Au Pays-Bas, les prisons vides accueillent les réfugiés

La prison amstellodamoise de Bijlmerbajes a été transformée par le gouvernement hollandais en asile pour les réfugiés en attente de leur titre de séjour.

De Daniel Stone
Photographie De Muhammed Muheisen
Des jeunes filles syriennes jouent au ballon dans le hall Kalverstraat, du nom d'une rue commerçante connue d'Amsterdam. De gauche à droite : Shahd Alamar, 8 ans, Lana Alkhawaja, 9 ans, Maya Alamar, 4 ans, tenant des ballons, Amal Sakkal, 8 ans et Hala Alhalaby, 8 ans.

Raconter le destin de migrants fuyant la violence de la guerre ou de la famine revient à raconter une histoire sans lieux ni visages. C'est pour cela qu'au début de la crise des migrants en 2015, le photographe Muhammed Muheisen travaillant pour Associated Press a décidé d'attendre sur une plage grecque l'arrivée des bateaux de fortune transportant les migrants fuyant la Syrie, le Moyen Orient et les zones de guerre dans plusieurs pays d'Afrique. « La plupart des gens pensent que l'histoire se termine lorsqu'ils touchent la terre ferme. Mais en fait ce n'est que le début d'un nouveau chapitre, » explique-t-il.

Muheisen a posé son trépied et ses objectifs aux Pays-Bas, pays dans lequel les migrants étaient généralement bien accueillis et où le taux de criminalité était au plus bas. La baisse d'occupation des prisons du pays a poussé le gouvernement hollandais à chercher d'autres utilisations des cellules. Elles ont donc été proposées à des migrants. Plus de 600 migrants ont ainsi trouvé refuge dans la prison amstellodamienne de Bijlmerbajes. Des lits, des repas chaud et un toit temporaires, le temps que leur titre de séjour soit délivré et qu'ils soient placés dans de vraies maisons et que des offres d'emploi leur soient faites.

Pendant un an, Muheisen a fait des allers-retours régulier à la prison de Bijlmerbajes pour documenter la vie de famille dans ce milieu singulier. Les moments de doute, de jeux innocents et d'impatience ont été immortalisés. La seule chose qui n'avait l'air de déranger aucun d'entre eux était le lieu lui-même. « On s'en fiche, » lui a répondu une femme installée dans la prison. « L'important c'est que nous soyons en sécurité. »

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