La voix de la forêt : le Serengeti loin des sentiers battus

La forêt de Loita est le Serengeti caché, une nature vierge et sauvage, sacrée chez les Masais. Pour son gardien suprême, un octogénaire masai de haut rang, c'est un paysage mystique de plus en plus menacé par la cupidité.

De YVONNE ADHIAMBO OWUOR
Publication 10 déc. 2021, 16:55 CET
De sa maison dans la région de Loita, au Kenya, Mokompo ole Simel conseille depuis trois décennies la ...

De sa maison dans la région de Loita, au Kenya, Mokompo ole Simel conseille depuis trois décennies la communauté masai dans ses affaires : il est le chef spirituel révéré, l’oloiboni kitok. Il prône la plus grande vigilance contre les menaces qui pèsent sur l’ancienne forêt tropicale, et presse les humains de vivre en harmonie avec la nature.

Photographie de KEVIN OUMA, CINEMATIC KENYA

Récemment, je suis allée au Serengeti. Mais pas dans ces paysages de carte postale, à la savane d’herbe jaune parsemée d’acacias épineux. À la place, j’ai fait le voyage jusqu’à la forêt de Loita,dans le vaste écosystème du Serengeti, qui ne figure pas sur les circuits touristiques standards. Là se cache un Serengeti méconnu, à la végétation luxuriante, s’élevant à plus de 2 000 m au-dessus du niveau de la mer. À quelque 250 km au sud-ouest de Nairobi, la forêt montagneuse domine la réserve nationale du Masai Mara. Pourtant, la plupart des touristes visitant le Kenya ignorent son existence.

Mon projet était de m’aventurer au cœur de cette forteresse verte et d’atteindre la région que la langue maa nomme « Entim e Naimina Enkiyio » (la « forêt de l’Enfant perdu ») – un écrin de 300 km2 de forêt tropicale préservée. J’espérais, une fois sur place, me voir accorder une audience par l’homme qui veille sur ce royaume.

Mais d’abord, sachez que je vis dans un monde très éloigné de Loita. J’habite à Nairobi, métropole d’environ 5 millions d’habitants qui se trouve être aussi l’un des centres technologiques innovateurs de l’Afrique, le noyau de ce qu’on appelle la « Silicon Savannah ».

C’est là que siègent les instances des Nations unies en Afrique, ainsi que pléthore de médias internationaux diffusant activement des informations sur le continent.

À Nairobi, j’avais le sentiment d’étouffer, et l’opportunité de me rendre dans la forêt de Loita m’est apparue comme une bénédiction. Pour être honnête, je ne cherchais pas seulement un répit loin de la ville, mais la possibilité de faire l’expérience du monde avec une nouvelle perspective – une perspective immémoriale et intemporelle.

Celui que j'espère rencontrer se trouve être un chef masai du nom de Mokompo ole Simel, également nommé oloiboni kitok (prononcez « o-loï-BON-i KI-tok »). Au cours des siècles, depuis qu’ils ont migré avec leur bétail de la vallée du Nil à la région qu’ils ont dénommée « Siringet » (« l’endroit où la terre s’étend à l’infini »), les Masais ont été guidés par des hommes portant le titre d’oloiboni, tous descendant d’un clan doté de pouvoirs temporels et spirituels exceptionnels et initié à des pratiques de guérison naturelles et surnaturelles.

L’oloiboni kitok, le plus haut rang des oloiboni, se tient entre les mondes comme médiateur, prophète et devin ; comme intercesseur et guérisseur ; comme prêtre et stratège politique ; et comme gardien des bonnes relations entre l’humanité et la nature. Il y a plus de trente ans, Mokompo ole Simel a hérité de son père la charge d’oloiboni suprême, devenant ainsi le douzième oloiboni kitok dans la lignée de son clan.

Cet homme est donc le guide spirituel de plus d’un million de Masais installés au Kenya et en Tanzanie. On s’adresse à lui pour obtenir sa bénédiction et pour recevoir ses conseils sur des affaires grandes et petites – de la disparition du bétail d’une famille à des projets de conservation pour la forêt de Loita. Pourtant, les Masais ne sont pas les seuls à venir le consulter. Des politiciens originaires d’autres pays sollicitent en effet sa bénédiction, ses conseils et son aide pour gagner les bonnes grâces des électeurs.

Pour autant, il n’est pas simple de le rencontrer. Pour cela, il faut être introduit. C’est la raison pour laquelle j’ai rencontré l’ami d’un ami, Mores Loolpapit, qui est médecin et professionnel de santé, oloiboni non initié et, par un heureux hasard, neveu de oloiboni kitok. Grâce à lui, je me suis retrouvée, un jour de mai, assise sur un soyeux tapis d’herbe verte parsemée de minuscules fleurs violettes et jaunes, à l’ombre d’un gigantesque figuier à pagnes.

