Photographie

De bien sinistres photos de villes fantômes après Fukushima

Cinq ans après la catastrophe naturelle et l’accident nucléaire, ces terres autrefois fertiles sont abandonnées.

De Article et photographies de James Whitlow Delano
Une zone de stockage temporaire pour les déchets nucléaires à Iitate-mura, une ville dont les habitants ont été évacués du fait des niveaux de radioactivité élevés.

Cela fait maintenant cinq ans que le tsunami déclenché par un séisme au large des côtes est du Japon a touché la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

La vague a provoqué le plus grand désastre nucléaire depuis Tchernobyl et les terres restent aujourd’hui contaminées.

La préfecture de Fukushima, auparavant connue pour être une région fertile, est désormais jonchée de grands sacs noirs contenant de la terre, de la matière organique et des roches radioactives. Ces déchets provenant des terres agricoles sont issus de l’effort de décontamination de la zone, afin qu’elle soit de nouveau habitable pour les familles qui vivaient ici depuis des générations.

Une installation temporaire de stockage des déchets nucléaires à Iitate-mura, une ville où les résidents ont été évacués en raison des niveaux élevés de radioactivité.

Voilà des années que Tomioka a été évacuée. Les bâtiments de la ville, endommagés par le tsunami, tiennent encore debout ; des voitures, écrasées comme des cannettes de soda, sont empilées les unes sur les autres ; et les distributeurs, balayés par les vagues, n’ont pas encore été enlevés. Au loin, on observe d’imposants tas de sacs remplis de déchets radioactifs.

Tomioka

Cette route forestière d’Iitate-mura est en cours de décontamination. De nombreux experts redoutent que la forêt, dont les arbres peuvent conserver des isotopes radioactifs, ne soit une menace de recontamination.

Sacs de déchets nucléaires

Ici, à Iitate-mura, une zone de stockage temporaire des matériaux contaminés semble progressivement devenir permanente.

Les installations de stockage semi-permanentes des environs de Futaba et d’Okuma finiront par occuper une surface de 16 km² et les déchets radioactifs y resteront une trentaine d’années avant qu’un site permanent ne soit trouvé. Cependant, les habitants de ces quartiers irradiés sont peu nombreux à croire encore que les déchets seront réellement déplacés.

Les sacs contaminés que l’on voit ici seront entourés de sacs de terre non-contaminée. Les bâches imperméables (au loin à gauche sur la photo) protégeront les déchets de la pluie mais nombreux sont ceux qui s’interrogent sur les effets du soleil, de la pluie et de la neige à long terme : dans quel état les bâches seront-elles au bout de 30 ans ? Une clôture sera installée plus tard pour empêcher les gens de s’aventurer dans la zone.

Les travailleurs de la décontamination préparent un site de stockage temporaire

Futaba, le village le plus proche de la centrale, reste trop radioactif pour que des humains y vivent. Et la situation ne devrait pas évoluer avant un bon moment. Les responsables du gouvernement estiment que la dose annuelle de radiations reçues par la population de ces zones serait de 50 millisieverts (mSv). Selon l’Agence internationale de l’énergie atomique, la dose moyenne de radiation à laquelle nous sommes naturellement exposés est de 2,4 mSv par an. Un chiffre qui peut être multiplié par deux selon le contexte médical, commercial ou industriel dans lequel un individu évolue.

Futaba, le village le plus proche de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi

Un moniteur à l’air libre mesure les niveaux de radiactivité d’Iitate-mura, qui sont cinq fois plus élevés que la moyenne relevée au Japon.

On croise de nombreux moniteurs de ce type dans la préfecture de Fukushima, qui a concentré des retombées radioactives suite aux explosions de la centrale nucléaire.

Détecteur de radioactivité.

Des ouvriers commencent à décontaminer les champs situés dans la zone d’exclusion de 20 km délimitée autour de la centrale, désormais accessible à ces intervenants, mais toujours trop radioactive pour que des gens reviennent vivre à proximité.

Cinq ans après la catastrophe, on semble ne pas voir le bout du tunnel.

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