Madame Tussaud a utilisé les têtes de politiciens décapités pour ses premières statues de cire

L'une des attractions touristiques les plus populaires au monde a des origines pour le moins sanglantes.

Publication 13 oct. 2021, 13:11 CEST, Mise à jour 19 oct. 2021, 10:00 CEST
London

Le personnel de Madame Tussauds travaille dans l'atelier de Marylebone Road, à Londres, en 1939.

Photographie de David Savill, Topical Press Agency/Getty Images

Après avoir survécu à la Révolution française, Marie Tussaud choisit l'exil en Grande-Bretagne, où elle captive les foules avec ses sculptures de cire.

Dans ses mémoires, Marie revient sur le Règne de la Terreur, qui dura de l'automne 1793 à l'été 1794. Au cours de cette période, elle fut arrêtée avec Joséphine de Beauharnais, la future épouse de Napoléon. Elle évita la guillotine de peu, libérée alors qu'elle se préparait à être exécutée, le crâne déjà rasé. En échange de la clémence dont elle fut l'objet, on aurait confié une tâche ingrate à Marie : sculpter les masques funéraires des aristocrates guillotinés. Parmi eux, Louis XVI et Marie-Antoinette, qui l'avaient employée pour enseigner la sculpture à Madame Élisabeth, la sœur du roi.

La tradition des masques mortuaires remontent à la Rome et à l'Égypte antiques, lorsqu'ils étaient utilisés pour préserver les visages des morts avant l'avènement de la photographie. À travers les âges, ils ont été utilisés dans le cadre de rites funéraires, de portraits, de cérémonies religieuses et même d'enquêtes (ils permettaient de restituer des scènes de crime).

Gauche: Supérieur:

Les têtes en cire de diverses célébrités attendent d'être réparées ou mises de côté au musée Madame Tussauds, à Londres, vers 1950.

Droit: Fond:

Un artiste enlève le moule en plâtre d'une tête de cire chez Madame Tussauds, à Londres.

Photographie de George Pickow, Three Lions/Getty Images(Gauche)(Supérieur)
Photographie de Topical Press Agency, Getty Images(Droit)(Fond)

Marie Tussaud n'a peut-être pas inventé le masque mortuaire, mais elle a été la première à commercialiser cette pratique ancienne à grande échelle. En 1802, alors que Napoléon Bonaparte est élu Consul à vie, elle emporte sa collection de sculptures de cire pour une exposition itinérante à travers la Grande-Bretagne avant de l'installer finalement de façon permanente dans Baker Street, à Londres, en 1835. La collection s'agrandit pour inclure la royauté britannique, des personnalités politiques célèbres et des dioramas de criminels notoires et des scènes de leurs horribles crimes.

Afin de rendre les œuvres de cire aussi fidèles à leurs modèles que possible, les équipes de Madame Tussauds acquièrent des artefacts originaux pour embellir les tableaux graphiques, du landau utilisé pour transporter les restes démembrés des victimes du meurtre à Hampstead en 1890 aux robes de couronnement scintillantes du roi George IV.

La foule se presse devant le musée Madame Tussauds, un jour de pluie à Londres, vers 1930.

Photographie de Topical Press Agency/Getty Images

Le magazine Punch surnomme cette partie de la collection permanente la « Chambre des horreurs », un surnom qui est resté, attisant les curiosités les plus morbides du public anglais.

Mais avec le succès vient la controverse. On reproche bientôt à Madame Tussaud son goût pour le sensationnalisme - une critique qui poursuit la collection à travers les siècles malgré sa popularité continue.

Aujourd'hui, 10 millions de visiteurs continuent de se rendre dans les musées Madame Tussauds dans vingt-trois villes sur quatre continents. Alors que le studio du musée utilise encore certaines des techniques originales utilisées par Marie Tussaud, la plupart des statues de cire représentant des stars hollywoodiennes, des athlètes professionnels et des politiciens sont façonnées d'après des modèles vivants.

Un caméraman filme deux sculptrices en train de fabriquer des têtes de cire pour une nouvelle exposition chez Madame Tussauds, à Londres en 1928.

Photographie de Console/Topical Press Agency, Getty Images

Le processus de fabrication long de plusieurs mois commence par une série méticuleuse de photographies et de mesures à partir desquelles un sculpteur modèle une figure en argile. Une fois cette étape terminée, un modèle en cire est réalisé ; puis on applique avec soin la couleur dans les tons de la peau, des dents et des yeux du modèle. De véritables cheveux humains sont insérés un à un au niveau de la tête, des cils et des sourcils. Chaque pièce coûte plus de 186 000 $ (160 000 €).

Cet article a initialement paru sur le site nationalgeographic.com en langue anglaise en 2017. Il a été mis à jour par la rédaction française en octobre 2021.

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