Mores m’a guidée pendant huit heures sur de mauvaises routes menant progressivement à une savane d’altitude, qui constitue la porte d’entrée de la forêt de Loita. C’est ici, dans sa concession (un ensemble de maisons aux murs en terre crue et aux toits de feuilles, avec des enclos pour le bétail), que l’oloiboni kitok tient ses audiences ; j’espère recevoir sa permission de visiter la forêt et de l’interviewer. Nous sommes une vingtaine de visiteurs, tous reçus comme des pèlerins, et non comme des étrangers.

La tradition exige qu’aucun invité ne vienne les mains vides. Aussi avions-nous apporté quelques biens courants : de la farine, des épices, des cahiers de coloriage et des stylos pour les femmes et les enfants de l’oloiboni. Je tiens entre les mains quatre précieux plants de café, en guise d’hommage personnel. Nous avons attendu environ deux heures.

Enfin, l’homme paraît. Un chœur de voix l’accueille et les émissaires rassemblés se ruent sur lui. Un veau qu’il aime particulièrement se précipite vers lui, des chèvres bêlent ; au loin, un quintette de girafes passe tranquillement.

Ayant largement dépassé les 80 ans, le dos un peu voûté, l’oloiboni avance, indiquant à un gardien de troupeau dans quels pâturages faire paître ses moutons, ses chèvres et ses vaches, dépêchant un jeune homme au marché et chargeant son fils (et héritier manifeste) Lemaron d’offrir ses services de guérisseur pour calmer trois visiteurs nerveux.

Pour marcher, l’oloiboni s’aide d’un grand bâton. Il porte une cape masai rouge et bleu, l’olkarasha. En s’approchant, il établit un contact visuel avec ses visiteurs.

Son visage est profondément marqué et ses yeux d’un brun doré sont voilés par la cataracte. Je me lève pour le saluer. D’un long regard, il semble lire en moi – une évaluation rapide de mes mérites et de mes failles les plus intimes. 

Le chef spirituel suprême parle d’une voix grave et éraillée : « Tu es là, me lance-t-il en maa.

– Je suis là », dis-je. Selon la tradition masai, j’incline la tête pour qu’il la touche en signe de bienvenue. Puis j’aligne les quatre plants de café sur l’herbe entre l’oloiboni, qui s’est assis, et moi. Je ne parle pas maa et il ne parle pas swahili, aussi Mores m’a présentée et a annoncé qu’il traduirait.

« Parle », dit l’oloiboni.

Je lui raconte alors l’histoire d’un esprit vagabond de la forêt et comment il s’est transformé en caféier dans les bois du vieux royaume de Kaffa. Comment, par sa consommation, il a joué un rôle médicinal en stimulant des conversations qui restauraient des relations rompues. Comment il est devenu un compagnon et une présence liturgique que les moines orthodoxes de l’ancienne Abyssinie (l’actuelle Éthiopie) convoquaient tout en communiant avec Dieu et les saints.

Mores traduit et l’oloiboni écoute, attentivement. Je conclus : « Nous avons apporté ces plants de café pour vous et cette forêt afin, si vous êtes d’accord, de les placer sous votre protection pour que l’esprit puisse aussi s’abriter ici. »

Tranquillité. Des oiseaux piaillent. Des hommes murmurent. Attente.

L’oloiboni m’accorde enfin un imperceptible hochement de tête. « Lemaron ! », appelle-t-il. Suit un échange en maa. Mores traduit. « L’oloiboni kitok te souhaite la bienvenue. Il bénit cette visite. Tu peux aller partout. Tu es autorisée à entrer dans la forêt. Pour l’entretien, attends son signal. » 

Je me lève.
« Où iras-tu dans la forêt de Mokompo ?, demande Mores. – À la chute d’eau.
– Elles sont nombreuses. Choisis-en une. »

Le lendemain matin, revigorés par la bénédiction de l’oloiboni, nous prenons le chemin de la chute d’eau. En marchant dans la brume, je me remémore la légende ayant donné son nom à la forêt de l’Enfant perdu : jadis, une jeune fille masai entra dans la forêt pour y chercher ses veaux égarés. Les veaux revinrent sans elle. Des jeunes gens partirent alors à sa recherche, mais ne la retrouvèrent pas. La forêt avait décidé de la garder.

En arrivant au sommet, point de départ de notre randonnée, trois hommes plus jeunes nous attendent. Ces éclaireurs au physique imposant et vigoureux se montrent impassibles et aux aguets, à l’exception de l’affable Langutut ole Kuya. Notre chute d’eau se trouve à environ 8 km à vol d’oiseau, ce qui représente une marche de cinq heures à travers toute une succession de marais.

