Comment la "dubaïsation" a transformé le désert

Les idiosyncrasies abondent dans les pays du Golfe, riches en ressources mais pauvres en architecture traditionnelle.

De Nina Strochlic
Photographie De Roger Grasas, Zoom Agency
Le plus grand jardin fleuri du monde, à Dubaï, Émirats arabes unis. Les structures artificielles contrastent avec le paysage naturel des pays du Golfe. Le photographe Roger Grasas se concentre sur cette "édification d'un monde artificiel au-dessus du monde naturel".
Le plus grand jardin fleuri du monde, à Dubaï, Émirats arabes unis. Les structures artificielles contrastent avec le paysage naturel des pays du Golfe. Le photographe Roger Grasas se concentre sur cette "édification d'un monde artificiel au-dessus du monde naturel".
photographie de ROGER GRASAS, ZOOM AGENCY
Cet article est paru dans le magazine National Geographic de février 2018.

Les centres commerciaux géants et les hôtels vertigineux ont redessiné le profil des villes du golfe Persique. Au beau milieu du désert, des pistes de ski intérieures sont saupoudrées de neige et des jardins fleurissent.

« On construit un monde artificiel totalement déconnecté de la nature », note le photographe Roger Grasas, dont le projet « Min Turab » ( « Venu de la terre » en arabe) se penche sur les paysages singuliers nés de l'explosion immobilière alimentée par les revenus du pétrole. 

Ces villes - telles Dubai, Doha et Abu Dhabi - « ont, d'une certaine manière, rejeté le passé, » explique Roger Grasas. « Avant le pétrole, ces pays étaient pauvres. Désormais, pour eux, le neuf est synonyme de mieux. »

L'urbanisation rapide, sans considération pour l'histoire ou le contexte, a été surnommée « dubaïsation » par Yasser Elsheshtawy, un ancien professeur d'architecture à l'université des Émirats arabes unis. Les terrains dégagés ont été recouverts par des gratte-ciel voraces en énergie qui « entraînent inégalité et ségrégation », affirme-t-il, tandis que les quartiers historiques sont menacés.

Les efforts pour protéger les quelques forts, palais ou souks ont souvent des visées touristiques, rappelle Yasser Elsheshtawy. Mais, selon lui, une pression pour préserver « le peu qui reste » a récemment émergé.

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