière de nous et GI699b, située à 6 années-lumière de nous et détectée par l’Observatoire de Calar Alto en Espagne. GI411b est donc la planète la plus proche détectée par l’Observatoire de Haute-Provence. 

 

OBSERVATIONS ET ANALYSES DE GI411b

« Si pour l'instant nous n'avons détecté qu'une seule planète autour de Gl411 cela peut juste dire que nous avons détecté la planète la moins difficile à détecter » explique Xavier Delfosse, chercheur à l’Institut de planétologie et d’astrophysique de Grenoble, responsable d’une équipe à la recherche de ces exoplanètes voisines. « Je préfère dire la moins difficile que la plus facile, car sa détection reste compliquée et SOPHIE nous a vraiment permis de réaliser une détection complexe »

Cette planète, dont la masse représente trois fois celle de la Terre, est en orbite autour de l’étoile Gl411 et en fait le tour en seulement 13 jours. « En analysant de manière très détaillée nos données, il se révèle clairement qu’une planète est en orbite autour de cette étoile » explique Melissa Hobson, doctorante au Laboratoire d’astrophysique de Marseille. En effet, en mesurant très précisément le changement de vitesse de l’étoile, SOPHIE a détecté de petites perturbations gravitationnelles provoqués par la masse de la planète sur son étoile. L’équipe de chercheurs a de ce fait conclu à l’existence d’une planète autour de Gl411. GI411b est très proche de cette dernière : la distance qui la sépare de son astre est de 0,08 Unités Astronomiques, soit cinq fois plus proche que Mercure ne l’est de notre Soleil.

S’il est difficile de capter des informations concernant sa formation, « la présence d'une planète rocheuse proche de son étoile correspond au modèle de formation classique, où une planète se forme d'abord par agrégation de petits blocs solides, avant que la gravité de la planète jeune ne soit suffisante pour qu'elle puisse accréter plus de matière autour d'elle » avoue Xavier Delfosse.

 

UNE PLANÈTE FINALEMENT PLUS PROCHE DE VÉNUS ?

L’étoile Gl411 est plus froide que notre Soleil ; sa température de surface est de 3 300°C, contre 5 500°C pour le Soleil. Cependant, sa proximité avec son étoile fait que Gl411b reçoit ainsi de son étoile 3,5 fois plus d’énergie que la Terre n’en reçoit du Soleil. Cela la place en deçà de la zone habitable. « Elle reçoit a priori trop d'énergie de son étoile pour pouvoir avoir de l'eau liquide à sa surface » indique Xavier Delfosse.

Selon les chercheurs, il est donc probable que cette planète ait davantage de points communs avec Vénus, la planète étant trop chaude pour contenir de l’eau. « Ici c'est surtout en termes de température que nous faisons la comparaison. Elle est certainement chaude, même si la température de surface n'est pas connue car elle dépend d'autres éléments comme de l'effet de serre dans son atmosphère, avec une température se rapprochant plus de celle de Vénus que de celle de la Terre. Mais nous n’en sommes pas encore là dans les recherches » précise le chercheur.

S’il n’est pas possible d’effectuer plus d’observations avec les moyens techniques actuels, GI411b est la planète tellurique la plus prometteuse pour les observations futures grâce au contraste qu’elle forme avec son étoile. « Pour illustrer cela, le contraste lumineux entre le Soleil et la Terre est de 1/10 Milliards, la Terre est 10 milliards de fois moins lumineuse que le Soleil. Le contraste lumineux entre planète et étoile dans le cas de Gl411 est de 1/10 millions, donc 1 000 fois plus favorable. Cela provient du fait que l’étoile Gl411 est beaucoup moins lumineuse que le Soleil. »

« Il est très excitant de savoir que l'on pourra avoir des mesures directes de cette planète d'ici 10-15 ans » lorsque les outils d’observations seront plus performants, « avec la génération de télescopes géants (diamètre du miroir de 30-40m, contre 10m aujourd'hui) qui sont en phase de conception et construction aujourd'hui » conclut Xavier Delfosse.

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