Israël dévoile un manuscrit biblique vieux de 2 000 ans

Des fragments d’un parchemin biblique vieux de deux milliers d’années ont été retrouvés dans le désert de Judée. Ces fouilles s’inscrivent dans le projet national lancé en 2017, qui a pour visée de préserver les biens patrimoniaux des pillages.

Publication 2 avr. 2021, 11:19 CEST, Mise à jour 6 avr. 2021, 16:17 CEST
Les fragments retrouvés dans la caverne des horreurs (ou grotte des horreurs) reprennent des passages des livres de ...

Les fragments retrouvés dans la caverne des horreurs (ou grotte des horreurs) reprennent des passages des livres de Zacharie et de Nahum, issus du livre des Douze petits prophètes

Photographie de Shai Halevi, Autorité israélienne des antiquités

« Cela faisait bien longtemps que les archéologues n’avaient pas éxhumé de manuscrits bibliques de cette région-là » relève Matthieu Richelle, professeur d’exégèse de l’Ancien Testament à l’Université Catholique de Louvain, en Belgique. Le 16 mars 2021, l’Autorité des antiquités d’Israël mettait en ligne une vidéo montrant la découverte de fragments d’un parchemin biblique, une des découvertes les plus importantes depuis celle des manuscrits de la mer Morte. Ces fouilles archéologiques s’inscrivent dans un projet entrepris depuis 2017, une vaste campagne d’exploration par le gouvernement Israélien.

Les archéologues émettent plusieurs hypothèses quant à la provenance de ces morceaux de parchemin. Certains pensent qu’ils proviendraient d’un manuscrit découvert dans les années 1950 dans cette même grotte. Rédigés en grec, les fragments reprendraient des passages des livres de Zacharie et de Nahum, issus du livre des « Douze petits prophètes » de la Bible. 

Grâce au manuscrit déjà connu, un bibliste dominicain, Dominique Barthélemy a mis en évidence en 1963 l’existence d’une vaste révision ayant mis en cause toute une série de livres bibliques dans leur version grecque. « Cette découverte avait à l’époque pour but de corriger certains écarts de traduction afin de rendre les textes plus fidèles à un modèle hébreu » explique Matthieu Richelle.

À lire : Ces manuscrits de la mer Morte sont des contrefaçons

Située à 80 mètres de hauteur, les archéologues tamisent la terre en quête de vestiges dans la « grotte des horreurs ». 

Photographie de Eitan Klein, Autorité israélienne des antiquités

« Les microclimats présents dans les grottes permettent une conservation idéale pour les objets » précise l'universitaire. Parmi les objets mis au jour, un squelette d’enfant vieux de 6 000 ans partiellement momifié, des pièces de monnaie du 1er siècle avant J.-C. mais aussi un grand panier parfaitement conservé qui daterait d’au moins 10 000 ans, un des plus anciens sorti de terre à ce jour. Un véritable trésor antique placé dans la « grotte des horreurs», située à 80 mètres de hauteur sous le sommet d’une falaise de Nahal Hever, en plein désert de Judée au sud-est de Jérusalem.

Cette grotte avait déjà été fouillée par les archéologues au milieu du 20e siècle. Les archéologues l’avaient surnommée la « grotte des horreurs » car elle conservait une quarantaine de squelettes. « Ces ossements appartiendraient à des juifs massacrés par des Romains » précise le bibliste.

 

LUTTER CONTRE LE PILLAGE DU PATRIMOINE

« Les autorités israéliennes s’engagent dans ce que l’on pourrait appeler une course contre la montre contre les pilleurs » affirme Matthieu Richelle. De fait, les autorités ont récemment déployé une vaste campagne pour se procurer et agir avant les pilleurs pour qui ces artefacts peuvent se révéler extrêmement lucratifs sur un marché parallèle. Dès que les artefacts entrent en possession des revendeurs, les chercheurs perdent de nombreuses informations sur le contexte, ou le lieu où un objet a été extrait.  

« Si les artefacts sont issus de fouilles illégales, on ne peut pas savoir d’où ils proviennent, ni les dater à l'aide de leur contexte archéologique » ajoute l’universitaire. L’autre problème réside dans le fait que les documents authentiques peuvent se retrouver mélangés à de faux documents. Dans ces cas-là, c’est un vrai casse-tête. 

Aujourd’hui les chercheurs retrouvent de très bonnes imitations sur le marché noir. Les malfaiteurs qui lisent la presse scientifique, ont su améliorer leurs techniques pour mieux faire illusion. Distinguer les vrais des faux documents se révèle donc extrêmement compliqué pour les chercheurs. Plusieurs techniques existent pour authentifier un document.

Premièrement, on peut interroger l’écriture, vérifier scrupuleusement si elle est crédible par rapport aux écritures de l’époque, ensuite, on peut étudier les sédiments présents sur les objets et les comparer avec d'autres résidus déjà analysés. Mais on peut également dater les parchemins au carbone 14. « Les chercheurs passent beaucoup de temps à déceler ces supercheries de plus en plus pointues puisque certaines anciennes écritures sont imitées par des faussaires sur de vrais papyrus » déplore Matthieu Richelle. 

Les archéologues de l’Autorité des antiquités d’Israël estiment qu’il reste 25 % des grottes du désert de Judée à explorer.

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