Après la traversée de notre troisième marais, la boue colle à nos chaussures et à nos pantalons. Impossible de rester sec. Il y a de l’eau partout. Des ruisseaux jaillissent du sol comme des djinns, d’autres crachotent, puis disparaissent. L’eau suinte des rochers ou tombe depuis de hauts affleurements en un long filet ininterrompu.

Ce qui ressemble à un vaste marécage est en réalité une rivière sinueuse, l’Olasur. Nous suivons son cours qui s’élargit et se creuse. Les guides nous informent qu’elle abrite des poissons, des hippopotames et, plus préoccupant, des crocodiles. Puis elle disparaît dans la forêt sous un épais tunnel de végétation. Nous traversons lentement d’épaisses broussailles. Seul le bruit du courant nous sert de repère.

Un peu plus tard, vacillant sur nos jambes, nous atteignons ce que les Masais nomment « l’endroit des eaux bouillantes » – des mares offrant un bouillonnement paisible, qu’alimentent des sources géothermiques. Je suis frigorifiée et j’aurais bien aimé m’y attarder, mais il faut continuer. Nous repartons donc, glissant sur des éboulis, nous agrippant à des plantes grimpantes pour escalader une colline abrupte, dévalant des sentiers boueux avant de devoir grimper sur le flanc d’une autre colline.

Nous nous faufilons encore entre d’énormes rochers recouverts de mousse, passons à travers de gigantesques toiles d’araignées, devenons beaucoup trop intimes à mon goût avec les orties urticantes et les fourmis rouges, et apprenons à contourner avec une grande discrétion les endroits où nos guides sentent la présence d’éléphants et de buffles – dont je réussis pourtant à piétiner les deux types de bouses.

Mais rien de tout cela n’affecte Langutut. Imperturbable, il observe tout, nous indiquant la forme d’un arbre, la texture d’une feuille, le motif d’un lichen sur la roche, la position d’un arbre couché, les cassures des branches, les marques sur l’écorce. Il s’arrête devant toutes sortes d’excréments pour nous indiquer quelles créatures les ont laissés. Il disserte sur les couloirs aériens des insectes et des oiseaux, l’intensité et la température du vent, la texture de la lumière à travers la canopée, le parfum des choses, la respiration des plantes, la signification du silence.

Au fil de la marche, ma concentration finit par se limiter à ce qui se déroule sous mes pas. Comment le sol passe du brun sombre au rouge vif, puis quasiment au noir, puis à des tons clairs – sable, glaise, orange – et oscillant de nouveau entre le marron clair et le marron foncé. Je commence à voir des motifs se dessiner dans les feuilles et dans les ombres.

Nous croisons aussi des essaims d’abeilles. « Elles produisent ce que nous appelons le miel des forêts », dit Langutut, en soulignant l’abondance de buissons en fleurs. Il désigne un bosquet et le définit comme une « nurserie ». « Les arbres grandissent en famille, explique- t-il. Les plus vieux nourrissent et guident les jeunes. Ils partagent de l’amitié entre eux, mais aussi avec les gens. » Il nous décrit les usages et vertus médicinales et spirituelles de certains arbres – figuier, podocarpus, olivier africain et dattier.

En marchant, il évoque d’autres lieux secrets de la forêt : des grottes renfermant des ruisseaux d’eau pure et des peintures pariétales, ou une cathédrale d’arbres géants dans laquelle l’oloiboni mène les cérémonies les plus confidentielles. J’apprends des mots maa : ewang’an (lumière) et oloip (ombre). Mes oreilles s’emplissent du chant des oiseaux, du murmure du vent, du rythme des gouttes d’eau frappant les feuilles et des sifflements des insectes. Mes narines hument les parfums âcres de la terre : rouille, pourriture, citron et menthe.

Un des guides nous fait entendre le cri du calao et le changement de ton du grognement du colobe, annonciateurs de la pluie. Nous reprenons notre marche lente.

Enfin, sortant de la forêt, nous surplombons une vallée vertigineuse. Des papillons bleus, blancs, vert et jaune pâle volètent autour de nous, annonçant la fin de la saison des pluies. Un grand rapace dessine des cercles au-dessus de nos têtes. Sous nos pieds, l’Olasur sort d’un tunnel dans la roche et tombe de 180 m dans un gouffre dissimulé par le feuillage. Plus loin, précise Langutut, la rivière rejoint l’Oloibortoto et, livrée à son cours naturel, atteint le lac Natron.

Mais nous ne devons pas nous attarder. Il nous faut retraverser la forêt avant la tombée de la nuit, avant que le brouillard tombe sur les marais. Au moment où nous sortons de la forêt, la plus pleine, la plus grosse et la plus brillante des lunes apparaît. L’occasion d’apprendre encore un mot maa : olapa.

