Photographie

12 photos qui vous dévoilent la face cachée de la Corée du Nord

David Guttenfelder, dont les photos lui ont valu un prix, nous montre comment le sport et les loisirs font partie de la vie quotidienne des Nord-coréens. Jeudi, 9 novembre

De Melody Rowell

Le photographe David Guttenfelder est un des rares Occidentaux à avoir passé beaucoup de temps en Corée du Nord. Son premier voyage dans le pays isolé a eu lieu en 2000 ; en 2012, il contribuait à l’ouverture du bureau d’Associated Press à Pyongyang. Au fil des années, il a pu constater une évolution culturelle au sein de la capitale. Un changement qui s’est passé comme sur des roulettes.

« Le roller et la Corée du Nord – vous n’associeriez pas spontanément ces deux choses. »

Guttenfelder déclare que depuis la montée au pouvoir de Kim Jong-un en 2011, de réels efforts ont été entrepris pour amener Pyongyang à des standards internationaux, notamment via le sport et le divertissement, d’où les rollers.

« Impossible de compter le nombre de points de location de rollers dans la capitale et aux alentours, » raconte Guttenferlder. « Cette soudaine envie de sortir, de jouer, de s’amuser, c’était surtout pour les classes les plus élevées. Et puis ça s’est vraiment étendu à tout le pays. »

Après l’ouverture du bureau d’Associated Press, Guttenfelder a passé plus de trois ans à faire des allers-retours entre l’Occident et la Corée du Nord. Il avait à charge de photographier l’actualité, mais également la vie quotidienne du pays. « En tant que photojournaliste en Corée du Nord, mon travail était d’avoir un regard critique, » explique-t-il. « Mais il s’agissait aussi d’être humaniste et de montrer qu’il y avait là-bas des gens normaux essayant d’avancer, de vivre leur vie. » Consacrer autant d’énergie à photographier la Corée du Nord a fini par payer : Guttenfelder a remporté la troisième place au concours World Press Photo 2016, dans la catégorie Projets à Long Terme.

Les Nord-coréens disposent de très peu de temps libre ; la plupart travaillent six jours par semaine. Ils sont également peu décisionnaires dans la manière dont ils utilisent ce temps extra-professionnel. Mais comme le montrent les photos de Guttenfelder, les Nord-coréens font non seulement du roller, mais aussi de la danse, du basketball, des compétitions de jeux d’arcade, du plongeon de natation… et ils jouent des pièces de théâtre. « La plupart de ces activités sont encore beaucoup réservées à l’élite, » souligne Guttenfelder. « Mais ce ne sont plus seulement les classes aisées : cette tendance se répand un peu partout. »