Cambodge : la France restaure un temple du site d'Angkor datant du XIe siècle

Situé au milieu du bassin artificiel du Baray, le temple du Mebon occidental appartient au mythique site archéologique d’Angkor.

Publication 2 févr. 2018 à 13:15 CET
Vue aérienne du chantier - septembre 2016
Vue aérienne du chantier - septembre 2016
Photographie de EFEO

Depuis six ans, une équipe de l’Ecole française du Moyen-Orient (EFEO) est chargée de la rénovation du temple flottant du Mebon occidental, temple dédié à la divinité hindou Vishnou. En collaboration avec l’autorité de protection des sites et aménagements de la région d’Angkor (APSARA), les architectes et archéologues sont épaulés par une centaine d’artisans et d’ouvriers qui travaillent au quotidien à la réhabilitation de ce site dont les fondations menacent de céder.

 

LE MEBON OCCIDENTAL, UN MYTHE MÉCONNU

Un des temples les plus méconnus de l’ancienne capitale de l’empire Khmer, le Mebon occidental n’en est pas moins impressionnant : situé entre ciel et mer, il a été construit au centre du Baray, plus grand bassin artificiel d’Asie. Juché sur une île de 1,5 hectare qu’il recouvre presque entièrement, le temple a été construit au 11e siècle, juste après le creusement du bassin.

Appartenant au site d’Angkor, le temple a été construit sur un plan complètement carré, entouré d’une grande enceinte refermant un autre bassin. Les fidèles pouvaient pénétrer à l’intérieur de cette enceinte par l’une des 12 gopuras, ces portes pyramidales caractéristiques des temples hindous et reconnaissables à la profusion de décorations représentant des paraboles religieuses.

Réalisation de la digue de protection - 2012
Photographie de EFEO

Au centre du bassin se trouvait une statue en bronze de la divinité Vishnou. Vishnou, figure du protecteur, compose la trinité hindoue, aussi appelée trimūrti, avec Brahma et Shiva. Il est une figure incontournable de la religion hindoue pour toute la population khmère qui représente environ 90 % des Cambodgiens (soit 14 millions de personnes).

Aussi captivante soit l’image de ce temple sur l’eau, c’est ce qui a causé sa détérioration au fil des siècles, bien plus sujet aux aléas climatiques du fait de ses fondations fragiles.

 

L’AMBITION D’UNE RÉHABILITATION

Du temple, il ne reste pratiquement plus rien à part quelques-unes des 12 gopuras qui l’encadraient. Le monument ayant été érigé sur des fondations en sable, l’eau s’est infiltrée partout, surtout dans les sols, et a attaqué la digue qui servait de remparts aux inondations lors de la saison des pluies.

Une première rénovation avait eu lieu en 1944 mais ne concernait que les parties visibles du lieu et non ses fondations. Ces dernières menaçaient de s’effondrer. L'EFEO a alors décidé d'une initiative pour une rénovation totale de l’île.

Vue projetée du Mébon après restauration
Photographie de S. Leuckx / M.-C. Beaufeïst

Afin de consolider les lieux, les fondations sont en cours de remplacement par un massif de terre armée et les sols sont renforcés grâce à la construction de matelas de grillages géotextiles à base de polyéthylène. La fin des travaux est prévue pour 2019 mais la situation géographique du temple rend l’acheminement des matériaux et leur stockage assez difficile.

Originellement mené par l’archéologue Pascal Royère, le projet s’inscrit dans la continuité de la restauration du temple de Baphuon d’Angkor Thom, qui avait duré plus de 15 ans et avait été un symbole de la collaboration franco-cambodgienne.

 

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