En arrivant à la maison d’hôtes, on me dit que l’oloiboni m’a laissé un message : il s’entretiendra avec moi demain matin.

Un coq aux plumes marrons , une sauterelle dans le bec, se pavane dans la cour. Des vaches et des chèvres avancent avec nonchalance vers les pâturages, conduites par un jeune berger. Encore émue par mes expériences dans la forêt, je m’installe au pied du figuier géant et j’attends.

Les yeux de l’oloiboni s’éclairent en me voyant. Je ne nierai pas que j’ai ressenti son aura. On peut la sentir comme du charisme ou comme éventuellement le résultat de toutes les légendes que j’avais entendues et qui se mêlaient à l’émerveillement du voyage de la veille. Ou c’est peut-être la joie d’être tombée sur un guide témoignant de son allégeance indéfectible au monde naturel. Un parallèle entre l’oloiboni et son figuier m’apparaît : tous deux enracinés, vieux et mystérieux, offrant de l’ombre et un abri à ceux qui viennent les trouver. Notre conversation serpente comme les eaux de l’Olasur. Le vieil homme évoque ses prédécesseurs et sa progéniture, m’explique ce que signifie être oloiboni kitok : il n’a pas choisi, il est né pour ça. Il parle de « sa » forêt : sanctuaire et cathédrale, refuge et source d’énergie. C’est le jardin de Dieu, la « demeure de la pluie », et tout à la fois une école, un supermarché, un hôpital, une pharmacie et une nurserie. Mais la perfidie humaine la menace – l’avidité, l’orgueil, la convoitise et l’envie, en particulier.

L’oloiboni raconte aussi les vagues successives d’incursions d’étrangers : des fonctionnaires louches, de faux prêcheurs, des promoteurs impatients. Tous s’exprimaient avec des tournures subtiles, mais funestes : clôture, démarcation, titre de propriété, prêt bancaire, route à travers la forêt. Il fait encore allusion à des complots incessants, notamment de la part de puissants groupes de protection de l’environnement internationaux qui prétendaient dire aux gens d’ici – les Masais Iloitais – ce qui était le mieux pour la Loita.

Nous abordons aussi l’importance de la terre. L’oloiboni prononce alors ces mots : « Si nous perdons la terre, nous perdons la culture. Perdre la culture, c’est perdre le lieu. Perdre le lieu, c’est perdre la communauté. Perdre la culture, c’est perdre la paix. Perdre la communauté, c’est perdre notre mode de vie. Pour toujours. »

Nous sommes assis, silencieux. Il me semble voir le dieu Atlas âgé, portant non seulement les cieux, mais sa Terre. Un tisserin trille avec insistance. L’oloiboni regarde dans sa direction et retrouve la sérénité. J’aurais dû lui demander : Qu’a- t-il dit? Au lieu de quoi j’ai lancé la conversation sur le changement climatique.

« J’en ai entendu parler, dit-il.

 – Avez vous vu les saisons changer, ici?

– Le froid est plus intense et plus fréquent, c’est vrai.

– Et la sécheresse ? »

Il fronce les sourcils. « Une seule fois, il y a cinq ans. Mais c’était la conséquence de nos mauvaises actions. Nous avions posé des clôtures. L’erreur a été réparée. »

Le tisserin chante à nouveau.

« Avez-vous un message pour une humanité troublée par le changement climatique ? »

Long silence. « Que puis-je bien dire ? »,répond-il enfin avec un sourire amusé. « En tant qu’hôtes temporaires d’un foyer appelé “vie”, dans cette maison qu’est la Terre, ne devrions-nous pas savoir désormais comment nous comporter de façon honorable ? »

Pour les Masais, explique-t-il, cela signifie adhérer à l’olmanyara. Le mot est assez difficile à traduire. Une nuit, autour du feu de camp, Mores Loolpapit en a parlé comme d’une éthique ayant trait moins à la sauvegarde qu’au rôle de gardien. Une sorte de réceptivité à la nature, à la conscience et à l’hospitalité envers toutes les formes de vie.

Là-bas, le tonnerre gronde. Il pleut dans le Mara –prélude à la reprise des migrations des animaux.

«Avez-vous peur de l’avenir?, demandé-je.

– Je devrais ? », s’amuse-t-il. Mais, très vite, l’aîné change de sujet et me voilà à nouveau son élève. « Vous êtes allée dans notre forêt. Qu’avez- vous vu ?

–Mon ignorance, dis-je. Pour moi, la forêt, c’était seulement des arbres. »

L’oloiboni rit. Ce son joyeux déclenche l’hilarité de l’assistance. « Qu’avez-vous vu encore ? »

Cet article a initialement paru dans le numéro de décembre 2021 du magazine National Geographic. S'abonner au magazine

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