Photographie

Ces portraits sublimes révèlent la beauté des costumes traditionnels

Dans l'État de l'Oaxaca, au Mexique, les jeunes générations perpétuent les coutumes magnifiques et sophistiquées de leurs ancêtres.

De Marie McGrory
Photographie De Diego Huerta
Cette femme porte une robe traditionnelle de Tehuantepec, au Mexique. Les fleurs sont brodées de fil de soie sur du tissu de velours et la robe est ornée de bijoux en or qui ont été transmis de génération en génération. Les deux hommes que l'on aperçoit en arrière-plan sont appelés toritos, « petits taureaux » en français.

Si le Mexique est un pays aux couleurs vives et aux festivals bouillonnant d'énergie, aucun État mexicain n'est aussi attaché à la préservation de ses coutumes et de ses tenues traditionnelles que ne l'est l'État de Oaxaca. C'est du moins ce qu'affirme le photographe mexicain Diego Huerta, qui décrit et partage ces rituels dont la majorité sont perpétués par les jeunes générations de Oaxaca qui arborent fièrement les traditions héritées par leurs ancêtres.

Chaque année au mois de juillet, des habitants de l'État de Oaxaca se réunissent dans la capitale pour le festival Guelaguetza, également appelé Los Lunes del Cerro, les « lundis sur la colline » en français. Les 16 groupes autochtones de la région se rassemblent afin de partager leur musique et leurs danses respectives célébrant Centoetl, la déesse du maïs. S'il s'agit de l'un des festivals les plus importants de la région, ce n'est que l'une des innombrables façons de découvrir l'art et la danse de Oaxaca, où les festivités et les tenues locales battent leur plein tout au long de l'année.

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Diego Huerta a répondu à quelques-unes de nos questions au sujet de cet État mexicain singulier et de ses traditions.

 

Dans quelle région du Mexique avez-vous grandi ? Vous souvenez-vous des tissus, des modes et des costumes dont vous étiez entouré enfant ?

Je suis né dans la ville de Monterrey, dans l'État du Nuevo León. Le nord-est du Mexique est connu pour s'être détaché des populations autochtones ; les traditions y ont donc presque disparu. Pour cette raison, lorsque j'ai fait la rencontre du peuple Wixárika pour la première fois, dans les montagnes de Jalisco, j'ai été fasciné par la splendeur de leurs tenues. Dès lors, j'ai décidé de m'intéresser et de me pencher sur les traditions de l'État de Oaxaca.

 

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Pouvez-vous nous raconter l'histoire de la femme vêtue d'une robe fleurie et entourée de feux d'artifice, à Oaxaca ? En quel honneur se tenait le festival ?

Lorsque les gens voient une femme vêtue de son costume traditionnel de Tehuana, ils ont tendance à croire que c'est dans le cadre d'un festival, ce qui n'est absolument pas le cas. Sur le portrait, cette femme porte sa robe traditionnelle, laquelle est presque restée intacte depuis un siècle. Les deux hommes que l'on aperçoit derrière elle sont surnommés toritos. Ils utilisent un objet en roseau de la forme d'un taureau, auquel ils ajoutent de la poussière puis l'allument afin de produire ces étincelles.

La région de l'isthme de Tehuantepec, dans l'État de Oaxaca, est caractérisée par de nombreuses festivités organisées en l'honneur des saints patrons et des vierges des églises catholiques. Au cours de ces célébrations, des milliers de femmes portent des costumes fabriqués à la main par des artisans locaux. Les fleurs sont brodées de fil de soie sur du velours et la robe est parée de bijoux en or hérités de génération en génération. Il est essentiel de souligner que l'or ne sert pas ici à afficher son statut ou son pouvoir, mais qu'il s'agit de reliques choyées et transmises au sein d'une même famille.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur la coiffe : comment est-elle confectionnée ? Que représente-t-elle ?

La coiffe que vous voyez sur la photo ci-dessus est faite de dentelle blanche pliée et amidonnée, qui lui confère cette rigidité. Sa fonction est double : elle est à la fois religieuse et festive. Lorsque les femmes pénètrent dans une église, elles la portent de manière inversée, en signe de respect et d'humilité.

 

Les costumes endossés lors de la Danse des diables semblent moins sophistiqués et colorés que les costumes vus lors d'autres danses. Pouvez-vous nous en dire plus ?

La Danse des diables est typique de la côte de l'État de Oaxaca. Collantes, l'un des villages où cette danse est célébrée, a perpétué la tradition des danses et des musiques d'Afrique. Les costumes illustrent la manière dont les maîtres imposaient à leurs esclaves de se vêtir. Malgré cette tenue simple et humble, la richesse du peuple afro-mexicain transparaît dans chacune de ces danses.

 

À quelle fréquence et à quelle occasion ces costumes traditionnels sont-ils portés aujourd'hui ?

À la différence des autres États du Mexique et d'une grande partie du continent américain, les habitants des huit régions de l'État de Oaxaca revêtent régulièrement le costume traditionnel, notamment les femmes. Ces costumes diffèrent toutefois d'une ville à l'autre, en fonction du tissu et des couleurs.

Les femmes de Pochutla sont réputées pour leur caractère et leur force.

Diego Huerta est un photographe mexicain basé à Austin, au Texas. Ces photographies ont illustré l'article « Les plus beaux voyages de 2018 » du magazine Traveler. Retrouvez davantage de photos de Diego Huerta sur son site.

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