Nouvel An lunaire : origines et histoire

Pour le Nouvel An lunaire, ou « Fête du Printemps » en Chine, des milliards de personnes retournent dans leur famille pour célébrer l’année à venir sous le signe de la convivialité et de l’espoir.

De Erin Blakemore
Publication 31 janv. 2022, 16:54 CET
Vietnam Lunar New Year

Le Nouvel An lunaire se célèbre sous le signe des retrouvailles en famille et de l’espoir. Cette fête marque le début de la nouvelle année dans le calendrier luni-solaire traditionnel chinois. On la retrouve partout dans le monde, notamment au Vietnam (ci-dessus) où elle porte le nom de Tet.

PHOTOGRAPHIE DE Hau Dinh, AP

Célébré partout dans le monde, le Nouvel An lunaire est l’occasion d’observer la plus importante migration humaine annuelle. Si en Occident nous parlons plus communément de Nouvel An chinois, il ne s’agit pas d’une fête spécifiquement chinoise. Le Nouvel An lunaire, qui tombe ce mardi 1er février, est généralement une période de retrouvailles, d’opulence gastronomique et de réjouissances assourdissantes.

 

D’OÙ VIENNENT LES FÊTES DU NOUVEL AN LUNAIRE ?

De nos jours, la Chine utilise le calendrier grégorien comme la plupart des pays du monde. En revanche, les fêtes y sont régies par le calendrier luni-solaire traditionnel qui serait en usage depuis le 21e siècle av. J.-C. En 1912, lorsque la toute nouvelle République de Chine a officiellement adopté le calendrier grégorien, ses dirigeants ont rebaptisé le Nouvel An lunaire « Fête du Printemps », nom qu’on emploie encore aujourd’hui.

Comme son nom l’indique, la date de la nouvelle année lunaire dépend de la phase dans laquelle la Lune se trouve et change d’année en année. De nos jours, on célèbre la Fête du Printemps en Chine et à Hong Kong ; et le Nouvel An lunaire en Corée du Sud, au Tibet, au Vietnam, à Singapour, en Indonésie, en Malaisie, et dans des régions où la diaspora chinoise est importante. Bien que les festivités varient selon les pays, c’est une fête placée sous le signe de la convivialité et de l’espoir.

Des danseurs indonésiens répètent leur danse du dragon avant les festivités qui auront lieu ce mardi 1er février et qui inaugureront l’année du tigre. Les participants passent des semaines à se préparer pour l’événement. Les coutumes incluent sacrifices aux ancêtres, pétards et dîners en famille.

PHOTOGRAPHIE DE Andi M Ridwan, SIPA USA/AP

En ce qui concerne les Chinois, la Fête du Printemps dure 40 jours lors desquels on multiplie festivités et rituels. Pour la nouvelle année, une semaine entière est fériée. Et pour le réveillon, il est de coutume que les familles chinoises se réunissent pour un dîner pantagruélique. Il s’agit du repas le plus important de l’année et on l’organise en général chez la personne la plus âgée de la famille.

La fête a beau se moderniser, la Chine et d’autres pays ont à cœur de faire perdurer certaines traditions millénaires. En Chine, il est de coutume d’allumer des pétards. Ceux-ci sont censés chasser Nian, un monstre terrifiant. (Cependant, c’est une tradition sur le déclin ces dernières années à cause des restrictions liées à la pollution de l’air qui ont mis à mal le secteur des feux d’artifice). La couleur rouge des vêtements et des décorations est là pour garantir la prospérité. On s’échange d’ailleurs volontiers des hongbao, des enveloppes rouges remplies d’étrennes. Pour Seollal, nom du Nouvel An lunaire en Corée, on prépare un bouillon au gâteau de riz (tteokguk) et on rend hommage à ses ancêtres. Pour Tet, au Vietnam, on accorde une importance particulière aux fleurs.

Des enfants tiennent des lanternes rouges pour fêter à la nouvelle année dans une école maternelle de la province du Sichuan, dans le sud-ouest de la Chine, le 31 décembre 2021. Pour ceux qui célèbrent le Nouvel An lunaire, la couleur rouge est signe de prospérité et de chance.

PHOTOGRAPHIE DE Liu Changsong, Xinhua/Redux

Le Nouvel An lunaire a même engendré sa propre forme de déplacement saisonnier. À l’occasion du chunyun (la ruée du printemps), des centaines de millions de Chinois retournent dans leur ville natale pour y célébrer la nouvelle année en famille. Ces dernières années, des milliards d’automobilistes ont pris la route lors de cette période qui dure 40 jours. Le chunyun est le plus grand mouvement de population régulier du monde. Il engorge les routes, les gares et les aéroports.

Chaque année du calendrier luni-solaire est représentée par un animal (un des 12 signes du zodiaque chinois) censé influer sur la personnalité des personnes qui naîtront cette année-là. On les incorpore généralement dans les festivités, à l’instar de ces décorations à l’effigie de tigres à Singapour.

PHOTOGRAPHIE DE Then Chih, Xinhua/Redux

Mais cette année encore, la pandémie va entraver cette tradition festive. Le gouvernement chinois a prévenu les déplacements en faisant respecter des confinements stricts et en mettant en œuvre des mesures rigoureuses de dépistage et de quarantaine dans le cadre de sa stratégie zéro Covid.

Malgré tout, la Chine estime à 1,18 milliards le nombre de personnes qui seront amenées à voyager lors de cette Fête du Printemps. C’est environ moitié moins qu’en 2019, mais les médias nationaux chinois font observer que cela représente tout de même 36 % de voyageurs de plus que l’an dernier, preuve de l’importance symbolique de la fête pour celles et ceux qui l’associent à la chance et à l’amour.

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise.

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