Histoire

Une capsule témoin du 18e siècle découverte dans une statue de Jésus-Christ

En restaurant une statue du 18e siècle représentant Jésus-Christ, des restaurateurs ont mis au jour deux lettres, dissimulées pour témoigner de la vie de l'Espagne d'alors.

De Sarah Gibbens

Alors qu'ils restauraient une statue du 18e siècle, des historiens espagnols ont découvert une capsule témoin de fortune dissimulée dans un endroit singulier : le derrière de la statue.

La statue en question représentait Jésus Christ durant sa crucifixion et trônait dans l'église de St. Águeda dans le nord de l'Espagne. La sculpture commençait à se craqueler et semblait se détacher de la croix qui la soutenait, selon les propos de Gemma Ramírez.

Gemma Ramírez fait partie du groupe de restaurateurs d'art madrilène Da Vinci Restauro, qui œuvre à la restauration de nombreuses statues. C'est lorsque ceux-ci l'ont déposée sur une table de travail qu'ils ont réalisé que quelque chose se trouvait à l'intérieur de la statue.

En retirant une section de la statue représentant un pan de tissu, Gemma Ramírez et ses collègues ont découvert que le fond creux de la statue cachait un document racontant la vie quotidienne espagnole au 18e siècle.

Deux lettres manuscrites, jaunies par le temps, se trouvaient à l'intérieur. Elles sont datées de 1777 et signées par Joaquín Mínguez, un chapelain de la cathédrale Burgo de Osma.

Dans ses lettres, Mínguez dépeint la vie économique et culturelle de la société espagnole d'alors. L'aumônier indique dans ses écrits que la statue avait été sculptée par un homme du nom de Manuel Bal, auteur de plusieurs sculptures en bois similaires pour les églises de la région. Il décrit ensuite les fructueuses récoltes des graines variées comme le blé, le seigle, l'avoine et l'orge et la fabrication du vin.

Mínguez s'attarde également sur les épidémies qui frappent les villages alentours comme la fièvre typhoïde. Il décrit par ailleurs avec force détails les occupations et les divertissements populaires comme les jeux de carte ou les bals.

Au-delà de la vie du village, les lettres de Mínguez raconte le climat politique de l'époque. Il écrit comment le roi Carlos III, alors sur le trône, régnait sur la cour d'Espagne à Madrid. Les écrits font également mention de l'Inquisition espagnole (1478-1834).

Le caractère général et volontairement exhaustif des lettres de Mínguez les font ressembler à des capsules témoin laissées là pour les générations futures, comme l'analyse l'historien Efren Arroyo dans le quotidien espagnol El Mundo. Efren Arroyo ajoute qu'il est rare de mettre au jour des artefacts cachés dans des statues religieuses.

C'est l'une des découvertes les plus surprenantes faites par le groupe de restaurateurs. L'équipe basée à Madrid avait précédemment travaillé à la restauration de peintures anciennes, de statues et de meubles antiques.

Les lettres mises au jour ont été envoyées à l'archevêché de Burgos, où elles seront archivées. Une copie a été faite et replacée dans la statue, comme le voulait Mínguez.

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