Histoire

RDC : vers la réhabilitation des agriculteurs et l’autonomisation des femmes

Face aux conflits qui font rage dans la région des Kivus dans l’est de la République Démocratique du Congo, l’ONU crée un projet pour aider les habitants à se reconstruire. Mardi, 24 avril

De Juliette Heuzebroc

Le Nord-Kivu et le Sud-Kivu font partie des régions les plus affectées par les nombreux conflits qui règnent encore sur une grande partie de la République Démocratique du Congo (RDC). Une grande partie de la population a ainsi dû fuir la région pour échapper aux affrontements entre les différents groupes armés. La région vivant principalement de l’agriculture, beaucoup de paysans ont été contraints d’abandonner leur terre pour se réfugier dans des camps de déplacés internes à la RDC ou en Ouganda et Tanzanie.

Une partie de ces agriculteurs ruraux s’apprêtent à présent à retourner dans leurs villages après plusieurs mois voire plusieurs années d’exil. Face à ces retours, étape positive vers une stabilisation de la région, le Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) estime cependant qu’après une si longue période d’absence et d’inactivité, les agriculteurs ont souvent perdu « leur savoir-faire et leurs outils ». Pour y remédier le PAM et l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) se sont associés dans la mise en œuvre d’un projet visant à accompagner les agriculteurs dans la reconstruction de leur activité.

Financé à hauteur de 35 millions d’euros par l’Allemagne, le projet vise à favoriser la paix entre les communautés. Pour cela, les agences onusiennes entreprennent de (re)former les agriculteurs ruraux à leur métier ; et d’augmenter la rentabilité de leur travail grâce à l’enseignement des meilleurs techniques concernant le séchage des cultures, le stockage, la mouture et surtout la commercialisation afin d’optimiser leurs revenus.

« Dans les zones de post conflit, les personnes rentrant chez elles font face à des difficultés énormes. Une pénurie de ressources et d'opportunités économiques alimente souvent les frustrations qui peuvent déclencher de nouvelles violences dans une région où des millions de personnes sont déjà mortes lors de vagues de violence successives », explique le PAM.

 

VERS UNE AUTONOMISATION DES FEMMES

Les deux agences estiment également que la stabilisation de la région ne pourra être assurée qu’en encouragent les femmes à prendre une véritable place dans la société. Ainsi ce projet de développement économique comprend un volet d’autonomisation des femmes. Cette autonomisation passe dans un premier temps pas une série de microfinancements de leurs activités et surtout par une phase d’enseignement avec des cours d’alphabétisation et de calcul afin de favoriser leur indépendance.

La situation des femmes en RDC est suivie de très près par l’ONU qui a d’ailleurs créé en l’ONU Femmes en 2010. Cette entité est très active dans le pays où les droits des femmes restent surtout assez limités. Ainsi, l’ONU Femmes se concentre sur cinq axes de développement :

  • Participation politique des femmes et leadership féminin
  • Autonomisation économique des femmes
  • Lutte contre les violences sexuelles et basées sur le Genre
  • Gouvernance, Paix et Sécurité
  • Intégration du genre dans les politiques et programmes

Dans un contexte où le nombre de citoyens déplacés internes a doublé depuis 2015 et atteint aujourd’hui presque 4 millions (dont de 1,5 provenant des Kivus) à travers tout le pays, ce projet a pour objectif d’apporter « espoir et perspective » à ceux qui cherchent à se reconstruire.

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