Reportage le long de la frontière États-Unis - Mexique
Le grand projet photographique de Richard Misrach invite à réfléchir au rôle symbolique qu’occupent les frontières dans le monde actuel.

Un mur en acier traverse des terres agricoles, près de Brownsville (Texas). Érigée un peu au nord du Rio Grande, qui constitue la véritable frontière entre les États-Unis et le Mexique, cette barrière se termine brusquement. Les migrants peuvent aisément la contourner à pied.
Un mur en acier traverse des terres agricoles, près de Brownsville (Texas). Érigée un peu au nord du Rio Grande, qui constitue la véritable frontière entre les États-Unis et le Mexique, cette barrière se termine brusquement. Les migrants peuvent aisément la contourner à pied.

L’association humanitaire Water Station a installé là l’un des 160 réservoirs d’eau dispersés dans les régions désertiques aux confins du Mexique et de la Californie, où la température peut frôler 50 °C. Des volontaires de toute tendance politique vérifient et réapprovisionnent les barils tous les quinze jours.
L’association humanitaire Water Station a installé là l’un des 160 réservoirs d’eau dispersés dans les régions désertiques aux confins du Mexique et de la Californie, où la température peut frôler 50 °C. Des volontaires de toute tendance politique vérifient et réapprovisionnent les barils tous les quinze jours.

Deux ans après que je l’ai photographiée, cette clôture, au Texas, n’avait pas progressé. Elle m’évoque une sorte de sculpture.
Deux ans après que je l’ai photographiée, cette clôture, au Texas, n’avait pas progressé. Elle m’évoque une sorte de sculpture.

Le gardien d’un terrain de jeux de l’Arizona regrette qu’un mur lui gâche le coucher du soleil.
Le gardien d’un terrain de jeux de l’Arizona regrette qu’un mur lui gâche le coucher du soleil.

Au XIXe siècle, des obélisques, tel celui de Patagonia, dans l’Arizona, matérialisaient la frontière américano-mexicaine.
Au XIXe siècle, des obélisques, tel celui de Patagonia, dans l’Arizona, matérialisaient la frontière américano-mexicaine.

Dans des régions reculées (ici, en Californie), des traverses de chemin de fer sont censées empêcher les véhicules de traverser la frontière. Les murs contre les piétons sont conçus de façon différente : ils sont pleins ou à claire-voie, et hauts de 3,5 à 5 m.
Dans des régions reculées (ici, en Californie), des traverses de chemin de fer sont censées empêcher les véhicules de traverser la frontière. Les murs contre les piétons sont conçus de façon différente : ils sont pleins ou à claire-voie, et hauts de 3,5 à 5 m.
Le président américain Donald Trump rêve d’une grande enceinte pour isoler les États-Unis du Mexique. Entre les deux pays, un mur discontinu court déjà sur 1 100 km. En 2009, le photographe Richard Misrach, basé dans le sud-ouest des Etats-Unis, a observé que la construction de murs et de miradors s’intensifiait. Il a entamé alors un grand projet sur le sujet. Pour le mener à bien, l’artiste s’est rendu en 4 x 4 dans les zones les plus isolées de la frontière. Avec un capteur de vibrations au sol, il détectait l’approche des gardes-frontières. Les paysages dépeuplés qu’il a ainsi capturés invitent à réfléchir au rôle symbolique qu’occupent les frontières dans le monde actuel.
