Au Japon, une pierre renfermant l’esprit d’un démon à neuf queues s'est brisée en deux

À Nasu, au Japon, une pierre nommée Sessho-seki aurait servi de réceptacle à un esprit maléfique, Tamamo-no-mae, pendant près d’un millénaire. Sa destruction récente a plongé les habitants de la région dans la peur.

De Arnaud Sacleux
Publication 11 mars 2022, 11:15 CET
Sessho-seki, la "pierre qui tue" retrouvée fendue en deux - Photo de @Lily0727K, Twitter

Sessho-seki, la "pierre qui tue" retrouvée fendue en deux - Photo de @Lily0727K, Twitter

PHOTOGRAPHIE DE @Lily0727K, Twitter

Pour de nombreux habitants de la région volcanique de Nasu, la destruction de Sessho-seki serait le signe de la libération de Tamano-no-mae, un esprit maléfique enfermé depuis 1 000 ans dans ce réceptacle, surnommé la killing stone, la « pierre qui tue », en raison des gaz toxiques qui s’en échappent.

 

UN SIMPLE PHÉNOMÈNE D’ÉROSION ?

Sessho-seki était enregistrée en tant que « site historique local » depuis 1957 à Nasu, une région située entre les préfectures de Fukushima et de Tochigi, au centre de l’île de Honshu. La pierre était une attraction touristique très populaire et très prisée des voyageurs.

Pour les autorités locales, la destruction en deux morceaux de cette roche symbolique n’aurait rien d’un phénomène surnaturel. Elle aurait simplement cédé aux ravages du temps et de l’érosion, dans une région volcanique où les roches sont soumises à de nombreuses forces. Des fissures étaient apparues sur la roche il y a déjà plusieurs années, permettant à l'eau de pluie de s'infiltrer et d'affaiblir sa structure.

Représentation de Tamamo-no-mae.

PHOTOGRAPHIE DE Yoshitoshi, Creative Commons

Si ce phénomène est tout ce qu’il y a de plus naturel, il a plongé une partie des habitants les plus superstitieux qui vivent aux alentours du site dans le désarroi.

Les responsables gouvernementaux ont entamé, à l’échelle locale et nationale, des discussions afin de décider de l’avenir de cette pierre, mais les habitants réclament sa restauration dans sa forme originelle afin de conjurer le mauvais sort, pour permettre au démon d’y élire à nouveau domicile.

 

TOMAMO-NO-MAE, LE DÉMON RENARD À NEUF QUEUES

Le démon Tamamo-no-mae, représenté par un renard à neuf queues, est une figure légendaire et bien connue de la mythologie japonaise, maintes fois reprise dans l’univers de la pop-culture nippone. Il est un kitsune, une forme intelligente de yōkai, créature surnaturelle du folklore japonais.

Selon la légende, qui remonte au 12e siècle, ce démon aurait pris la forme d’une femme afin de séduire et assassiner l'empereur Toba, qui régna sur le Japon de 1107 à 1123. Devenue sa favorite, Tamamo-no-mae fut finalement éliminée par Miura-Nosuke, un guerrier légendaire, avant d'être enfermée dans la pierre. Depuis, il se murmure que quiconque toucherait cette « pierre mortelle » serait tué sur place.

Un autre mythe vient compléter cette légende, car il raconte qu'un prêtre bouddhiste de passage dans la région aurait rencontré l'esprit et lui aurait fait promettre de ne plus jamais hanter la pierre.

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