Photographie

Inde : les charmeurs de serpents pourraient bientôt disparaître

En Inde, les petits artisans n'ont plus les moyens de lutter contre la mondialisation.

De Daniel Stone
Rajeshwar Halder vend des barbes à papa au Bengale-Occidental. Il gagne environ 13 € par semaine.

Charmeur de serpent. Fileur de laine. Fabricant de balais. En Inde, les petits métiers traditionnels sont aussi variés et typiques que les couleurs et les saveurs locales. Cette diversité professionnelle est documentée dans « Marginal Trades », du photographe Supranav Dash. Cette série de portraits montre des hommes et des femmes à l'oeuvre, principalement dans les États du Bengale-Occidental et de l'Uttar Pradesh.

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Ces métiers - comme la fabrication de bonbons ou de galettes de bouse de vache servant de combustible - sont sur le déclin et, avec eux, c'est toute une hiérarchie sociale en vigueur depuis des siècles qui disparaît.

Le système des castes a longtemps déterminé l'occupation de chacun. Maintenant que cette discrimination officielle est interdite, Supranav Dash voit de plus en plus de jeunes ignorer les anciennes restrictions, y compris celles sur les moyens de subsistance auxquels ils peuvent avoir accès.

Les travailleurs dont les activités sont en perte de vitesse, notamment les artisans, sont à la merci des évolutions culturelles et économiques. « La principale menace pesant sur l'artisanat et les petits métiers d'autrefois, c'est la technologie, » affirme l'économiste indien Shyam Sundar.

« Bon nombre d'artisans ont conscience que leurs enfants ne prendront pas la relève. Ils se disent que leur métier mourra avec eux, » ajoute tristement Shyam Sundar.

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