Partout dans le monde, les attaques contre les enfants se multiplient

Qu'il s'agisse de conflits internationaux ou de guerres civiles, les enfants deviennent des cibles récurrentes lors des affrontements, selon un récent rapport de l'UNICEF.jeudi 4 janvier 2018

De Juliette Heuzebroc
Dans la cour d'une maison, un enfant se tient près d'un feu de camp pour se réchauffer après avoir fui un combat entre Daesh et les forces armées irakiennes à Tall Kaysumah, dans l'ouest de Mossoul en Irak. Samedi 4 mars 2017.

2017 marque un tournant décisif dans l’escalade de la violence à laquelle font face les enfants du monde entier. Bien plus que des témoins, les enfants sont devenus la pierre angulaire de stratégies de guerres. Des viols aux mariages forcés en passant par l’esclavage, les crimes de guerre dont sont victimes les enfants pour faire pression sur toute une nation sont de plus en plus nombreux, selon un nouveau rapport de l'UNICEF. En Irak et en Syrie, ils sont régulièrement utilisés comme boucliers humains lors d’affrontements, voire agressés jusque dans les écoles.

L'UNICEF constate par ailleurs l'augmentation du nombre d'enfants-soldats, notamment en République Centrafricaine. Au Soudan du Sud, environ 19 000 enfants ont été enrôlés par des forces armées en 2017 et 2 300 ont été tués ou blessés depuis le début du conflit en 2013. Les groupuscules armés sont coutumiers de cette pratique. Rien qu’en 2017, 135 enfants enrôlés par Boko Haram ont été envoyés commettre des attentats suicides à la bombe, un chiffre deux fois supérieur à 2016. Comme un tunnel sans fin, les enfants libérés rencontrent de grandes difficultés à revenir à une vie "normale".

Même quand ils ne prennent pas les armes, beaucoup d’enfants voient leur vie mise en danger. De janvier à septembre 2017, plus de 700 enfants sont morts en Afghanistan. Au Yémen, plus de 5 000 enfants ont péri depuis le début de la guerre civile en 2014 ; c'est sans compter les 11 millions d’enfants en situation d’urgence humanitaire dans le pays.

Un étudiant se tient dans les ruines d'une des anciennes salle de classe de l'école Aal Okab détruite en juin 2015 à Saada au Yémen. Lundi 24 avril 2017.

2017 a également synonyme d’exil pour nombres d’enfants. Des dizaines de milliers d’enfants rohingyas ont dû fuir leurs foyers au Myanmar dans la violence, victimes ou témoins de crimes de guerre. En République Démocratique du Congo, 850 000 enfants ont été chassés de chez eux.

Outre les victimes directement exposées aux affrontements, beaucoup d’enfants souffrent des conflits internationaux et civils et présentent de graves séquelles post-traumatiques. En République Démocratique du Congo, plus de 350 000 enfants souffrent de malnutrition. L’absence de conditions sanitaires viables ne fait qu'aggraver leur situation déjà précaire.

D’autres pays comme le Nigéria, le Cameroun, le Bangladesh ou l’Ukraine sont également des territoires où les enfants sont de plus en plus utilisés comme armes de guerre. Le Directeur des programmes d’urgence de l'UNICEF, Manuel Fontaine, appelle à ne pas céder à l'indifférence : « Les enfants sont pris pour cible et exposés à des attaques et des actes de violence chez eux, à l’école et sur leurs terrains de jeu. À mesure que ces attaques se poursuivent, année après année, nous ne devons pas céder à l’indifférence. Il ne faut pas que cette violence devienne la norme. »

 

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